Coulisses: Les dessous malsains d’une soirée de charité à Londres

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Une journaliste du « Financial Times » s’est infiltrée jeudi dernier dans l’une des soirées les plus prestigieuses de Londres, le « Presidents Club Charity Dinner », organisée à l’hôtel Dorchester, un cinq étoiles situé dans le quartier de Mayfair. A l’aide d’une caméra cachée, elle y a filmé le comportement « inacceptable » de certains invités: harcèlement sexuel, intimidations et mains baladeuses. Les coulisses d’une soirée où sexisme et machisme se côtoient.

Cet évènement qui rassemble la « high society » londonienne (hommes d’affaires, personnalités du showbiz, PDG, sportifs et autres célébrités) a la particularité d’être exclusivement réservé à la gent masculine. A l’exception de… 130 hôtesses, spécialement embauchées pour « divertir » les invités.

Attouchements et propositions indécentes

L’objectif de cette soirée privée? Récolter des fonds pour des œuvres caritatives, comme le financement d’un hôpital pour enfants. Parmi les lots à vendre, on retrouvait notamment une voiture de luxe, un déjeuner avec le ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson, ou encore un « afternoon tea » avec le gouverneur de la Banque d’Angleterre.

Malgré l’accès interdit à la presse, une reporter britannique, Madison Marriage, est parvenue à se glisser, en se faisant passer pour une hôtesse, au cœur de cette soirée hyper huppée. Elle décrit le machisme ambiant et les nombreux dérapages au cours de la soirée.

« Beaucoup des hôtesses ont subi des attouchements, des commentaires obscènes et des demandes répétées, de la part d’invités, de les accompagner dans des chambres ».

Certaines « ont raconté que des hommes ont mis leurs mains sous leur jupe à plusieurs reprises, l’une d’elles qu’un invité lui a montré son pénis ». De nombreux hommes ont également voulu tenir la main d’une hôtesse toute la soirée, dénonce encore la journaliste.

Code vestimentaire

Selon le « Financial Times », les jeunes femmes avaient reçu pour consigne de la part de la société qui les embauche, Artista, de venir en « vêtements noirs serrés, des sous-vêtements assortis et des talons hauts », de laisser leurs téléphones portables dans un casier et d’aller un maximum « au contact » des invités.

Dans la brochure remise aux convives, il était toutefois précisé « qu’aucune forme de harcèlement envers les équipes de la soirée ne serait tolérée ». Autrement dit: le comportement pénible de certains invités et le risque de dérapages étaient visiblement connus des organisateurs.

Interrogé au sujet de ce scandale de harcèlement sexuel, la fondation « Presidents Club » a dénoncé le « comportement inacceptable » de certains invités et désire faire toute la lumière sur cette affaire.

David Meller, l’un des dirigeants du « Presidents Club » qui exerce aussi une fonction au sein du Ministère de l’Education, a démissionné de son poste gouvernemental. Quant à l’agence chargée de recruter les demoiselles, pour beaucoup des étudiantes qui désirent arrondir leurs fins de mois, elle dit ne pas avoir connaissance de faits de harcèlement. « Vu le calibre des invités, je serais stupéfaite », a réagi la patronne de la boîte.

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