Au restaurant Cape to Cuba de Kalk Bay, les serveurs ne proposent plus de carafe d’eau à leurs clients, seulement des bouteilles d’eau minérale.

Dans les toilettes, le restaurant encourage les clients à ne tirer la chasse d’eau qu’en cas d’extrême nécessité. Il a aussi renoncé aux lave-vaisselle, trop gourmands en eau.

En prévision du Jour J, la municipalité du Cap est en train de mettre en place 200 points d’eau où la population pourra collecter 25 litres d’eau potable par jour et par personne.

Pas plus.

La gérante du Cape to Cuba, Nikita Elliott, s’y prépare. « Si les robinets sont à sec, on devra bien faire la queue. Ce sera une énorme tâche supplémentaire ».

– « Cauchemar logistique » –

Déjà, l’économie de la ville, prisée des touristes du monde entier pour sa beauté naturelle, ressent l’impact de cette sécheresse historique.

« Le tourisme est frappé de plein fouet », assure Farrel Cohen. « Je connais beaucoup d’étrangers qui ont annulé leur voyage ».

Le centre-ville du Cap pourrait échapper à la coupure totale d’approvisionnement en eau, afin de ne pas trop pénaliser l’activité économique. Mais l’impact financier de cette crise d’un nouveau genre reste encore à déterminer.

En prévision du Jour Zéro, les forces de l’ordre sont mobilisées. Mercredi, la police a présenté à la municipalité un plan d’action d’urgence, avec déploiement des forces de l’ordre à chaque point de distribution d’eau et surveillance des réserves.

« La question qui me taraude, c’est quand le Jour Zéro va arriver, comment éviter l’anarchie ? », s’inquiète la dirigeante de la province du Cap-Occidental, Helen Zille.

« Si chaque famille envoie une personne chercher l’eau qui lui est attribuée, environ 5.000 se retrouveront à chaque point de distribution tous les jours. Ça va être un cauchemar logistique », a-t-elle noté sur le site d’information Daily Maverick.

La région du Cap reçoit généralement l’essentiel de ses précipitations de mai à août.

Mais compte tenu de ce très long épisode de sécheresse, « on ne peut pas prédire quand il va pleuvoir », a prévenu Mme Zille avant de lancer un SOS. « Nous devons sauvegarder l’eau car nos vies en dépendent ».

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