Djihadisme africain entre le local et le littoral (reportage)

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EN TOILE DE FOND Le djihadisme africain entre le local et le littoral
EN TOILE DE FOND Le djihadisme africain entre le local et le littoral
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EN TOILE DE FOND Le djihadisme africain entre le local et le littoral. Le terrorisme djihadiste est devenu chaque semaine qui passe le fil conducteur sur la scène des actualités africaines.

D’Est en Ouest, du Nord au Sud, ce djihadisme de troisième et de quatrième génération a fini d’épouser les frustrations des terroirs africains et ainsi servir d’exutoire pour de nombreuses populations.

Vrai marqueur et curseur des préoccupations sécuritaires, ce terrorisme djihadiste impressionne de par son ancrage national.

Il n’est plus question de djihadisme ou de terroristes venus d’ailleurs, d’autres planètes ou du ciel pour attaquer des pays qui ne sont pas les leurs. Le recrutement est aujourd’hui local et ses répercussions globales.

Cet ancrage local se voit dans cette nouvelle forme de radicalisation au Sahel où les groupes terroristes se sont servis des frustrations et tensions communautaires pour construire un discours identitaire rattaché à leur cause.

Cette nouvelle forme a plus d’ampleur avec ses couleurs locales et présente un grand défi tant sécuritaire qu’humanitaire au niveau des territoires d’implantation, d’action et de projection.

Un autre défi se pose après cette territorialisation du terrorisme djihadiste, c’est une maritimisation qui commence à faire des vagues, surtout au niveau de l’océan indien.

Les récentes attaques des groupes armés djihadistes (djihadisme ) contre la ville de Palma, dans l’extrême nord du Mozambique, dans la province pauvre du Cabo Delgado, montrent clairement le déplacement du centre de gravité du terrorisme djihadiste, du continental vers le littoral.

La mer est devenue ainsi un enjeu de projection des groupes armés djihadistes qui veulent en faire leur nouvel espace de prédilection.

Cela a commencé d’abord en Libye, en bordure de la Méditerranée, avec la présence des groupes armés djihadistes proches d’Al-Qaïda et de l’Etat islamique, qui ont même eu à contrôler la ville de Derna, dans l’Est libyen.

«La façade africaine de l’Océan indien, en tant que zone stratégique future visée par le terrorisme, doit faire l’objet de toutes les attentions (djihadisme). Certains spécialistes estiment que les Al Shabab somaliens gagnent 7 millions de dollars par an en prélevant des taxes de 100 à 160 dollars sur chaque container au port de Mogadiscio et en s’adonnant à la contrebande maritime», a expliqué récemment Abdelhak Bassou, Senior Fellow au Think Thank marocain Policy Center for the New South, lors de la rencontre des «Dialogues stratégiques».

Cet événement est une plateforme d’analyse et d’échange Nord-Sud qui réunit deux fois par an les experts et chercheurs du Policy Center for the New South (Rabat) et du Centre Hec de Géopolitique (Paris).

DJIHADISME ? TERREAU ET BERCEAU.

Derrière la poussière et le vent du Sahel, les groupes armés djihadistes ont développé toute une économie de la guerre portée par les trafics en tout genre ainsi que le business des otages.

Avec ce glissement vers le littoral, c’est l’économie maritime qui est visée avec tout ce que cela comporte comme plateformes de passages et aussi de la piraterie.

C’est connu que le Golfe de Guinée, dans l’océan Atlantique, est l’objectif principal des groupes terroristes djihadistes qui interviennent dans le Sahel.

D’où tous ces assauts répétés sur le «verrou» burkinabè, qui est considéré comme l’avant-dernier obstacle avant d’avoir accès à la mer via la Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi il est temps de stopper ces avancées des groupes armés djihadistes vers le littoral africain, que ce soit en Méditerranée, dans l’océan Indien et peut être demain vers le Golfe de Guinée.

Dans la lutte contre ces menaces asymétriques incarnées essentiellement par le terrorisme djihadiste, le premier rempart est certes sécuritaire, mais il ne suffit pas pour venir à bout de ce nouveau fléau.

Il faut attaquer le mal du djihadisme à la racine

Au-delà de la solution conjoncturelle qu’est la sécurité, les pouvoirs publics africains doivent aussi mettre en place de bonnes politiques publiques d’emploi, d’éducation, d’inclusion sociale et territoriale afin que certaines populations ne fassent pas recours aux armes ou que les groupes armées djihadistes ne viennent à leurs secours.

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C’est avec cela que les terreaux de frustration ne vont pas devenir des berceaux de radicalisation…

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