La Chronique Média – Profession de journaliste au Sénégal ou idovisuel – Au cÅur de la brume journalistique ! A lâheure de lâinstauration de la carte nationale de presse, des réactions fort étonnantes ont été notées ça et là . Mais ce qui est dâautant plus surprenant, câest quâelles portent la marque dâhommes de médias connus du grand écran. On parle dâhommes de médias surtout pour préciser quâil ne sâagit pas uniquement de détracteurs journalistes puisquâil y a eu également des animateurs ou « chroniqueurs » pour tenter de discréditer lâinstauration de ce nouveau sésame.
Profession de journaliste au Sénégal ou idovisuel – Au cÅur de la brume journalistique !

La vérité est que lorsquâon fait un tour dâhorizon de ce que la presse compte comme acteurs, lâon se rend en effet compte quâun certain nombre dâentre eux, est rentré par effraction dans le métier et ne remplit pas le moindre critère pour lâexercice de la profession de journaliste. Dâoù certainement ces cris dâorfraie, certains dâentre eux risquant tout simplement de perdre leur boulot ou de continuer à exercer sans reconnaissance.
Ce qui est logique, câest que tout journaliste attaché à son métier et à la nécessité dâun renforcement de la presse sénégalaise, encourage cette exigence de la carte de presse vers laquelle on sâoriente, même si ce nâest quâun pas vers plus de réformes positives.
Pourquoi devrait-on exiger un diplôme pour lâexercice de la profession de médecin et donner carte blanche à nâimporte quel quidam pour exercer librement celle de journaliste ? Pourquoi piloter un avion nécessiterait-il un diplôme et des capacités et pas le métier de lâinformation ?
La vérité est que la profession de journaliste paraît si accessible et est assimilée par certains au simple fait de savoir parler ou écrire en français, voire dans les langues locales, que beaucoup pensent avoir la compétence pour.
Mais quâest-ce quâil requiert comme aptitudes et qualités !

Dans les pays occidentaux tels que les Etats-Unis, la France et bien dâautres, le métier est exercé par des personnes dâun niveau dâétudes élevé, même sâil a existé dans le passé, des journalistes formés, comme partout ailleurs, dans les rédactions.
Les sélections y sont très rigoureuses et les concours difficiles à réussir. Tout cela pour dire que ceux qui y exercent ces métiers, sont parmi les meilleurs. Sous nos cieux, ce qui se fait de mieux, est sans aucun doute le Cesti. Une manière de dire que la profession de journaliste ne devrait pas être exercé par nâimporte quel quidam.
Le code de la presse qui instaure cette carte nationale de presse a, ne lâoublions pas, la même valeur contraignante que le code de la famille ou le code pénal. Cette règle devrait dès lors fonctionner comme toute autre loi, dans une République comme la nôtre. Les lois sont faites pour être appliquées.
Si dans un passé récent, ce nouveau sésame était attribué par lâorgane employeur sans critère précis, aujourdâhui la donne est en train de changer avec une carte commune délivrée par une commission nationale dédiée à cet effet, et institué par le code de la presse voté par les députés depuis 2017.
Obtenir la carte de presse nâest plus donc une chose aisée. Et cela ne manque pas de créer des frustrations. Le journaliste doit désormais être non seulement dans une posture active en faisant lui-même sa démarche personnelle pour la demander.
Mais il doit aussi et surtout, sâil nâest pas diplômé dâune école de formation en journalisme reconnue par lâEtat, avoir la certitude quâil est apte à la pratique journaliste car il devra passer lâinterrogation orale devant la commission de validation des acquis de lâexpérience avant de pouvoir disposer dâune carte nationale de presse.
Des questions ayant trait à la pratique journalistique, à lâéthique et la déontologie du métier, au droit de la presse, à la culture générale …

Faire face à ces membres issus de la presse, des ministères de la communication, de la Justice, du travail, du Cnra, du Cored, du Synpics et du patronat de la presse, de par la solennité que requiert lâopération, ainsi que le stress de ne pas être retenu, voilà sans doute des craintes qui ébranlent certaines certitudes, rien que par le fait dâimaginer une seconde que lâon puisse perdre son statut.
En effet à nos jours, sur près de 2500 postulants, la commission a dû octroyer moins de 2000 cartes.
Ou peut-être que certains de ces détracteurs de la carte nationale de presse, se prendraient-ils tout simplement pour des stars de la télé ou de la radio au point de devoir snober la commission de délivrance de la carte nationale de presse ? Leur notoriété ou réputation aurait-elle dépassé le cadre dâune interview qui se donne pour mission de tester leurs connaissances ?
