Ce jeudi 10 mai, dès 6h du matin, chauffeurs, receveurs et régulateurs des bus Tata qui assurent le transport urbain à Kaolack étaient en sit-in à l’arrêt principal du marché Guedji. Entre d’interminables heures de travail, des salaires de misères et des sanctions pécuniaires, les travailleurs des bus Tata ont égrené un chapelet de doléances.

«Notre seul problème est Bamba Diongue, le chef de projet des bus Tata de la commune de Kaolack. Il a décidé d’une mise à pied unilatérale de deux de nos camarades chauffeurs que sont Lamarana Ndoye et Babacar Diagne. Toute cette hystérie est motivée par une réunion qu’on a tenu pour harmoniser nos positions sur une amélioration des conditions de travail», explique tout en sueur El Hadji Faye, le porte-parole des travailleurs des bus Tata.

Pour Bigué Sarr, une jeune fille de teint clair et de forte corpulence, receveur du bus immatriculé KL 9848 B, la précarité a assez duré dans leur boulot et les conditions de travail doivent changer : «On travaille 16h par jour soit de 5h à 21h. On assure les lignes de Sibassor, Kabatoki, Kahone et Koutal, des communes de la périphérie de Kaolack, situées à des dizaines de kilomètres du centre-ville».

Le responsable du syndicat national des transports routiers, Serigne Kouta était aussi sur place pour soutenir ses camarades dans leur combat contre l’arbitraire et le mauvais traitement dont ils sont victimes. Coup de projecteur sur les travailleurs de bus Tata : Les damnés du transport urbain 1
«Dans aucun pays du monde, des travailleurs ne sont sanctionnés sans demande d’explication ni rien. Et puis ce monsieur Bamba Diongue qui n’est qu’un chef de projet n’a pas le droit de mettre à pied des chauffeurs sans aviser les transporteurs. Les chauffeurs des bus Tata sont dans des conditions de précarité sans précédent, ils ne gagnent que 69.000F francs CFA par mois, en plus, on leur coupe 10.000 francs CFA sans explication, ceci ne peut plus prospérer », s’emporte le tonitruant syndicaliste.

Attendu de 9h à 11h, par l’ensemble de la presse, M. Bamba Diongue, le chef du projet des bus Tata de la commune de Kaolack, qui a ses bureaux au niveau du services des Mines dans le quartier Kasnack, a refusé d’aborder le problème avec les journalistes.

Pour El Hadji Faye, le porte-parole des chauffeurs, ses camarades sont déterminés et désormais rien ne sera plus avant.

«Nos 2 camarades doivent être repris sur le champ et sans conditions. Les coupes de 10 milles francs opérées sur nos salaires depuis 10 mois doivent cesser. Les réunions tenues entre 21h et 2h doivent aussi être revues par le chef de projet car on est des pères de famille, on ne plus traîner jusqu’à ces heures tardives» soutient- il.

Sans cela, les travailleurs des bus Tata promettent d’user d’une grève qui sera sans précédent dans le Saloum.

Pour mémoire, en avril 2015, le président de la République remettait symboliquement 44 clés de bus Tata aux transporteurs de Kaolack. Le prix unitaire des véhicules étaient de 18, 7 millions, les 2 millions étaient une prime à la casse pour ceux qui retiraient d’anciens cars de transport, ainsi les 16, 7 millions étaient payables en 60 mois.

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