Une fusillade a eu lieu dans le centre-ville de Vienne, à proximité de la synagogue. Une fusillade menée en six lieux distincts du centre de Vienne a fait au moins quatre morts, lundi soir 2 novembre. L’un des assaillants serait toujours en fuite. Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a condamné une « attaque terroriste répugnante ».

Ce lundi soir devait être une dernière soirée de liberté pour les Viennois qui, à compter de ce mardi, sont soumis, comme le reste du pays, à un couvre-feu nocturne en raison de la pandémie de coronavirus. Mais c’est l’horreur qui a frappé la capitale autrichienne, rapporte notre correspondante à Vienne, Isaure Hiace.

Une fusillade fait 4 morts et 15 blessés 

Une fusillade a éclaté vers 20h dans le centre historique de Vienne près d’une synagogue. La police fait état de plusieurs assaillants armés de fusils et indique que six lieux différents ont été visés. Selon le dernier bilan, l’attaque a fait au moins quatre victimes, deux hommes et deux femmes. Une quinzaine de blessés sont également à déplorer, parmi lesquels un officier de police.

Un des assaillants a été abattu par la police. Lors d’une conférence de presse mardi matin, le ministre autrichien de l’Intérieur a indiqué qu’il s’agirait d’« un sympathisant » du groupe État islamique. Les enquêteurs ont accédé à son logement en forçant la porte avec des explosifs, a-t-il précisé, sans souhaiter donner davantage de détails sur le profil de l’attaquant. Karl Nehammer a également déclaré qu’il était équipé d’un fusil d’assaut et d’une ceinture d’explosifs qui s’est révélée factice. Le ministre a précisé qu’au moins un autre suspect était en fuite.

Un témoin, interrogé sur une chaîne de télévision, a dit avoir vu « courir une personne avec une arme automatique, qui tirait sauvagement ». La police est alors arrivée sur les lieux et a riposté, un autre témoin faisant état « d’au moins 50 coups de feu ».

« À ce stade, il n’est pas possible de dire si la synagogue était visée », a réagi sur Twitter Oskar Deutsch, le président de la communauté israélite de Vienne. Il indique que l’établissement religieux était fermé lorsque la fusillade a éclaté.

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Plusieurs vidéos circulent sur les réseaux sociaux avec des images de course-poursuite et de mouvements de panique, mais la police appelle à ne pas les diffuser. Une grande prudence s’impose, car ces vidéos n’ont pas encore été authentifiées.

« Un acte lâche »

Le chancelier Sebastian Kurz a dénoncé « une attaque terroriste répugnante ». L’Union européenne « condamne avec force » un « acte lâche », a réagi le président du Conseil européen, Charles Michel. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a écrit sur Twitter : « L’Europe est totalement solidaire de l’Autriche. Nous sommes plus forts que la haine et la terreur ».

« Nous ne céderons rien », a également tweeté le président français Emmanuel Macron, tandis que le ministère allemand des Affaires étrangères a appelé à « ne pas céder à la haine ».

« Le combat contre ces assassins et leurs instigateurs est notre combat commun », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, selon un tweet de son porte-parole, exprimant également à l’Autriche sa « solidarité ». L’Allemagne a également annoncé le renforcement de ses contrôles aux frontières avec l’Autriche.

Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé mardi l’attentat meurtrier qui s’est produit la veille à Vienne comme « un crime cruel et cynique », dans un télégramme de condoléances adressé au président et au chancelier autrichiens.

Le président américain Donald Trump a dénoncé sur Twitter « encore un vil acte de terrorisme » à Vienne, et dit que les « attaques du mal contre des innocents » devaient cesser. « Les États-Unis se tiennent au côté de l’Autriche, de la France, et de l’Europe toute entière dans le combat contre les terroristes, y compris les terroristes islamiques radicaux », a tweeté le candidat républicain.

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Cette nouvelle attaque, dans une ville où la criminalité est habituellement très faible, intervient dans un climat très tendu en Europe. En France, trois personnes ont été tuées jeudi dans une attaque au couteau à la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice (sud-est) par un jeune Tunisien fraîchement arrivé en Europe.

Quelques jours auparavant, la décapitation de Samuel Paty, professeur d’histoire qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans un cours sur la liberté d’expression, avait choqué au-delà de la France et plongé le monde enseignant dans l’effroi et la sidération.

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