On aimerait savoir sâil est juste question dâorgueil personnel ! Et pourtant, beaucoup de ceux qui ont snobé la commission et qui se sont rendus dans certaines ambassades pour chercher un visa comme professionnels des médias, ont été obligés de retourner à la commission, la carte nationale de presse étant exigée par les services consulaires en application de la loi sénégalaise. Une belle leçon.
Alors que ceux-ci rechignaient à être en conformité avec les textes de leur propre pays, des fonctionnaires de pays étrangers ont appris à ces journalistes si critiques dâhabitude à se conformer à la la loi.
Lâhumilité doit être la qualité première dâun bon journaliste. La star ne saurait jamais être le journaliste, mais plutôt lâinformation ou le média pour lequel il travail.
Pour ceux-là qui ont du vécu et une bonne connaissance des normes du métier, cet entretien devant la commission, composé de professionnel et dâautres personnes dâautres horizons, ne devrait être quâune formalité. A moins peut être de ne pas maîtriser les rudiments du métier.
Ne doit pas être journaliste, qui veut !

Quâon ne sây trompe pas, le journalisme est un métier difficile et exigeant lorsquâon veut lâexercer avec tout le sérieux quâil requiert. Le journaliste est dâabord celui qui est capable de collecter, traiter et diffuser de lâinfo.
A ce titre, la question des directs évoqués tantôt lors des évènements de juin et visant à critiquer des télévisions pour n’avoir pas relayé les manifestations, relève tout simplement dâun manque de connaissance de la responsabilité qui repose sur la tête du journaliste. Sâil ne peut pas maîtriser un direct, pourquoi devrait-il en faire ? Comme ces images du policier à terre à qui on a asséné une brique sur la tête.
Pour le journaliste qui relaie même ce type dâinformations, va se poser la question même de lâassistance à la victime. Ce qui peut même constituer un délit : la non-assistance de personne en danger. Le téléspectateur se doit dâêtre raisonnable car le journaliste ne peut pas suivre les caprices ou la volonté du public. Aucune télévision responsable ne devrait montrer cela. Que font-ils des enfants, ces âmes sensibles qui pourraient être en train de suivre la télé en compagnie de leurs parents. ?
Tout cela pour dire quâune information doit être traitée et non diffusée de manière brute. Opter pour un léger différé, peut être un bon moyen pour choisir ce quâon peut montrer ou pas. Lâon ne peut évidemment pas cautionner ces couvertures folkloriques qui sâassimilent à une animation en mode combat de lutte, dans laquelle le côté spectaculaire prend le dessus sur tout : on choisit de mettre en scène les galères des forces de lâordre ou des manifestants, façon mille collines. La conséquence nâest rien dâautre que dâattiser le feu et dâencourager les manifestations violentes.
Au-delà , le journaliste doit aussi connaître un peu de tout, être cultivé, détenir des sources, être juste (équilibré) tout en étant à cheval sur les normes du métier adossé à lâéthique et la déontologie.
Le journaliste doit aussi et surtout rompre avec la paresse car la transpiration et la patience sont aussi des qualités non négligeables dans ce métier. Son rôle nâest pas dâêtre juste, comme on le note de nos jours, une caisse de résonance.
â>A lire aussi
Câest parce que la presse est désignée comme le 4eme pouvoir dans le rôle central dâapprofondissement de la démocratie qui lui est dévolu, au regard de son rôle dâéveil et dâéducation du citoyen, que le journaliste qui fait partie intégrante de ce corps, ne doit pas accepter dâêtre comparé à un animateur, ni à celui qui est entré par effraction dans le métier.
Plus exactement, « ces chroniqueurs des temps modernes » ; ou ces prêcheurs reconvertis en animateurs dâémissions informatives ; ou encore ces tradipraticiens qui font désormais de lâanalyse politique, selon ces animateurs dâémissions qui les invitent. Toutes ces personnes sont qualifiées dâagents de programme par le Code de la presse.
Le cas de Serigne Bara Ndiaye est à ce titre surprenant et même scandaleux. Quâil y ait des Sénégalais qui ont décidé de lui accorder de la crédibilité, est fort étonnant. Il nâa pas la qualité pour. Etre structuré, et avoir la langue mielleuse, ne suffisent point pour être un analyste politique.
Serigne Bara Ndiaye nâétait en réalité quâune boîte à lettres, en plus dâêtre fortement disqualifié pour son côté très partisan ouvertement affiché. Des journalistes qui ont roulé leur bosse dans la presse avec des années dâexercice, nâont toujours pas la qualité pour être des analystes politiques, à plus forte raison un personnage qui officiait dans une émission comique pour vendre ses recettes médicinales.
