Avant de régner sans partage sur la planète foot pendant 4 ans, l’Espagne a enchaîné les éliminations précoces et les déceptions dans les grands tournois. Les générations talentueuses se sont succédées et ont systématiquement plafonné en quarts. Une malédiction qui a commencé en 1986 … face à la Belgique. Des Diables rouges qui restent justement sur deux éliminations aux portes des demi-finales au Brésil et en France.

Le 22 juin 1986 est un jour mémorable pour les amateurs de football « noir-jaune-rouge ». Après un premier tour poussif, les hommes de Guy Thys, vainqueurs héroïques de l’URSS en 1/8e, écrivent une nouvelle page de leur fabuleuse épopée mexicaine à l’Estadio Cuauhtémoc de Puebla.

Au bout d’une séance de tirs au but irrespirable, Leo Van Der Elst envoie la Belgique dans le dernier carré et la Roja des Michel, Camacho, Butragueno et Señor à la maison.

Pour la Selección, finaliste de l’Euro 84, c’est le début d’une malédiction. Il faudra attendre 24 ans pour revoir les Espagnols dans le dernier carré d’un tournoi majeur.

Éliminée en phase de groupe en 1988, l’Espagne est carrément absente du Mondial 90 et de l’Euro 92. Elle retrouve le concert international aux Etats-Unis en 1994. Les Hierro, Enrique, Salinas, Nadal ont pris la relève. Ils sont arrêtés en quarts par l’Italie de Baggio à Foxborough (2-1).

Deux ans plus tard, c’est l’Angleterre, sur ses terres, qui met fin au parcours ibérique aux tirs au but à Wembley. Là aussi en quarts de finale.

L’année 1998 marque le retour du Real Madrid sur le toit de l’Europe et l’émergence de Raul et Morientes. Le Mondial français tourne au fiasco. L’Espagne rate ses deux premiers matches et est sortie d’entrée malgré un succès 6-1 contre la Bulgarie lors du 3e match.

Systématiquement pointée parmi les favoris, la Selección trébuche invariablement en quarts. Si la courte défaite face à la France, future championne d’Europe, n’a rien d’un scandale en 2000 (2-1).

L’élimination aux tirs au buts contre la surprenante Corée du Sud est vécue comme un traumatisme en 2002. L’Espagne traverse ensuite l’Euro 2004 (élimination en phase de groupe) et le Mondial 2006 (battue 1/8e face à la France) dans un relatif anonymat.

Sept grands tournois, quatre quarts de finale, deux éliminations au premier tour, la Roja a du talent mais ne parvient pas à concrétiser. Les bases des succès futurs sont pourtant jetées.

En Allemagne, 12 des 23 vainqueurs de l’Euro 2008 sont déjà présents. Luis Aragones s’appuie sur la colonne vertébrale et la philosophie du Barça et parvient à transcender la rivalité entre les Catalans et les joueurs du Real.

Vicente De Bosque poursuivra son oeuvre. Unis dans un même but, Casillas, Ramos, Puyol, Xavi, Iniesta et les autres réaliseront un fabuleux triplé Euro-Mondial-Euro.

La preuve qu’il faut toujours y croire. Et si notre fameuse « génération dorée » s’inspirait de l’exemple espagnol. Et si nos Diables transformaient la frustration de leurs éliminations contre l’Argentine (1-0) et le Pays de Galles (2-1) en force. Avant, par exemple, de croiser en demi-finale la route de … l’Espagne, la seule équipe à avoir battu les Diables de Martinez.

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