Selon Dr Yaya KANE DIALLO, les Phosphates de Ndenndory sont un enfer terrestre au Sénégal : Plus de 14 ans dâexploitation, les populations impactées de Ndendory, de Hammadi Ounare et dâOrkadiere laissées en rade, infectées et appauvries. Plus de détails dans cet article avec Dr Yaya KANE DIALLO, Président de lâAssociation des populations impactées de la mine de phosphates de Ndenndory «Njolten hujjaaji men».
Phosphates de Ndenndory : Plus de 14 ans dâexploitation

La parution du rapport Itie 2022 devrait mettre le feu aux poudres en révélant la boîte de Pandore que constitue lâexploitation de la mine de phosphates naturels de Ndenndory (région de Matam), alors que la question des indemnisations et des impasses de lâannée 2022 nâest toujours pas réglée.
Ce rapport fait mention notamment du chiffre dâaffaires de lâannée 2022 de la Somiva, société exploitante des phosphates de Ndenndory depuis lâannée 2011 et dont le permis dâexploitation se poursuit jusquâen 2036.
En effet, selon ce rapport, la Somiva a fait un chiffre dâaffaires de 56 442 979 011 F Cfa avec 549 556 tonnes de phosphates exploitées en 2022.

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Un chiffre dâaffaires en milliards chaque année, mais les populations impactées nâont rien vu de ces retombées.
Au contraire, les populations impactées souffrent de chômage, de manque de formation professionnelle, de nouvelles maladies pulmonaires, de déÂpossession de leurs terres cultivables, de la pollution, dâappauvrissement de lâenvironnement et la perte de bétails.
Aucune infrastructure, ni aucun plan social et environnemental de développement local

Aucune infrastructure, ni aucun plan social et environnemental de développement local nâa été mis en place depuis le début de lâexploitation de la mine dâabord par la Serpm-Sa de Cheikh Amar en 2010, suivie par la Somiva.
Aucune de ces deux sociétés exploitantes nâa jamais respecté ses obligations, et lâEtat du Sénégal, en les laissant faire, se rend complice de ces manquements.
Devant cette situation scandaleuse des laissés-pour-compte, les populations de Ndenndory, constituées en association des populations impactées de la mine de phosphates de Ndenndory dénommée «Njolten hujjaaji men», par la voix de son président Dr Yaya Kane Diallo, haussent la voix pour dénoncer cette situation et pour demander à ce que toutes les parties prenantes, à savoir les sociétés exploitantes, en lâoccurrence la Somiva, et lâEtat du Sénégal, respectent leurs engagements vis-à -vis des populations et des collectivités territoriales imÂpactées conformément à la Constitution du Sénégal du 22 janvier 2001.
Plus de 14 ans dâexploitation, les populations impactées, infectées et appauvries (Dr Yaya KANE DIALLO)

Lâarticle 25-1 de la Constitution dispose que «les ressources naturelles appartiennent au Peuple.
Elles sont utilisées pour lâamélioration de ses conditions de vie. Lâexploitation et la gestion des ressources doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien-être de la population en général et à être écologiquement durables».
Toujours selon le rapport Itie 2022, la Société minière de la vallée du fleuve (Somiva) a déclaré sâêtre acquittée de ses taxes pour lâexercice de lâannée 2022 à hauteur dâ1 523 964 126 F Cfa.
Alors que lâEtat du Sénégal a, quant à lui, déclaré un montant nettement plus élevé dâ1 781 756 448 F Cfa, soit une différence nette de 257 792 556 F Cfa. Ce nâest pas du tout transparent !
Ces déclarations ont toutes deux fait lâobjet dâun ajustement, passant respectivement à 1 821 939 682 F Cfa pour la Somiva et à 1 822 148 950 F Cfa pour celle de lâEtat du Sénégal, soit une différence réduite après ajustement de 180 002 F Cfa.
Il faut plus de transparence !

Or, conformément aux dispositions du Code minier, chaque société exploitante doit verser au minimum 0.5% de son chiffre dâaffaires au titre de la redevance minière à la collectivité dâaccueil.
Ainsi, le montant retenu pour chaque année dâexercice devra alimenter :
- â Un Fonds dâappui au secteur minier à hauteur de 20% de ses recettes ;
- â Un Fonds dâappui au développement local ;
- â Un Fonds de péréquation et dâappui aux collectivités territoriales dont la quote-part est fixée également à 20% de ses recettes.
En outre, chaque société exploitante doit assumer pleinement sa Responsabilité sociétale et environnementale (Rse), et procéder à la réhabilitation des sites miniers et carrières après exploitation.
Mais, pour ce faire, chaque société exploitante devait mettre en place dès le début de son activité dâexploitation, un Plan de développement local (Pdl) et un Plan de gestion environnemental (Pge).
Rien de tout ça nâa été fait ni respecté par les sociétés exploitantes.
Nous invitons les sociétés exploitantes, notamment la Somiva et la Serpm Sa, à :

- â Régulariser leurs situations par rapport aux redevances minières dues aux collectivités locales pour chaque année dâexercice depuis lâannée 2011 pour la Somiva et de 2010 à 2021 pour la Serpm Sa ;
- â Procéder à lâindemnisation des terres occupées et exploitées conformément aux dispositions du Code minier ;
- â Verser une indemnité de trois milliards (3 000 000 000) F Cfa aux trois villages impactés des communes de Ndenndory, dâOunare et dâOrkadiere.
- â Si par extraordinaire ces sociétés avaient versé toutes les redevances minières dues à lâEtat du Sénégal, il appartient alors à lâEtat du Sénégal de reverser de manière effective ces redevances minières acÂquitÂtées aux collectivités locales.
Aussi, nous demandons à lâEtat du Sénégal et aux autorités compétentes de :

- â Régulariser ses états de reversement des redevances minières dues aux collectivités locales de Ndenndory, Ounare et Orkadiere pour chaque année dâexercice dâexploitation depuis lâannée 2010 ;
- â Construire un hôpital de niveau 2 pour le traitement et le suivi des malades infectés ;
- â Octroyer une Couverture maladie universelle à toutes les populations impactées ;
- â Installer une usine de transformation et de production sur place ;
- â Garantir la formation professionnelle en créant un centre de formation professionnelle et promouvoir lâemployabilité des jeunes et des femmes.
Dr Yaya KANE DIALLO
Président de lâAssociation des populations impactées de la mine de phosphates de Ndenndory «Njolten hujjaaji men»