Il est tout aussi curieux de voir certains journalistes qualifiés d’analystes qui officient sur un plateau dâune chaîne en ligne, nous livrer leurs spéculations ponctuelles, présentées comme de lâanalyse politique, marquée par des révélations dont on se demande dâoù est ce quâils les sortent ! Leurs prestations sont plus de lâordre du spectacle.
Quel journaliste qui se respecte nâa pas mal lorsquâil entend dire quâun Mbacké Sylla, Mamadou Mouhamed Ndiaye, Tange Tandian, etc sont des journalistes ?
Quel journaliste qui se respecte ne remet pas en question les recrutements actuels dans la presse lorsquâil entend dire que Pape Matar Diallo, Oumar Faye Leral askan wi, Sanoussy Ba (politique aussi), Bouba Ndour, Fou malade, Cheikh Oumar Talla ou encore Birima Ndiaye sont des chroniqueurs ?
La question que lâon doit raisonnablement se poser, est de savoir lâintérêt à suivre un chroniqueur non qualifié, comme la très grande majorité de ceux quâon voit tous les jours sur nos plateaux. Ils ne font que donner leurs opinions sur des sujets !
A moins que celui qui suit ce chroniqueur donné, sait quâil entendra des choses qui lui feront plaisir parce que cela confortera son opinion ou sa sensibilité partisane en ces temps de clivages.
Difficile de voir lâintérêt dans ce recours à ces chroniqueurs dâun genre nouveau, car ce quâon attend dâun médium câest quâil informe son public, lâéduque et lâéveille et non quâil diffuse des opinions dont dispose chaque Sénégalais.
â>A lire aussi
Se faire une religion à partir dâune opinion qui conforte la sienne, nâest-ce pas se tromper, si cette opinion-là même ne correspond pas aux faits ? Nâest-ce pas se mentir à soi-même ? Ce qui serait plus logique dès lors, est de sâinformer auprès de la presse crédible et des experts reconnus dans leurs domaines et qui sont invités par les médias.
Un chroniqueur, eh bien, câest plutôt un journaliste qui a une longue expérience dans la presse et dans un domaine précis ; ou alors un expert pour ne pas dire un spécialiste reconnu dans son domaine. Il y a longue liste de journalistes que lâon peut citer dans ce cas qui ont un tel background que les confrères ne trouveront rien à redire sâils se livrent à de lâanalyse politique ou à une chronique. Mais à la condition de ne pas mettre en avant de la subjectivité .
A écouter les pertinentes analyses dâIbou Fall qui a une très grande expérience journalistique et une bonne connaissance des faits, câest là que lâon note toute la différence avec ces « analyses » farfelues qui ont de plus en plus cours sur les plateaux de télé ou chaînes de radio, marquées par des faits manipulés et ces spéculations qui relèvent plus de la devinette ou de la prestidigitation.
A la vérité, beaucoup de sénégalais ne savent plus qui est journaliste et qui est animateur. Les animateurs ou prêcheurs reconvertis en animateurs, encensent de nos jours publiquement le président de la république, des hommes et femmes riches, des directeurs dâentreprises publiques, font de la publicité en prêtant leur image ou voix, moyennant quelques avantages.
Les cas de Pape Cheikh Diallo, Oustaz Modou Fall ou encore Iran Ndao et Tall Ngol Ngol, sont à ce titre flagrants. Mais à la différence de lâanimateur, celui-ci doit refuser de faire de la publicité. El Hadji Assane Guèye et Faty Dieng par exemple font ouvertement de la publicité pour des entreprises privées. Ils ne devraient pas. De même, le journaliste doit refuser de se faire habiller par des stylistes ou couturier. Ce que lâanimateur fait sans quâon ne trouve à y redire.
Lâaffaire Adji Sarr-Ousmane Sonko a en tout cas mis à nu tous les travers de la société sénégalaise. Tout le monde est mis à la même sauce : le tradipraticien, lâactiviste, le prêcheur. En effet, lorsque lâopinion se confond aux faits et que des « revueurs de presse » qui nâont pour seul mérite que dâagrémenter la revue de la presse, avec force dâopinions et de commentaires tirés de leur subjectivité, le grand public qui se complaît dans une certaine info folklorique, nâarrive plus à savoir qui est qui et qui doit faire quoi.
