Le feedback. Ãlément essentiel du manager contemporain, tout le monde parle du feedback, mais peu savent vraiment le pratiquer. On vous explique tout.

- Les 2 bénéfices immédiats du feedback
- Les 3 techniques de feedback
- Pourquoi les managers hésitent-ils à donner du feedback ?
Littéralement, le feedback câest ce qui « nourrit en retour ». Il doit permettre à celui qui le reçoit de se construire et de progresser. Le feedback doit être quotidien, rapide, structuré et multidirectionnel. « Le feedback peut se faire entre collègues, entre un collaborateur et son manager et inversement, et bien sûr, entre managers », précise Isabelle André, associée du cabinet OasYs Consultants, directeur de la Practice RH et coaching.
Les 2 bénéfices immédiats du feedback
Le feedback revêt deux dimensions essentielles. Dâabord une dimension humaine. « Celui qui reçoit le feedback se sent respecté et reconnu. Ce signe de reconnaissance a une influence positive sur sa motivation et donc sur sa performance. Le feedback est également un outil de régulation. Les uns et les autres doivent savoir sâils avancent dans la bonne direction. Plus on travaille en autonomie, moins on a de retours sur son travail, donc plus on a besoin de feedback. Cela rend les organisations plus efficaces », argumente Alain Bayle, consultant en management et expert en feedback continu.
Lire aussi : 8 outils pour manager au quotidien
Les 3 techniques de feedback
En fonction des situations, vous pouvez mobiliser différents types de feedback :
1. Le feedback positif: câest le plus facile car il permet de féliciter son interlocuteur à propos dâune compétence ou un comportement particulièrement adapté.
Exemple : une collaboratrice vient de réussir sa présentation devant une assemblée de clients. Le feedback positif pourrait être « Bravo pour cette présentation très réussie. Jâai remarqué que tu as su maîtriser ta voix, que tes slides étaient très claires et que tu as parfaitement interagi avec la salle. Cela me donne envie de te confier dâautres responsabilités de ce type. Bravo », illustre Alain Bayle.
2. Le feedback correctif: cette fois, il sâagit dâémettre une critique constructive sur des faits ou un comportement. Donc toujours plus délicat à manier, du moins en France.
Exemple : votre collaborateur arrive régulièrement en retard.
>Les faits : « jâai constaté que cette semaine, mercredi tu es arrivé à 10 heures, jeudi à 10h15. »
>Espace de dialogue « Quâest-ce que tu en dis ? ». « Le collaborateur va peut-être arguer dâun problème de voiture et dâune panne de réveil », suggère Sophie Muffang, executive coach.
>Votre ressenti : « je suis embarrassé, jâai une équipe à gérer et câest difficile pour moi de faire comprendre aux autres ce décalage horaire. Dâautant que le soir, tu pars à la même que tout le monde ».
>Axe de développement : « quâest-ce que tu pourrais mettre en Åuvre la semaine prochaine pour arriver à 9h30 comme le reste de lâéquipe ? ». « Il sâagit là de responsabiliser le salarié », précise-t-elle.
>Aspect collaboratif et expérimentation du soutien : « est-ce que je peux tâaider pour que tu arrives à lâheure ? ». « Votre interlocuteur comprend ainsi la perception que les autres ont de lui et se sent soutenu. Il a davantage de chances dâentrer dans un cercle vertueux que si vous lui hurlez dessus à chaque retard.
Votre manager n’assure pas en feedback? Il est peut-être temps de regarder ailleurs…
3. Le feedforward: « il sâagit là dâexprimer ses besoins pour lâavenir plutôt que de pointer les erreurs du passé. On se concentre sur les points dâamélioration précis attendus chez lâautre et cela lui permet de mieux comprendre ce que lâon attend de lui et ainsi de réajuster ses pratiques professionnelles, tout en préservant un sentiment de bienveillance », explique Alain Bayle.
Exemple : « nous avions rendez-vous à 9h00, tu es arrivé à 9h15, jâai attendu 15 minutes. Je suis embêté car moi jâétais à lâheure. Du coup, nous sommes obligés de démarrer en retard. Jâaimerais désormais que tu arrives à lâheure, cela me permettrait de tenir mon agenda du jour ».
Pourquoi les managers hésitent-ils à donner du feedback ?
Effectivement, tout le monde en parle, mais en France, le feedback nâest pas encore légion dans les entreprises. On lui préfère souvent la critique négative. « Les managers pratiquent peu le feedback positif car ils craignent que leurs collaborateurs se reposent ensuite sur leurs lauriers, ou demandent une augmentation. Quant au feedback correctif, ils lâévitent par peur de la confrontation et du conflit », observe Karine Aubry, coach de managers chez Kolibri Coaching.
Le b.a.-ba du feedback
– Employez le « je » afin de montrer que vous assumez. « Bannissez le « mais » des échanges car votre interlocuteur ne retiendra que la seconde partie de la phrase », recommande Sophie Muffang.
– Au lieu de « jâai bien aimé ta prestation, mais tu parlais trop vite », préférez « jâai bien aimé ta prestation. à tel moment, tu as accéléré ton débit ». « Un bon feedback doit être conduit le lendemain des faits au plus tard, et pas une semaine après. Il perdrait tout son sens », insiste-t-elle.
– Les deux acteurs du feedback doivent être dans un état dâesprit bienveillant. « Si lâun des deux est énervé, câest inutile. Autant reporter le feedback », conclut-elle.