L’évènement avait fait beaucoup de bruit en Angleterre et aux quatre coins du monde. Il y a tout juste 23 ans, Éric Cantona agressait un hooligan de Crystal Palace. Le « King » écopera d’une peine de 120 heures de travaux d’intérêt général et de neuf mois de suspension pour ce geste fou et insensé.

Petit rappel des faits. Le 25 janvier 1995, Manchester United, 2e du championnat derrière Blackburn, se déplace sur la pelouse de Crystal Palace (1-1). Le score est de 0-0 à la 48e minute lorsqu’un fan du club londonien insulte copieusement Éric Cantona. Son sang ne fait qu’un tour et le « King » l’agresse d’un geste de Kung-fu qui fera le tour du monde. Résultat des courses: 120 heures de travaux d’intérêt général et neuf mois de suspension.

« C’est moi »

« C’était une erreur », a admis Eric Cantona lors d’une interview pour la BBC en 2011. « Mais c’est la vie. C’est moi ».

Pourquoi Éric Cantona est-il entré dans une colère noire? Pour les uns, le hooligan de Crystal Palace avait insulté sa mère. Pour les autres, il fut aussi question d’insultes xénophobes.

« Éric était une cible »

« Vous ne pouvez pas imaginer quel était le degré de violence verbale à son égard quand on arrivait dans un stade ou en sortant du car », a témoigné son ex-équipier Gary Pallister dans les colonnes du Manchester Evening News. « Même quand on se rendait à une course hippique, Éric n’y échappait pas. Je me souviens d’une course en particulier où quelqu’un lui avait craché dessus d’un balcon qui se situait plus haut. Éric était une cible. »

Interrogé par la BBC, David May, autre défenseur de MU, s’était demandé comment Sir Alex Ferguson allait gérer ça. « Il a dit: Mais qui devait être au marquage de Southgate? (le joueur qui a égalisé pour Crystal Palace, ndlr). J’ai dit: Éric. Il s’est tourné vers lui et a dit: Éric, tu m’as déçu. Tu n’as pas le droit de faire de ce genre de choses. Je me suis dit: Quoi, c’est tout? Que ça? N’importe quel autre joueur aurait pris une soufflante. Éric, lui, était silencieux, assis dans un coin. Il n’a pas dit grand-chose. Je pense qu’il réalisait l’ampleur de ce qui venait de se passer. »

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Sir Alex Ferguson n’a vu la scène qu’au milieu de la nuit. Au moment des faits, le mythique coach de Manchester United était trop occupé à organiser tactiquement son équipe. En rentrant à la maison, son fils qui avait enregistré le match, lui propose de revoir les images.

« Le choc a été énorme », avouera plus tard Sir Alex Ferguson qui a imposé des analyses sanguines à Eric Cantona quelques jours plus tard. En vain.

Sauvé par McEnroe

Sir Alex Ferguson estime que, pour l’image du club, un départ du Français est inéluctable. Le coup de téléphone d’un de ses amis, pèsera lourd dans la décision finale du manager de MU.

« Il m’a dit: Tu te souviens de notre petite conversation sur John McEnroe? Je t’avais expliqué qu’Eric et lui, c’est la même chose. John explosait sur les courts, insultait les arbitres, pestait contre lui-même. Mais en dehors du court, il pouvait être charmant. Éric, c’est pareil. Ce type est génial. Ne cède pas Alex », peut-on lire dans l’ouvrage « Cantona, le rebelle qui voulut être roi ». Le Français terminera finalement sa carrière à Manchester United en 1997.

Il a inspiré un album à Morrissey

« Je le trouve très excitant. » Voilà comment le célèbre chanteur du légendaire groupe britannique The Smiths qualifie le Français après son geste insensé.

Immense star outre-Manche, Morrissey accorda plusieurs interviews avec des t-shirt à l’effigie du célèbre numéro 7. « Je trouve que ce geste est un bon exemple, c’est très glamour », glisse-t-il alors un brin provocateur.

Sur scène, le charismatique chanteur n’oublie pas non plus Canto, se présentant avec un tambourin sur lequel on peut lire en lettres noires Éric et Cantona. Mais la fascination de Morrisey va encore plus loin puisque l’ex-star de Manchester United inspira tout simplement « Southpaw Grammar », 5e album solo du Britannique.

 

Avec BBC

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