Lâinformation prend même un sacré coup, tellement elle est dénaturée du fait des commentaires approximatifs voire hasardeux, sans oublier le ton qui y participe et lui donne une certaine connotation. Et lorsquâon ajoute dans cette ambiance, les échos en provenance des réseaux sociaux, cela devient un cocktail tout simplement explosif.
Que le journaliste ne croit surtout pas avoir affaire à un public inculte. La vérité est quâune partie de ce public est dâun niveau dâéducation et de culture parfois bien supérieur et jouit la plupart du temps, dâune meilleure connaissance des sujets techniques sur lesquels bon nombre de journalistes de la presse pêchent par un défaut de formation qui ne prend pas suffisamment en compte les spécialisations nécessaires au renforcement de leurs capacités. Câest pourquoi la corporation doit, disons-le clairement, sâévertuer à se remettre en question dans une seule logique, celle de faire évoluer le niveau des hommes de médias.
Pourquoi ne pas par exemple, envisager de relever les conditions dâaccès aux écoles. A partir dâun Bac + 2 ou + 3 par exemple. Ou alors allonger la durée des formations en intégrant des modules techniques : sciences politiques, sciences juridiques, économie politique, finance, sociologie, etc. Cela ne pourra que développer lâesprit critique du journaliste, accroître ses connaissances et contribuer à améliorer le niveau des contenus et productions informationnels.
A suivre Daouda Mine et ses éclairages juridiques lors de ses chroniques judiciaires, lâon se rend compte que câest cette voie là quâil faut suivre. Ses décryptages juridiques sont dâun apport considérable pour ceux qui dans le grand public, veulent comprendre les faits juridiques, surtout dans ce contexte politico-judiciaire marqué par des clivages sans précédent et une confusion du champ informationnel, accentuée par les réseaux sociaux.
Se respecter si on veut voir son métier respecté

Les journalistes doivent à la vérité valoriser leurs métiers et ne pas laisser nâimporte quel quidam, professeurs de français, professeurs de philosophie, étudiant cartouchard, communicateur traditionnel, « grandes gueules », greffier, animateur connu, syndicaliste, prêcheur connu, homme ou femme au bon niveau de wolof, tradipraticien connu, etc y accéder, sans toutefois remplir les critères dâaccès à la profession de journaliste.
La presse ne devrait-elle pas fixer un moratoire pour commencer à imposer aux patrons de presse et organisateurs dâévénements médiatiques, notamment les entreprises de presse, les associations privées (partis politiques, ONG ) représentations diplomatiques, etc la présentation de la carte de presse lors de la couverture de ces événements ?
Ne devrait-elle pas aussi discuter avec les patrons de presser dans le sens de ne confier des émissions à caractère informatif quâaux seuls journalistes détenteurs de la carte de presse ? A terme, elle devrait même exiger la formation à tout journaliste qui voudrait accéder au métier et abandonner progressivement ce critère de validation des acquis.
Dans la foulée, devrait être instauré un contrôle plus strict et sans complaisance à lâaccès à la formation privée qui devrait elle aussi être jugée par les groupes de presse qui recrutent les diplômés issus de ces écoles.
Dans cette même logique, le Cored ou plus exactement le tribunal des journalistes, devra aider à faire promouvoir cette règle de la conduite des émissions à caractère informatif par les seuls journalistes titulaires de la carte de presse.
Il devrait aussi sâévertuer à traiter les journalistes de manière plus équitable. Si certains journalistes sont parfois rappelés à lâordre, la RTS ne lâest jamais alors quâelle sâest résolument inscrite dans la propagande depuis fort longtemps, tout en refusant le pluralisme, lâopposition étant absente et de manière permanente dans les médias.
Des journalistes également passibles de comportements totalement à lâencontre de lâéthique et de la déontologie et qui ne respectent pas de manière flagrante lâéquilibre dans leur travail, ne sont jamais inquiétés. Câest en effet une certaine passivité qui est notée de la part du Cored qui les laisse faire.
Cheikh Yérim a dâailleurs eu à se plaindre récemment sur le plateau de Maimouna Ndour Faye de lâattitude du Cored qui, en le jugeant au sujet de propos quâil aurait prononcés, selon lesquels, « on pourrait tuer 90% des Sénégalais⦠» que sa déclaration a été travestie.
En tant quâorgane chargé de juger les pairs, il devrait davantage sâappesantir sur tous les cas de dérives et se montrer un peu plus diligent à cet effet. Il ne faudrait pas que certains journalistes sur lesquels sâabattent ses foudres, en arrivent à percevoir son action comme sélective et partiale.
Il est sans doute temps que les journalistes se respectent et fassent respecter leur métier. Le contexte politique tendu a montré à quel point le corporatisme excessif peut être une carte blanche pour certains de faire ce quâils veulent.
