La Nouvelle-Calédonie est un archipel de l’océan Pacifique, français depuis 1853. Le 4 novembre 2018, les habitants de ce territoire voteront afin de savoir s’ils veulent rester dans la France ou devenir un pays indépendant. Dans ce contexte, et face aux puissants voisins anglophones, la francophonie n’a pas dit son dernier mot.

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Vivre en Nouvelle-Calédonie sans parler français ?

Ludovic Hmae, un étudiant en DUT à l’université, ne se l’est jamais imaginé. Pourtant, sa langue maternelle n’est pas le français, bien qu’il ait la nationalité française. Il est kanak, du peuple autochtone, présent bien avant que la France ne colonise son archipel.

« Chez moi, à Maré, on pourrait s’en passer, mais dès qu’on arrive à l’aérodrome [pour aller à Nouméa, la capitale], on doit parler français. »

À Maré – l’une des îles Loyauté qui bordent à l’ouest la grande terre de l’archipel – Ludovic communique en nengone, la langue kanak propre à l’île. Le nengone fait partie des 28 langues kanak encore parlées en Nouvelle-Calédonie.

Le français, langue officielle, langue véhiculaire, a de fait facilité le dialogue entre les différentes tribus et avec ceux venus compléter le peuplement de l’archipel, depuis l’annexion du territoire en 1853.

Le français, nous le parlons depuis que nous sommes bébés. Nous n’avons pas vraiment eu le choix de l’apprendre ou non. Il a toujours été là, toujours depuis l’histoire de la colonisation. […] On ne s’exprime pas aussi bien en français que si c’était la langue maternelle, parce qu’on parle aussi le nengone. Parfois, c’est un inconvénient, mais ce que le français vient apporter, c’est une facilité de communication avec les autres régions qui n’ont pas la même langue maternelle que moi. Ludovic Hmae, étudiant en DUT

Ludovic ne va pas chercher très loin ces interlocuteurs en provenance d’autres régions. Dans sa classe – les 2ème année de DUT « Métiers du multimédia et de l’internet » –, il y a des Kanak, des Vietnamiens, des Polynésiens, une Suissesse, des Caldoches (habitants de la Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs générations, d’origine française), des Calédoniens (Français d’origine installés sur une ou deux générations), des « Zoreils » (encore plus fraîchement arrivés). Bref, la classe est à l’image de la Calédonie : polyglotte.

Aux 28 langues kanak, s’ajoutent une dizaine d’autres langues réparties sur le territoire – vietnamienne, polynésiennes, fidjiennes, etc. – : en tout, une quarantaine de parlers cohabitent.

L’horizon du Vanuatu, l’archipel aux 100 langues

Mais 40 langues, ce serait presque peu à l’échelle du Pacifique, qui en abrite près de 2000. Rien qu’au Vanuatu, l’archipel voisin aux 300 000 habitants, il s’en compte une centaine. Sandra Malalo peut en témoigner.

Assise seule à un bureau du premier rang, cette Vanuataise de 23 ans est venue poursuivre ses études en Nouvelle-Calédonie il y a deux ans.

L’année prochaine, elle partira en Australie. Son parcours est d’autant facilité qu’elle maîtrise les trois langues officielles de son pays d’origine : le français, l’anglais et le bichelamar – langue à base de pidgin.

Depuis l’indépendance de cet ancien condominium franco-britannique en 1980, le Vanuatu est resté le seul pays étranger du Pacifique habité par une population significative de francophones (45% selon les chiffres de l’Organisation Internationale de la Francophonie – OIF – de 2010).

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