Peintre, acteur et désormais trublion politique, le «King» de Manchester United a le sens du contre-pied. Retour sur un itinéraire riche en surprises et coups d’éclat.
Un footballeur devenu légende

Éric Cantona n’est pas un footballeur comme les autres. Après avoir fait ses débuts en France à Auxerre puis à Marseille, le spectaculaire attaquant s’exporte en Angleterre où il laisse un souvenir impérissable. Surnommé «King Eric» à Manchester United, club avec lequel il remporte quatre fois le championnat anglais, il est désigné en 2005 meilleur joueur ayant jamais évolué en Premier League. Quatre ans auparavant, les supporters mancuniens l’avaient déjà consacré plus grand joueur de l’histoire du club. Petit florilège de ses plus beaux buts:

Outre les performances sportives, un autre événement va marquer le grand public. En janvier 1995, en plein match avec MU, Cantona se jette pied en avant sur un spectateur anglais qui l’aurait insulté. Il ne s’excusera jamais vraiment pour ce geste qui marquera la fin de sa carrière internationale après une suspension de neuf mois décidée par la Fédération anglaise et étendue au niveau international par la Fifa.
Un artiste enthousiaste mais sans génie

Le virus artistique lui a vraisemblablement été transmis par son père, peintre occasionnel. Le jeune Cantona réalise ses premiers tableaux en Bourgogne à la fin des années 80 parallèlement à ses débuts professionnels. Il expose ses toiles à Marseille en 1988. Elles sont «violentes, expressionnistes, très colorées, avec du feu, des dollars partout» rapporte le journal Le Monde dans un portrait réalisé en 2010. Depuis une dizaine d’années, l’homme a lâché le pinceau pour l’appareil photo. Ses sujets de prédilection sont la tauromachie et les mal-logés.

Le footballeur est aussi un cinéphile averti et un grand amateur de poésie. Ce dernier penchant s’exprime de façon inattendue dans une conférence de presse réunie pour évoquer son agression sur un spectateur (voir ci-dessus). Plutôt que de répondre aux questions, Cantona prononce cette métaphore sibylline avant de se lever et de quitter la salle: «Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est qu’elles pensent qu’on va leur jeter des sardines.» Les caricaturistes s’empareront avec gourmandise de l’envolée lyrique. Pas rancunier, le «King» joue lui-même la carte de l’autodérision dans cette publicité pour Sharp:
Une icône publicitaire

Comme Sharp, de nombreuses marques ont su exploiter l’image de l’excentrique footballeur. Son caractère flamboyant et ses coups d’éclat spectaculaires en font évidemment une icône populaire incontournable. Lui-même s’est toujours prêté au jeu avec beaucoup d’humour. En témoignent, les deux publicités suivantes:
Un acteur charismatique

Cantona fait des débuts remarqués au cinéma dans le film de Étienne Chatiliez, Le bonheur est dans le pré (1995). Ce tout petit rôle révèle un potentiel que le joueur exploitera pleinement après avoir raccroché les crampons.À ce jour, il a tourné dans plus d’une vingtaine de films et téléfilms, alternant personnages comiques et dramatiques avec souvent beaucoup de réus. La consécration vient lorsque Ken Loach lui propose de jouer son propre rôle dans un de ses films, Looking for Eric (2009):
En 2010, le «King» a également fait ses débuts au théâtre dans une pièce de Nathalie Saugeon, Face au paradis, avant de partir en tournée en 2011 dans une pièce d’Alfred Jarry, Ubu enchaîné.
Une reconversion réussie dans le « beach soccer »

Lorsqu’il met un terme à sa carrière professionnelle en 2001, Cantona n’abandonne pas complètement le ballon rond: il se fait l’ambassadeur d’une discipline encore confidentielle en France, le «beach soccer». Il remporte en 2005 la coupe du monde avec une équipe de France dont il est à la fois capitaine et sélectionneur.

Cantona s’investit enfin depuis 2011 dans le «soccer» américain. Il est le directeur sportif du New York Cosmos, club mythique qui a connu son âge d’or dans les années 1960. Il prévoit de faire revenir la formation dans le championnat américain à horizon 2013.
Un militant politique adepte du coup d’éclat

Cantona a annoncé mardi avoir écrit aux maires de France avec l’intention de recueillir les 500 parrainages nécessaires à une candidature à la présidentielle. L’homme ne souhaite pas sérieusement se présenter mais compte ainsi faire entendre la cause des mal-logés.

Fin 2010, l’ex-star du football avait déjà fait parler de lui en invitant les internautes à faire «une Révolution sans armes». Il proposait alors de s’attaquer aux banques et demandait aux usagers de retirer leur argent le 7 décembre afin de provoquer l’effondrement du système.

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