Cette complaisance a dès lors pour conséquence que la presse en arrive même à défendre certains de ses membres pourtant passibles de fautes et de dérives, alors que ces derniers se sont montrés ouvertement tendancieux dans le traitement des faits, en les travestissant.
Certains sont même ouvertement devenus ceux-là qui répondent à la place des hommes politiques lorsquâil leur est reproché des choses. Comme quoi les connexions et liens journalistes-hommes politiques deviennent si visibles quâil est difficile de nier une subjectivité permanente dans le traitement de lâinformation par certains.
Voir également de nos jours des patrons de presse engagés politiquement, utiliser leurs supports au service de la politique, est une situation tout aussi inadmissible. Bougane Guèye en est une parfaite illustration de ce fait, alors quâil passe son temps à présenter son dessein pour le pays.
La presse doit vivre de son produit

Ce corporatisme de la presse peut pourtant trouver un bon réceptacle pour sâexercer. Quâest ce qui empêche par exemple à la presse écrite de vendre ses contenus à travers des applications par le biais du téléchargement, plutôt que de laisser ses PDF se faire partager en toute impunité, dans des groupes whatsapp ?
Câest ce quâon appelle du pillage en règle de notoriété publique et qui se fait en toute impunité, comme si lâinformation qui est produite par des journalistes, payés à la fin du mois et transportés lorsquâils doivent aller couvrir des évènements, nâavait pas vocation à être achetée ?
Comme si le papier et lâencre étaient gratuits ? Comme si le distributeur du journal ne gagnait pas 30 francs sur le prix dâun journal qui coûte encore 100 francs CFA, malgré lâinflation galopante. 100 F cfa, le prix dâun « biskrem » dans une boutique ! Quâest-ce qui coûte encore 100 F de nos jours ?
Câest là que se trouve tout le paradoxe. Les Sénégalais veulent une presse forte et crédible, mais certains préfèrent emprunter un journal ou partager un PDF ou encore aller lire les infos de la presse écrite ou les audios et vidéos des chaînes de télé et de radio sur les sites agrégateurs, pilleurs dâinformations.
Comment survit un journal qui ne dispose dâaucun contrat publicitaire ? La réponse est vite trouvée.

Au-delà , câest la bataille des contenus qui doit être engagée. La télévision, câest dâabord de la production et lorsquâon sâengage à mettre en place une télé, il faut avoir les moyens de sa politique et non mettre en lieu et place, des radios filmées. Une télévision sans images nâen est pas une.
Conduire une émission sérieuse, nécessite aussi la présence de journalistes expérimentés, cultivés et bien formés et non celle de « thiofs » hommes à la belle gueule et diction uniquement ou de belles nymphes qui ne sont là que pour vendre leur image, montrer leurs plastiques, voire distribuer la parole sans toutefois être en capacité de challenger les invités, ni comprendre ce quâils disent parce quâils ne connaissent pas les faits ou alors ne maîtrisent pas les sujets techniques. Ils sont bien jeunes dâailleurs ceux-là quâon voit sur les plateaux.
Il est dâautant plus sidérant de voir le nombre pléthorique dâinvités sur certains plateaux avec un temps de parole limité pour la plupart. La conséquence est un brouhaha indescriptible qui en résulte lors des débats souvent incontrôlés.
Si ce nâest pas le nombre de candidats, câest le nombre de journalistes sur le plateau qui est en cause avec une volonté de chacun de se faire remarquer. Ce qui nâaboutit quâà rompre les fils conducteurs des émissions et à dérouter les télespectateurs. Lâémission télévisuelle animée par trois jeunes femmes sur Sen TV, illustre dâailleurs bien ce fait.
Lâargument économique est sans doute le nerf de la guerre. Si les journalistes veulent continuer à produire de lâinfo de qualité, ils doivent pouvoir vivre décemment du fruit de leur travail au lieu de laisser dâautres entreprises en profiter à leur place : ces agrégateurs de contenus qui copient les infos de la presse pour les transférer et les monnayer, toutes ces sociétés dont lâactivité profite de lâinformation (sociétés de téléphonie, dâélectricité, dâélectroménagers, les moteurs de recherche, les sites dâinformation en ligne agrégateurs de contenus, lâinaccessibilité à la publicité des sociétés publiques, etc).
Personne en tout cas nâorganisera la presse à la place des journalistes. Vivement les Assises de la presse pour poser les vrais problèmes, dans une logique évidemment de les résoudre.













