En qualifiant Jean Castex « d’homme blanc de droite bien techno« , la députée de la France insoumise a été accusée de « racialisme » par une collègue LREM, puis couverte d’injures.

RACISME- “Négresse”, “macaque”, “bonobo”… Voici une courte sélection des injures racistes reçues par la députée Danièle Obono ces trois derniers jours. Dans un message posté sur son compte Twitter, l’élue de la France insoumise a partagé quelques captures des attaques incendiaires reçues après avoir qualifié le nouveau Premier ministre, Jean Castex, “d’homme blanc”.

Une expression qui a lui a d’abord valu une première salve d’accusations de la part de certains de ses collègues LREM à l’Assemblée, puis un tombereau d’injures qui a suivi pendant le week-end.

Danièle Obono cible d’attaques racistes

Rétroviseur. Le 3 juillet, l’Élysée annonce la nomination de Jean Castex à Matignon, chargé de former un nouveau gouvernement après la démission de celui d’Édouard Philippe.

A lire aussi  Opération combinée Police Gendarmerie à Louga, une quinzaine d’interpellations

Alors que la gauche et les écologistes déplorent le choix de cet homme de droite, proche des milieux sarkozystes, en lieu et place d’une figure d’ouverture ou d’une femme, la députée Danièle Obono publie ce message.

Cette expression “homme blanc de droite bien techno & gros cumulard” ne passe pas dans les rangs de La République En Marche; quelques élus reprochent à leur collègue insoumise son “outrance”, voire son “racisme”.

“Le racisme ordinaire des racialistes est le même que celui du RN. Seule la cible change”, lui rétorque ainsi la députée LREM Anne-Laurence Pétel.

Quand Macron devisait sur les “mâles blancs”

Ce à quoi Danièle Obono répond qu’elle ne fait que reprendre un vocable usité par le président Emmanuel Macron lui-même lors de la présentation du plan banlieue de Jean-Louis Boroloo qui sera finalement enterré.

Le 22 mai 2018, Emmanuel Macron avait en effet estimé qu’un plan élaboré par “deux mâles blancs” ne pouvait plus fonctionner dans la France d’aujourd’hui. La formule avait à l’époque indigné certains responsables politiques, comme Marine Le Pen qui y avait vu “un argument racial” et la marque d’un “communautarisme”. Mais personne n’avait trouvé à y redire du côté d’En Marche.

Citant ce passage, Danièle Obono a ironisé à l’adresse de ses détracteurs en pointant que “quand c’est bibi, on applaudit et bravo, n’est-ce pas les député-es godillots”.

Cette riposte n’a pas empêché des internautes et observateurs de s’en rendre au racialisme de Danièle Obono, ardemment soutenue par ses amis de la France insoumise.

“Quand Macron parlait des ‘mâles blancs’ la bonne société a applaudi un président ouvert à la diversité. Quand Daniele Obono pointe la surreprésentation en politique des hommes blancs technocrates, les mêmes hurlent au racisme, déversent sur elle des injures ignobles. Tartuffes!”, a déploré le député Bastien Lachaud.

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France insoumise, a lui pris moins de gants: “Fachos, votre racisme à propos de la députée Danièle Obono est pitoyable d’indignité.”

À voir également sur Kafunel : Interpellée parce qu’elle menaçait d’une arme une femme noire qui la filmait

Laisser un commentaire