Pandora Papers révélations sur les bonnes affaires fiscales de Dominique Strauss-Kahn au Maroc et aux Emirats arabes unis
Pandora Papers révélations sur les bonnes affaires fiscales de Dominique Strauss-Kahn au Maroc et aux Emirats arabes unis
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« Pandora Papers » : révélations sur les bonnes affaires fiscales de Dominique Strauss-Kahn au Maroc et aux Emirats arabes unis. « Cash Investigation » a enquêté sur un homme d’influence, Dominique Strauss-Kahn. Depuis qu’il a quitté la vie publique, l’ancien ministre socialiste gagne le salaire d’un patron du CAC 40 tout en se jouant des frontières fiscales.

Dominique Strauss-Kahn : «Pandora Papers», les bonnes affaires fiscales de DSK

Après le scandale du Sofitel de New York, l’ancien directeur général du FMI (2007-2011) est devenu conférencier et consultant international.

Ses clients : des oligarques, des entreprises ou des chefs d’Etat pas toujours recommandables. Une activité qui rapporte gros.

Depuis qu’il a quitté la vie publique, l’ancien ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie gagne le salaire d’un patron du CAC 40 tout en se jouant des frontières fiscales : il a implanté ses sociétés dans des pays où il n’y a aucun impôt sur les bénéfices.

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Pour « Cash Investigation », la journaliste Linda Bendali s’est plongée pendant des mois dans les « Pandora Papers », ces millions de documents confidentiels obtenus par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et a mis au jour des informations inédites sur Dominique Strauss-Kahn.

Une oasis fiscale au cœur de la capitale économique du Maroc

L’histoire de DSK, l’homme d’affaires, commence un an après l’affaire du Sofitel. Alors qu’il est toujours résident français, en mai 2013, l’ex-député crée au Maroc la société de conseil Parnasse International.

Il en est le seul actionnaire et n’a aucun salarié. Pourtant, cette société fait des millions d’euros de bénéfices : 7,8 millions en 2014, 3,8 millions en 2016 et plus de 5 millions d’euros l’année suivante.

Sur ces montants, Dominique Strauss-Kahn n’a payé aucun impôt car il a immatriculé son entreprise dans le nouveau quartier d’affaires de Casablanca, la Casablanca Finance City (CFC), une zone franche très attractive pour les entreprises étrangères.

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Quand DSK s’installe dans cette oasis fiscale au cœur de la capitale économique du Maroc, les entreprises qui y sont enregistrées ne paient aucun impôt sur les bénéfices pendant cinq ans.

8,75%, contre 30% dans le reste du Maroc et 33,13% en France au même moment

Ce n’est qu’à partir de la sixième année qu’elles doivent s’acquitter d’un impôt de… 8,75%, contre 30% dans le reste du Maroc et 33,13% en France au même moment.

« Cash Investigation » a demandé à l’économiste spécialiste de la fiscalité Ano Kuhanathan de calculer l’économie d’impôt que DSK a réalisée en délocalisant son activité de Paris à la CFC : « Sur cinq années fiscales complètes, on arrive à environ 6,163 millions d’euros d’impôts sur les sociétés, que son entreprise aurait dû payer si elle avait été domiciliée en France. »

D’une oasis fiscale à l’autre

DSK aurait également participé à l’élaboration du cadre juridique de la Casablanca Finance City. Selon un document jamais révélé, il aurait été rémunéré 2,4 millions d’euros pour cette mission entre 2012 et 2013.

Cette oasis fiscale qu’il a contribué à édifier n’a pas plu à l’Union européenne, et le Maroc a été placé sur la liste grise des paradis fiscaux pendant quatre ans.

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Et quand se terminent les cinq ans d’exonération fiscale de la CFC en 2018, Dominique Strauss-Kahn ouvre une autre société dans une juridiction encore plus opaque aux Emirats arabes unis.

Cet Etat, qui abriterait des milliers d’exilés fiscaux, est classé au dixième rang des principaux paradis fiscaux du monde par l’ONG Tax Justice Network.

La création par DSK d’une société dans ce paradis fiscal est l’une des révélations des « Pandora Papers ».

Des leaders à Dubaï de la création d’entreprises offshore

Selon des documents confidentiels, DSK crée Parnasse Global Limited en avril 2018. Il fait appel à la société SFM, l’un des leaders à Dubaï de la création d’entreprises offshore dont le slogan est « simple, rapide et efficace ».

La journaliste Linda Bendali a pris rendez-vous avec cette société en se faisant passer pour une cheffe d’entreprise française qui souhaite échapper à l’impôt.

Un commercial lui propose de créer une entreprise en 48 heures afin de lui faire bénéficier des 0% d’impôt sur les sociétés. Et ce pour la modique somme de 2 000 euros par an.

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« Vous ne devez pas déposer vos bilans comptables, explique le commercial. Ce qui assure un bon niveau de confidentialité pour les clients. »

Les clients de DSK ? Un gotha mondial qui sent le soufre…

Pour bénéficier de cette opacité, SFM ne va pas immatriculer la société à Dubaï, mais dans l’émirat de Ras Al Khaimah, comme elle l’a fait pour celle de DSK.

Le RAK dispose de sa propre législation et il n’y existe pas de registre du commerce public comme en France.

Toutes les informations sur les sociétés, comme le chiffre d’affaires, l’identité des dirigeants ou des actionnaires, sont tenues secrètes. Impossible d’y accéder.

Une pratique contraire aux règles internationales de lutte contre la fraude. Elle fait de cet émirat l’un des paradis fiscaux les plus opaques au monde.

Grâce aux « Pandora Papers », l’équipe de « Cash » a également eu accès aux livres de compte de 2016 et 2017 de la société de Dominique Strauss-Kahn, et a ainsi pu cartographier la galaxie de ses clients.

Un gotha mondial qui sent le soufre, composé de grandes entreprises comme Rosneft, un géant du pétrole russe, dont le patron Igor Setchine est un proche de Vladimir Poutine.

Géant mondial sur le marché des encres de sécurité

Cette entreprise a versé 1,75 million d’euros à DSK. Il y a aussi la société suisse Sicpa : ce géant mondial sur le marché des encres de sécurité, par ailleurs soupçonné de corruption par la justice helvétique, lui a versé un million d’euros.

En Chine, HNA, l’un des plus gros conglomérats du pays, aujourd’hui en faillite, a déboursé de son côté 400 000 euros.

Uhuru Kenyatta listé dans les Pandora papers
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Parmi ces clients figurent également des chefs d’Etat africains comme Faure Gnassingbé, l’autoritaire président du Togo, mais aussi Denis Sassou-Nguesso, le sulfureux président du Congo-Brazzaville.

DSK aurait touché 1,4 million d’euros par l’intermédiaire d’Orion, un trader pétrolier proche du clan de ce chef d’Etat. Pour cette somme, DSK est devenu le conseiller très spécial du président du Congo-Brazzaville…

« DSK, enquête sur un homme d’influence », une enquête de Linda Bendali diffusée jeudi 7 octobre 2021 à 21 heures sur France 2.

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