Le projet d’unification du PDCI, du RDR et des partis qui leur sont affiliés est, me semble-t-il, animé par le souci de garantir en Côte d’Ivoire l’alliance pérenne des cultures et de la modernité qui définit le modèle politique social et économique du pays.

Il s’agit d’inscrire dans la durée, par la voie des urnes démocratiques, ce modèle économique efficient qui consiste à conjuguer le marché et l’Etat, à marier l’action privée des entreprises et l’action publique de l’Etat pour promouvoir un développement endogène.

L’enjeu de l’unification est de constituer un bloc libéral démocratique durable contre les forces du repli identitaire, des extrémismes et du populisme.

Les forces politiques ivoiriennes qui se réclament de cette alliance entre les cultures et la modernité entendent alors mettre électoralement  toutes les chances de leur côté pour continuer à reconstruire l’unité nationale par la modernisation économique et par l’intégration sociale.

Combiner les forces du marché et les interventions de l’Etat, l’action privée des entreprises et l’action publique de l’Etat pour promouvoir les investissements, reconstruire les infrastructures et doter un pays en équipements publics c’est construire une société d’égaux et de semblablesC’est garantir l’expression de la liberté.

C’est, selon l’expression de Pierre Rosanvallon, « instaurer une dignité minimale des conditions de vie, qui donne une forme sensible au fait de la concitoyenneté ».

Cette dimension substantielle de la réconciliation nationale a toujours échappé aux tenants du nationalisme ethnique qui pensent la réconciliation politique en termes d’homogénéisation communautaire pilotée Etat nationalitaire.

Contre cette vision réactionnaire, l’objectif de l’Etat libéral ivoirien au niveau sociétal est de raffermir et d’inscrire dans la durée l’alliance des cultures et de la modernité qui constitue l’esprit de l’Houphouëtisme.

Comme en témoigne la création récente d’un Sénat il s’agit, dans cette perspective, de maintenir la dynamique des reformes structurelles qui permettent de marier la tradition et la modernité afin de réguler politiquement et administrativement les changements économiques et sociaux.

En ces réformes, l’objectif est de mettre progressivement en place un système politique efficient permettant d’arbitrer les conflits d’intérêts, de gérer politiquement les contradictions entre nécessité économique d’investissement et exigence sociale de redistribution.

Ce souci de régulation politique montre que le gouvernement ivoirien ne s’en est pas remis au marché pour résoudre le problème social.

Il est excessif de soutenir  comme le font certains que l’Etat s’est complètement mis en retrait en Côte d’Ivoire pour laisser le marché résoudre le problème de l’inégalité et de la pauvreté.

L’expérience montre le contraire.

Le parti unifié vise assurer la pérennité de l’alliance du marché et de l’Etat. Inspiré par l’Houphouëtisme, le libéralisme ivoirien se tient à distance de l’ultralibéralisme et se pose en rempart contre l’extrémisme identitaire et national-populiste.

Chargé de garantir la pérennité de ce modèle, l’unification est donc un choix pragmatique motivé par un projet politique.

Cette alliance politique des forces libérales permet de sauvegarder la démocratie grâce à laquelle l’économie de marché parvient à se transformer en développement endogène.

 Ce choix pragmatique des forces politiques progressistes ivoiriennes  aurait sûrement l’adhésion de la majorité du peuple ivoirien auquel n’est jusqu’à ce jour proposé aucun programme partisan alternatif et aucun projet sociétal inclusif lisible et clair.

Ce national-libéralisme progressiste avec lequel la Côte d’Ivoire vient de renouer depuis 2010 et auquel le peuple a accordé la majorité de son suffrage en 2015, est contesté aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du RHDP par des modèles antilibéraux et antidémocratiques. (A suivre)

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