Dakar, Sénégal – 5 Points Clés : Gestion Macky Sall vs. Diomaye Faye 2024. Comparer douze années de pouvoir aux premiers mois d’un nouveau régime peut sembler prématuré, et pourtant, c’est l’exercice auquel se livre tout un pays. D’un côté, le « Plan Sénégal Ãmergent » de Macky Sall, avec ses autoroutes, son train express et sa dette abyssale. De l’autre, le « Projet » patriotique de Bassirou Diomaye Faye, qui promet souveraineté, audits et une baisse drastique du coût de la vie. Cet article ne se veut pas un verdict, mais un éclairage nécessaire. Nous allons mettre face à face les deux visions, les premiers actes et l’héritage pour répondre à la question fondamentale : la nouvelle trajectoire politique peut-elle réellement alléger le fardeau qui pèse sur les épaules de la population ?
Sall vs. Faye : Le duel qui va sceller le destin du Sénégal.

Le 2 avril 2024, le Sénégal tournait une page de son histoire. Après douze années de pouvoir, Macky Sall cédait son fauteuil à Bassirou Diomaye Faye, porté par une vague de désir de changement incarnée par le slogan « Diomaye mooy Sonko ». Mais au-delà de l’effervescence politique, une question brûle les lèvres de millions de Sénégalais : leur quotidien va-t-il réellement changer ? Entre le bilan macro-économique impressionnant mais à la croissance peu inclusive de Macky Sall et les promesses de rupture et de justice sociale du nouveau régime, le peuple attend des actes. Cet article plonge au cÅur de la comparaison inévitable, non pas pour juger après quelques mois, mais pour éclairer les trajectoires et les défis.
5 Points Clés : Gestion Macky Sall vs. Diomaye Faye 2024

Après avoir posé les bases d’un débat national qui consume toutes les conversations, des marchés de Sandaga aux salons feutrés de Fann, il est crucial de dépasser l’émotion pour toucher aux faits. Cette analyse ne se veut ni un procès ni une apologie, mais un miroir tendu au Sénégal. Nous allons décortiquer, point par point, les politiques menées durant les douze années de l’ère Macky Sall face aux premières décisions et à la vision portée par le tandem Diomaye-Sonko. Du panier de la ménagère à la dette publique, en passant par la justice et les libertés, comment le « Plan Sénégal Ãmergent » se compare-t-il au « Projet » de Pastef ? Le changement de régime est-il synonyme de changement de vie pour le Sénégalais lambda ? C’est le voyage au cÅur du pouvoir et de ses conséquences que nous vous proposons.
1. Le Panier de la Ménagère : Le Nerf de la Guerre

La souffrance la plus palpable pour la population reste la cherté de la vie. Sous Macky Sall, malgré une stabilité macro-économique vantée, les prix des denrées de première nécessité n’ont cessé de grimper, étranglant les ménages à faible revenu. L’inflation, aggravée par les crises mondiales (Covid-19, guerre en Ukraine), a rendu le quotidien insupportable pour beaucoup.
L’ère Macky Sall (2012-2024) : Le gouvernement a souvent eu recours à des subventions et des blocages de prix, des mesures jugées insuffisantes et coûteuses pour le budget de l’Ãtat. La perception générale était celle d’une déconnexion entre les grands projets d’infrastructure et les préoccupations immédiates du citoyen.
Les débuts de Diomaye Faye (depuis mars 2024) : La première mesure phare du nouveau gouvernement a été l’annonce d’une baisse des prix sur des produits de grande consommation comme le riz, l’huile et le sucre. Une action symbolique forte, saluée par la population. Cependant, le défi est immense : comment rendre cette baisse durable sans creuser le déficit budgétaire ? La réponse se trouverait, selon le nouveau pouvoir, dans la renégociation des contrats (miniers, pétroliers, de pêche) et la lutte contre la corruption pour dégager de nouvelles marges de manÅuvre.
Conseil : Pour évaluer l’impact réel, comparez le prix de votre panier de courses type (1kg de riz brisé, 1L d’huile, 1kg de sucre, pain) entre février 2024 et aujourd’hui. La différence est-elle significative pour votre budget ?
2. Dette et Grands Projets vs. Souveraineté et Justice Sociale

