Le Cancer de la prostate est un sujet en santé qui fait couler beaucoup d’encre. Dans cette rubrique santé nous allons faire focus sur les traitements du cancer de la prostate. Cancer de la prostate » Diagnostic et classification…
Cancer de la prostate » Diagnostic et classification
En plus de produire du liquide séminal, la prostate sécrète une molécule appelée antigène spécifique de la prostate ou PSA (Prostatic Specific Antigen en anglais).
Câest une substance spécifique de la prostate qui circule dans la prostate et le sang (concentration dans le sang un million de fois plus faible que dans la prostate).
Le PSA est un marqueur tumoral utilisé dans toutes les étapes de la prise en charge du cancer de prostate : dépistage, diagnostic, suivi post-traitement, diagnostic de récidive.
Diagnostic et classification
Les tests de PSA sont souvent préconisés à partir de 50 ans. Le dosage se fait par une simple prise de sang pour laquelle il nâest pas nécessaire dâêtre à jeun.
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Le dosage du PSA doit avoir lieu à distance dâun toucher rectal (8 jours) ou dâune infection urogénitale récente (2 mois).
Le PSA nâest cependant pas spécifique du cancer de la prostate car il augmente également pour les autres pathologies de la prostate : Hypertrophie bénigne, inflammation et infection de la prostate.
Dépistage du cancer de la prostate

Le PSA : dosable par simple prise de sang
Il est donc une des étapes du diagnostic du cancer de la prostate et doit être complété par dâautres examens : 5 à 10% des cancers palpables au toucher rectal ont un PSA normal au début.
- ⦠La valeur seuil utilisée pour le dépistage du cancer de la prostate est 4ng/ml : entre 4 et 10 ng/ml, 70% des cancers diagnostiqués sont localisés.
- ⦠Un PSA supérieur à 30 ng/ml est le signe dâun cancer de la prostate localement avancé avec une forte probabilité de métastases ganglionnaires locorégionales.
- ⦠Un taux de PSA supérieur à 100 ng/ml est le marqueur dâun cancer de la prostate avancé localement et à distance, avec très probables métastases osseuses.
Sources:
- ⦠Les traitements du cancer de la prostate, collection Guides patients Cancer Info, INCa, novembre 2010
- ⦠La prise en charge du cancer de la prostate. Guide patient â Affectation de longue durée, HAS, juin 2010
- ⦠Lâantigène spécifique de la prostate ou PSA, Prog Urol, 2011, 21, 11, 798-800, R. Boissier (www.urofrance.org)
Le toucher rectal
Cet examen est pratiqué par le médecin (médecin généraliste ou urologue) qui va palper la prostate en passant par le rectum.

Il sâagit dâun examen rapide et indolore qui a pour objectif dâévaluer la taille de la prostate, sa consistance, ainsi que de détecter dâéventuelles anomalies perceptibles au toucher (augmentation de la taille, zone plus dureâ¦).
Source:
- ⦠Les traitements des cancers de la prostate, collection Guides patients Cancer info, INCa, octobre 2016
Les biopsies de prostate
Lâexamen qui permet de diagnostiquer un patient atteint dâun cancer de la prostate est la biopsie de prostate qui consiste à prélever de minuscules morceaux de prostate et à les faire analyser en laboratoire pour étudier les types de cellules contenus dans les fragments prélevés.
Avant lâexamen, un lavement (lavage du rectum avec une solution liquide) est pratiqué et un traitement antibiotique est donné au patient.
Sous anesthésie locale, au moins 12 fragments de tissus sont prélevés dans différentes parties de la prostate.

