Seuls 35 des 76 instruments juridiques de lâUnion africaine sont mis en Åuvre par les Etats membres, 59 autres devant être ratifiés au préalable, a indiqué la juriste sénégalaise Ndiémé Dieng.Â
« Pour le moment, il y a au total 76 instruments juridiques dans lâUnion africaine, seulement 35 sont entrés en vigueur », a indiqué Mme Dieng, ancienne collaboratrice au Bureau du conseiller juridique de lâUnion africaine intervenant.Â
Elle intervenait lors dâun atelier renforcement de capacités sur les instruments juridiques de lâUnion africaine, une rencontre de trois jours ouverte mardi à Dakar et à laquelle participent des journalistes du Burkina Faso, de la Tunisie et du Sénégal.Â
Cette rencontre sâinscrit dans le cadre du projet intitulé « Accélérer la ratification et la domestication des traités de lâUnion africaine », dont la phase pilote est mise en Åuvre dans neuf pays africains, le Burkina Faso, le Kenya, le Mozambique, Sao Tomé et Principe, le Sénégal et la Tunisie.Â
Dans sa communication axée sur les traités de lâUnion africaine, elle a expliqué que 17 de ces textes de lâorganisation continentale « sont des statuts qui sont entrés en vigueur après leur adoption par la Conférence des chefs dâEtat et de gouvernement, contre 59 qui exigent une ratification par les Etats membres et 24 ne sont pas encore en vigueur faute dâun nombre de ratification suffisant ».

 Les traités en question « constituent un cadre de mise en place de politiques pour lâélaboration et la promotion de valeurs communes sur le continent », a-t-elle dit, en évoquant les différentes étapes par lesquelles doit passer un traité, lâadoption, la signature, la ratification, lâentrée en vigueur et la mise en Åuvre.Â
« Câest pourquoi, les traités prennent en moyenne 5 ans pour être ratifiés. Pour le moment, seul lâActe constitutif de lâUnion africaine (UA) a été ratifié par tous les Etats membres », a indiqué Ndiémé Dieng.
 « Par exemple, malgré un taux croissant, le rythme de ratification reste faibleââ, a-t-elle poursuivi, soulignant que « tous les traités adoptés de 2012 à ce jour ne sont pas entrés en vigueur, à lâexception de lâAccord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine, des statuts et des lois-types qui sont entrés en vigueur après leur adoption par la Conférence » des chefs dâEtat.Â
Concernant les blocages de la ratification de ces traités, elle a indiqué que si ces textes « doivent impliquer un changement des lois internes ou de la Constitution dâun pays, cela peut prendre beaucoup de temps ».Â
Elle déplore que « pour lâinstant, il n y a aucun mécanisme de suivi pour contraindre un Etat membre de lâUnion africaine à la ratification dâun traité.
Seule la volonté politique de lâEtat peut aider à faire vite », selon la juriste. Toutefois, des initiatives dâassistance technique sont proposées aux Ãtats membres confrontés à des défis en matière de signature et de ratification des traités de lâOUA/UA.Â
Il sâagit aussi de mener des visites de sensibilisation et de travail auprès des Ãtats membres, de soutenir et plaider en faveur de lâallocation de ressources adéquates par les organes délibérants pour les campagnes de signature, de ratification et de mise en Åuvre des traités de lâOUA/UA.Â

Ces initiatives concernent aussi la finalisation du processus de révision des traités de lâOUA/UA par la Commission de lâUnion africaine sur le droit international (CUADI) ainsi que les programmes de renforcement des capacités en matière dâélaboration et de mise en Åuvre des traités.Â
Parmi ces traités, il y a la Charte africaine des droits de lâhomme et des peuples, la Charte africaine de la jeunesse, la Charte africaine des droits et du bien-être de lâenfant, mais aussi le protocole de Maputo, de même que la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, entre autres instruments législatifs.