La vision de développement des deux présidences semble diamétralement opposée, du moins sur le papier.
L’héritage de Macky Sall : Le « Plan Sénégal Ãmergent » (PSE) a radicalement transformé le visage du Sénégal avec des autoroutes, le pont de Foundiougne, le TER, et la nouvelle ville de Diamniadio. Un bilan visible, concret. Le revers de la médaille ? Une dette publique qui a explosé, passant de 35% du PIB en 2012 à plus de 75% en 2023. Les critiques pointent un développement à deux vitesses qui a laissé sur le bas-côté une grande partie de la jeunesse et des régions rurales.
La promesse de Diomaye Faye : Le « Projet » de Pastef prône une rupture. L’accent est mis sur la souveraineté économique, la renégociation des contrats jugés léonins, et un investissement massif dans les secteurs primaires (agriculture, pêche) pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et créer des emplois locaux. Les premières semaines ont été marquées par des audits et des annonces de réformes de la gouvernance. L’enjeu est de prouver que cette nouvelle approche peut générer de la richesse rapidement pour financer les promesses sociales.
Astuce : Suivez les annonces du gouvernement sur les audits des secteurs miniers et énergétiques. C’est de là que pourraient provenir les futurs financements des programmes sociaux.
3. Emploi des Jeunes : Entre Espoirs et Réalités
Avec plus de 60% de la population ayant moins de 25 ans, l’emploi des jeunes est la bombe à retardement que chaque régime doit désamorcer.
Sous Macky Sall, des programmes comme le DER (Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide) ou les « emplois d’urgence » ont été lancés. Si des milliers de jeunes en ont bénéficié, ces initiatives ont été critiquées pour leur manque de pérennité et leur clientélisme politique présumé. Le chômage et le sous-emploi sont restés endémiques, alimentant la frustration et le phénomène de l’émigration clandestine (« Barça ou Barsakh »).
L’équipe de Diomaye Faye a fait de l’emploi son cheval de bataille, promettant des centaines de milliers d’emplois grâce à une transformation structurelle de l’économie. Pour l’instant, les actions concrètes se font attendre, le gouvernement demandant de la patience pour assainir les finances avant de lancer de grands programmes. Le risque est que l’impatience de la jeunesse, qui a massivement voté pour le changement, ne se transforme en désillusion.
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4. Gouvernance et Justice : La Rupture Attendue

C’est peut-être le point de rupture le plus symbolique. La fin du mandat de Macky Sall a été marquée par de fortes tensions politiques, des arrestations d’opposants (dont Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye lui-même) et des accusations d’instrumentalisation de la justice. Cette crispation a été un facteur clé de la défaite de son camp.
Le nouveau pouvoir s’est engagé à une réforme profonde du système judiciaire pour garantir son indépendance et à lutter sans merci contre la corruption. La libération des « détenus politiques » a été un premier signal fort. Le prochain test sera le traitement des rapports des corps de contrôle (Cour des Comptes, IGE) et l’éventuelle mise en place d’une traque des biens mal acquis. Le défi est de mener cette opération « mains propres » sans donner l’impression d’une chasse aux sorcières.
Conclusion : Le Temps, Juge de Paix
Comparer douze ans de pouvoir à quelques mois d’exercice serait intellectuellement malhonnête. L’ère Macky Sall a laissé un héritage de bâtisseur, mais aussi le fardeau d’une dette colossale et d’une fracture sociale profonde. L’ère Diomaye Faye s’ouvre sur une immense page d’espoir, portée par une volonté de rupture radicale avec l’ancien système.
Cependant, les souffrances de la population n’attendent pas. Le nouveau gouvernement est sur une corde raide : il doit agir vite pour soulager le quotidien des Sénégalais, tout en menant des réformes structurelles dont les effets ne se verront qu’à long terme. La réussite de ce mandat se mesurera à sa capacité à transformer l’espoir né des urnes en améliorations concrètes et durables dans la vie de chaque citoyen.
Et vous, quel est votre avis sur les premiers mois du président Faye comparés à la gestion de son prédécesseur ? Partagez votre opinion dans les commentaires !













