Lâannonce, le 19 mars dernier, du report de lâédition 2020 de la Biennale de lâart africain contemporain de Dakar dénommée « DakâArt », initialement prévue du 28 mai au 28 juin, est une décision symbolisant à nulle autre pareille lâimpact du COVID-19 sur la culture au cours de cette année.
Le ministre de la Culture et de la Communication Abdoulaye Diop avait pris la décision de reporter le Dakâart à une date ultérieure, en application des mesures de suspension des manifestations publiques dont celles artistiques.
Des mesures prises par son collègue de lâIntérieur et qui portaient également sur lâinterdiction de tout regroupement, suite à lâapparition du premier cas de COVID au Sénégal le 2 mars dernier.
Les trente ans du Dakâart, correspondant à la 14e édition de cette manifestation, ne seront pas donc célébrés à la date initialement retenue, une première dans lâhistoire de cet évènement culture de dimension internationale lancé en 1992.
La Biennale des arts et des lettres est devenue par la suite Biennale de lâart africain contemporain de Dakar en 1996, et depuis aucune édition nâa été ni reportée ni annulée.
Même en 2010, année marquée par le retrait du partenaire principal, la 9e édition du Dakâart sâest bel et bien tenue, en dépit de grandes interrogations et de doutes suscités par le départ du principal sponsor de la biennale de Dakar depuis 1992.
Report du DakâArt 2020, signe dâun secteur culturel sinistré par le Covid
Tout était pourtant bien parti avec le lancement de cette 14ème édition le 18 novembre 2019, au Musée des civilisations noires, où a été dévoilée la liste des 64 artistes devant participer à lâexposition internationale.
Les commissaires invités étaient déjà connus, de même que le nom du directeur artistique, en la personne de lâhistorien de lâart sénégalais El Hadji Malick Ndiaye, qui devait remplacer le Camerounais Simon Njami.
« Ĩ ndaffa », qui signifie « Forger » en langue sérère, avait été choisi comme thème de lâédition 2020 dont les pays invités devaient être le Ghana et la Chine.
Les sites dâexposition avaient été identifiés, sans compter que le volet « Offââ, partie importante de la Biennale de Dakar qui a rendu populaire cette manifestation inscrite dans lâagenda culturel du Sénégal, était aussi sur le point de dévoiler son catalogue.
Les artistes plasticiens sénégalais, très affectés par ce report, ont reçu un soutien de 500 millions de francs CFA tirés des 3 milliards de francs CFA devant revenir au secteur de la Culture, au titre du Fonds force Covid-19.
Au total, 935 artistes des arts visuels des 14 régions du Sénégal ont bénéficié de ce fonds.
A lire aussi LDC : La CAF confirme le report de la Demi-Finale Zamalek-Raja
Sur les 500 millions de francs CFA alloués au comité sectoriel arts visuels, 30 millions ont été par exemple réservés à lâachat de tapisseries réalisées par les Manufactures des arts décoratifs (MSAD) de Thiès.
Il y a aussi la mise en place dâune commission de sélection nommée par arrêté ministériel, lequel a sélectionné, après appel dâoffres, 93 Åuvres dâartistes visuels sénégalais à verser dans le domaine privé de lâEtat, pour un montant de 208 millions 250.000 francs CFA
309 autres artistes ayant répondu à cet appel à candidatures et dont les Åuvres nâavaient pas été sélectionnées, avaient déjà reçu une aide sociale de 154, 5 millions de francs CFA, plus de 107 millions de francs ayant été octroyés à 533 autres répertoriés à travers le pays
Après un premier soutien de trois milliards de franc CFA à la culture, lâEtat a consenti une aide supplémentaire de 2,5 milliards de francs CFA aux acteurs culturels.
La musique, la danse, le théâtre, les arts visuels, le cinéma, les communicateurs traditionnels, ainsi que différentes autres catégories ont bénéficié du soutien des autorités pour faire face à une situation exceptionnelle de crise qui secoue le monde.