Ils sont ensuite examinés au microscope par un médecin anatomopathologiste qui confirmera ou non la présence dâun cancer.
Il a pour objectifs :
- ⦠de préciser lâagressivité des cellules cancéreuses définie selon une échelle, appelée score de Gleason (degré de différenciation de la tumeur, câest-à -dire la tendance de la tumeur à ressembler à un tissu normal de la prostate)
- ⦠et dâévaluer le nombre de biopsies positives (présentant des cellules cancéreuses), les caractéristiques du tissu tumoral et le franchissement des cellules cancéreuses au-delà de la capsule de la prostate.
Source:
Le Score de Gleason
Le score de Gleason est LE facteur pronostique du cancer de la prostate. Le tissu prostatique comporte plusieurs composants : un tissu glandulaire, un tissu musculaire lisse et un tissu stromal (environnement extra-cellulaire).
Le score de Gleason (ou Gleason score) définit le cancer de la prostate non plus au niveau cellulaire mais au niveau architectural.
Ce score est fondé sur 3 règles :
- ⦠1ère – au sein dâune même prostate, plusieurs populations tumorales possibles
- ⦠2ème – ces populations tumorales peuvent être de grade différent
- ⦠3ème – plus lâarchitecture de la glande est détruite, plus le pronostic est mauvais
Par lâanalyse des biopsies, lorsque plusieurs populations tumorales différentes sont présentes au sein de la glande, le score de Gleason est alors la somme des grades des deux populations tumorales les plus fréquentes.
Il peut aller de 2 (soit 1+1) noté 1-1 à 10 (soit 5+5) noté 5-5 ; Redéfini en 2005, le score de Gleason nâest plus constitué que de 3 grades allant de 3 à 5 et sâétend donc, en cas de populations tumorales différentes de 3-3 (soit 6) à 5-5 (soit 10).
Le score de Gleason (ou Gleason score) définit ainsi lâagressivité des tumeurs :
- ⦠Score de Gleason 6 (3â3) : tumeurs peu différenciées et peu agressives
- ⦠Score de Gleason 7 (3â4 ou 4â3) : tumeurs moyennement différenciées
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- ⦠dans cette catégorie, les tumeurs de score de Gleason 4â3 sont plus agressives que les tumeurs de score 3â4
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- ⦠A partir du score de Gleason 7, on parle dâadénocarcinome de la prostate, les tumeurs étudiées se révélant malignes.
- ⦠Score de Gleason 8â9â10 : tumeurs très indifférenciées et très agressives
Source:
- ⦠Le score de Gleason pour les nuls, Progrès FMC, 2014, 24, 1, F13-F15, L. Salomon (www.urofrance.org)
Classification dite dâAmico
Avant traitement, le score de Gleason, associé au stade clinique et au dosage du taux de PSA, permet de définir une classification dite de dâAmico permettant de distinguer :
- ⦠des tumeurs de bas risque (Stade clinique T1c ou T2a et taux de PSA<10ngr/mL et score de Gleason des biopsies égal à 6) ;
- ⦠des tumeurs de risque intermédiaire (Stade clinique T2b ou T2c, taux de PSA entre 10 et 20ngr/mL et score de Gleason 7) ;
- ⦠des tumeurs à haut risque (Stade clinique T3, taux de PSA>20ngr/mL et score de Gleason>7).
Câest à partir de ces éléments complétés éventuellement par les résultats dâun bilan dâextension radiologique que va se définir la stratégie thérapeutique.
Source:
- ⦠Le score de Gleason pour les nuls, Progrès FMC, 2014, 24, 1, F13-F15, L. Salomon (www.urofrance.org)
Le bilan dâextension
Une fois quâun cancer de la prostate est diagnostiqué, il faut compléter le diagnostic par une série dâexamens dâimagerie qui constituent le bilan dâextension.

Ce bilan va permettre de définir précisément si le cancer est localisé à la glande ou bien sâil est étendu.
Le scanner
Cet examen indolore qui dure entre 10 et 15 minutes permet de visualiser de manière très précise grâce aux rayons X la zone ciblée, en lâoccurrence, le ventre et le bas ventre (scanner abdomino-pelvien).
Le scanner va permettre de voir si le cancer de la prostate est resté à lâintérieur de la glande ou sâil a atteint la capsule qui entoure la prostate ou les vésicules séminales (glandes situées au dessus de la prostate et qui produisent le liquide séminal) ou encore les ganglions lymphatiques.
LâIRM (Imagerie par Résonnance Magnétique)
Avant lâexamen, une préparation rectale est indispensable pour obtenir une vacuité rectale, lâinjection dâun antispasmodique peut également être recommandée.
Lâexamen est indolore et dure entre 30 et 40 minutes. Après lâétablissement dâun questionnaire médical, le patient est conduit en salle dâexamen où il devra enlever tous les objets en métal quâil porte et enfiler une blouse.
Le patient est ensuite installé en décubitus dorsal, une antenne externe seule et/ou une antenne endo-rectale sont installées. Dans ces certains cas, un liquide de contraste doit être injecté via une voie qui lui sera alors posée.
Le patient est ensuite introduit dans la zone centrale de lâappareil qui ressemble fortement à un tunnel.
Le technicien de radiologie communiquera au patient les instructions par microphone interposé.
De son côté, le patient tiendra une alarme dans sa main quâil pourra activer en cas de problème.
Lâimagerie par résonance magnétique (IRM) ressemble à un scanner mais utilise la réaction des cellules du corps soumises à un champ magnétique et transforme cette réponse en images qui permettent dâétablir une distinction entre les tissus mous, sains et anormaux.

