Désir sexuel : des sexologues et psychothérapeutes livrent leurs conseils

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Sexologues et psychothérapeutes livrent leurs conseils pour entretenir le désir sexuel. Sexe: quand la parole excite. Des premiers textos échangés aux confidences sur l’oreiller, les mots ont une formidable puissance érotique.

Comment pratiquer cette conversation amoureuse?

On sait l’importance de la parole dans le couple. Mais il ne suffit pas de « parler des problèmes » pour que le désir circule. Bien au contraire, cette communication à laquelle nous nous efforçons, dans l’espoir d’apaiser les tensions ou de mieux se comprendre, comporte le risque d’étouffer le feu dont il se nourrit : une part d’agressivité, une part de mystère.

Il ne s’agit pas de cesser de parler de ce qui « grattouille ». Il s’agit de ne pas oublier le goût des mots qui « chatouillent ». Car il n’est pas d’érotisme sans langage.

« Le langage, explique le psychanalyste Jean-Michel Hirt, est ce qui est donné à l’amour pour pouvoir se vivre et pas seulement se faire. Il devient érotique lorsqu’on ne cherche plus à parler pour se comprendre, mais pour se représenter l’amour. »

Les mots ont ceci de savoureux qu’ils « s’enroulent dans le fantasme, attisent l’envie, décuplent la jouissance », affirme Sophie Cadalen, psychanalyste, essayiste et auteure de romans érotiques. Mais de quelle manière ?

Qu’est-ce qui, des non-dits ou des paroles explicites, du timbre ou des modulations de la voix, des mots échangés avant, pendant ou après l’amour, fait chavirer à ce point ?

La fièvre des premiers textos

En vidéo - Désir sexuel : paroles d'experts
En vidéo – Désir sexuel : paroles d’experts

Entre Clara et Serge, le premier texto est parti un peu par hasard. « C’était sympa de te croiser ce matin », paroles anodines qui disaient juste le plaisir de s’être vus. S’en sont suivis d’autres, empreints de cette même légèreté : « Je vais dans tel quartier, j’ai un rendez-vous de boulot. »

« Ah super ! Bonne chance. Raconte-moi en sortant. » À la fin de la journée, la somme de leurs messages attestait de ce qu’ils n’osaient pas encore se dire : une envie de poursuivre un échange dont ils ne savaient pas très bien de quoi il était fait, ni où il allait les mener.

Deux jours plus tard, chacun de son côté, ils se rendaient à l’évidence : ils étaient devenus accros à leur portable, guettant l’arrivée d’un nouveau SMS. La semaine suivante, via son clavier toujours, elle lui a raconté une anecdote et a ponctué : « J’étais sur le cul !» Il a osé : « Évite ce mot, s’il te plaît. Ça fait longtemps. »

Elle a ri. Le jeu prenait une autre tournure. Un jeu d’avancée et de retenue, un effeuillage protégé par la distance et les circonvolutions verbales : « Si tu étais là, je ne te ferais pas de mal », a-t-il avancé ensuite, la laissant imaginer comment il lui ferait du bien.

Magie de la téléphonie mobile

Nombre de transports érotiques démarrent aujourd’hui par écrit. « Rien de vraiment nouveau – autrefois il y avait les missives, songez aux Liaisons dangereuses – si ce n’est la vitesse, qui nous met sur des charbons ardents : puisqu’il ou elle peut répondre tout de suite, pourquoi ne le fait-il pas ? » commente Jean-Michel Hirt.

Les mots, bien souvent, précèdent la rencontre. Ils accompagnent d’emblée la naissance du désir, en sont la première et longtemps la seule manifestation accessible à l’autre.

« Mais ce qui importe, ce ne sont pas les mots en tant que tels, c’est ce qui filtre à travers eux, naît de l’ambiguïté liée à l’inévitable polysémie du langage : il a employé tel mot, s’en est-il rendu compte ? L’a-t-il fait exprès ? L’érotisme se nourrit des audaces verbales de chacun, mais aussi des non-dits, de l’espace ouvert entre les lignes pour le fantasme. »

Avantage et inconvénient de la distance, « l’imaginaire s’enflamme et crée une part d’illusion indispensable au désir, assure Jean-Michel Hirt. Mais elle peut mener à des déconvenues lorsque la rencontre réelle a lieu ».

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