Comme pour nous montrer qu’aucune solution n’est possible sans la Russie, nous apprenons que si l’État hébreu (qui célèbre le 70ème anniversaire de sa création le 19 avril 2018) entend montrer sa force face à Téhéran, il entend, en même temps, ménager Moscou.

A lire aussi: Bilan annuel 2017 des bombardements US : 43 938 bombes sur 7 pays. score de 2016 «pulvérisé» Général (CR) Dominique DELAWARDE

Si Israël agit ainsi, c’est qu’il a bien compris que sa sécurité passe aussi par Moscou. Par ailleurs l’heure de vérité ne va pas tarder à sonner du côté américain (12 mai 2018) en ce qui concerne la prolongation ou non de l’accord nucléaire du 14 juillet 201519.

Quid de l’axe Riyad/Tel Aviv/Washington ?

Tout est dans l’air du temps qui n’est autre que le temps du vide dans cette période de l’ivresse de l’immédiat.

Notons pour être complet que sur le plan interne, la France apparaît fracturée après une expédition aussi peu glorieuse. La classe politique française est divisée sur l’opportunité de telles frappes.

De manière tout à fait paradoxale, les jugements les plus pertinents sur le plan juridique et diplomatique sont venus de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen. Un comble…La droite évolue entre raison et démagogie oppositionnelle.

A lire aussi: Une fillette belge de 4 ans retenue par Al-Qaida en Syrie

Quid d’un éventuel retour de bâton sur notre territoire dans les semaines ou les mois à venir de la part d’individus et de groupes organisés voulant punir les responsables de ce qui est vu, à tort ou à raison, comme une croisade occidentale contre l’Islam ?

Quid d’une France indépendante à même de jouer les médiatrices dans les conflits en cours et futurs ?

Tout cela confine au rêve, à la chimère qui n’a pas sa place tant sur le plan intérieur qu’extérieur.

Ne parlons-pas du coup financier de cette plaisanterie médiatique pour le budget du ministère des Armées quand on connait le coût d’un missile de croisière naval dont trois ont été tirés (2,8 millions d’euros l’unité) et du missile Scalp dont neuf ont été tirés par des Rafale (1 million d’euros pièce) et de tout le ravitaillement en vol de l’armada des Mirage 200-5 et des AWACS qui a conduit l’opération !

A lire aussi: Le mythe « Obama n’a rien fait en Syrie »

« Le coup de com permanent ».

Telle pourrait être la leçon de cette aventure militaire américaine à laquelle la France et le Royaume-Uni ont été associés pour faire nombre, pour jouer l’éternel rôle de second et d’idiot utile.

L’ancien directeur du FBI, James Comey qualifie Donald Trump de « parrain » d’une mafia au sein de laquelle « les mensonges (sont) à tous les étages au service d’un code de loyauté qui plaçait l’organisation au-dessus de lois, de la morale et de la vérité ».

Pensons-nous un seul instant créer la confiance indispensable au lancement d’un processus de négociation diplomatique en jouant avec la guerre en Syrie et en maniant l’anathème contre Moscou et Téhéran ?

Ne pensons-nous pas que cette pétarade va conforter le régime syrien que nous voulons affaiblir ?

Avec Jupiter, la pédagogie tourne souvent à la démagogie. Le terme de « lignes rouges » n’est pas un concept contenu dans la Charte de l’ONU. Il s’agit d’une pure invention de communicants pour justifier une opération de guerre illégale selon les canons du droit international.

Qu’on le veuille ou non !

Moscou a entièrement raison, sur un plan strictement juridique, de dénoncer « un acte d’agression contre un pays souverain ».

Par une de ces facéties de l’Histoire, ce ne sont plus l’Iran, l’Irak et la Corée du nord qu’il convient de classer dans « l’axe du mal » comme l’avait fait en son temps, George W. Bush mais ce sont plutôt ces derniers qui peuvent désormais ranger le trio infernal Londres/Paris/Washington dans le nouvel axe du mal pour avoir délibérément violé le droit international le 14 avril 2018.

A lire aussi: Décryptage sur le nouvel axe du mal: Londres, Paris, Washington

Laisser un commentaire