LâIRM de la prostate permet lâétude anatomique et fonctionnelle de la glande prostatique grâce au fort contraste des tissus mous composant la glande et à la retranscription du diagnostic sur les images haute définition.
LâIRM permet de détecter les lésions dîtes cliniquement significatives et déterminera en grande partie la stratégie de traitement à adopter en fonction du type de cancer diagnostiqué.
Source:
- ⦠Imagerie du cancer de la prostate: IRM et imagerie nucléaire, Prog Urol, 2015, 25, 15, 933-946, R. Renard-Penna (www.urofrance.org)
La scintigraphie osseuse
Cet examen permet de détecter lâextension du cancer de la prostate aux os.
Elle consiste à injecter un produit légèrement radioactif dans le corps, qui va se fixer sur les zones à haute activité métabolique osseuse (les tumeurs et métastases osseuses sont des amas de cellules qui se divisent de manière rapide et incontrôlée).
Le patient reçoit un isotope par voie intraveineuse qui va se fixer sur les masses anormalement actives (tumeurs et métastases osseuses).
Le patient est ensuite allongé sur la table et passe à travers un tube qui contient une série de capteurs sensibles au rayonnement radioactif de lâisotope.
Les os et parties dâos suspectés dâêtre touchés sont visualisés, les images finales sont ensuite reconstruites.
Lâensemble du squelette est observé en un seul examen qui dure, préparation non comprise, environ 50 minutes.
Source:
- ⦠La scintigraphie osseuse, Fondation contre le cancer (www.cancer.be)
Les différents stades du cancer de la prostate
Câest la quantité de cancer présente dans le corps et son emplacement au moment du diagnostic qui détermine le stade du cancer de la prostate.
Les informations révélées par les examens de dépistage décrits au-dessus détermineront la taille de la tumeur, les parties de lâorgane atteintes par le cancer et son étendue (cancer localisé ou propagé en dehors la capsule prostatique).

La classification appelée « TNM » est le système de stadification le plus fréquemment employé pour classer le cancer de la prostate selon 4 stades (T1, T2, T3 et T4).
Le stade du cancer déterminera ensuite, en grande partie, le traitement à mettre en place.
Lâéchelle suivante indique le degré de progression du cancer de la prostate du degré le plus faible au plus élevé :

Stades du cancer de la prostate T1, T2, T3, T4
Cancer de la prostate stade 1 et 2 (aussi appelés T1, T2): Cancer localisé

Cancer de la prostate stade 1 (T1)
La tumeur est non perceptible au toucher rectal. Seules quelques cellules sont cancéreuses. Le patient nâa aucun symptôme de la maladie.
- ⦠T1a : tumeur occupant moins de 5% du tissu réséqué
- ⦠T1b : tumeur occupant plus de 5% du tissu réséqué
- ⦠T1c : tumeur découverte sur une biopsie prostatique en raison dâune élévation du taux de PSA
Cancer de la prostate stade 2 (T2)
La tumeur est palpable au toucher rectal (présence dâune masse dure) et semble localisé à la glande prostatique.
- ⦠T2a : tumeur atteignant la moitié dâun lobe ou moins
- ⦠T2b : tumeur atteignant plus de la moitié dâun lobe mais sans atteindre les 2 lobes
- ⦠T2c : tumeur atteignant les 2 lobes
Cancer de la prostate stade 3 et 4 : Cancers avancés

Cancer de la prostate stade 3 (T3)
Le cancer sâétend en dehors de la prostate et/ou aux vésicules séminales.
T3a : extension du cancer en dehors de la capsule prostatique
T3b : extension du cancer aux vésicules séminales
Cancer de la prostate stade 4 (T4)



Le cancer a envahi les organes voisins de la prostate (vessie, rectum, sphincter).
Source:
- ⦠Brierley JD, Gospodarowicz MK and Wittekind C (eds.). (2017). TNM Classification of Malignant Tumours. (8th Ãdition). Wiley Blackwell.
- ⦠Djavan B, Bostanci Y, Kazzazi A. Epidemiology, screening, pathology and pathogenesis. Nargund VH, Raghavan D, Sandler HM (eds.). (2015). Urological Oncology. Springer. 39: 677-695.
- ⦠National Comprehensive Cancer Network. NCCN Clinical Practice Guidelines in Oncology: Prostate Cancer (Version 1.2016). Extrait de: http://www.nccn.org/professionals/physician_gls/pdf/prostate.pdf












