Tenez-vous bien ! Israël interdit les exportations agricoles palestiniennes « via » la Jordanie, la mesure est entrée en vigueur ce dimanche 9 février. Elle risque dâaffecter la plupart des agriculteurs palestiniens.
Tous les produits agricoles palestiniens sont concernés â les fruits, les légumes, dont deux produits phares de lâagriculture palestinienne : les dattes et l’huile dâolive. Ils ne pourront plus être exportés à lâétranger via le pont dâAllenby, par la Jordanie.
Le point de passage qui est contrôlé par Israël, et par lequel passent les produits avant dâêtre acheminés vers le reste du monde, vient d’être interdit.
Israël, bloque près de 80% des exportations agricoles palestiniennes
Et les autorités israéliennes avaient déjà bloqué lâaccès de ces produits palestiniens en Israël, là où ils pouvaient être acheminés vers le reste du monde.

Câest donc un coup dur pour les agriculteurs palestiniens, car cela met fin à toute forme dâexportation.
Près de 80% des exportations agricoles palestiniennes sont destinées à Israël.
En 2019, l’autorité palestinienne a exporté lâéquivalent de 133 millions dâeuros.
Une mesure dramatique, estime Saeb Bamya, ancien vice-ministre de l’Ãconomie de l’Autorité palestinienne :
« Interdire même les exports, câest un désastre pour les agriculteurs. Les noix, les dattes, cela représente la grande majorité des exportations palestiniennes â et câest le moment idéal pour exporter vers les pays arabes, juste quelques mois avant le ramadan. Câest une question de jours maintenant : si les agriculteurs ne peuvent pas exporter, ils vont perdre beaucoup. Et cela représente des millions de shekels (ndlr : des millions dâeuros). »
Cela confirme aussi lâescalade de la guerre commerciale entre Israéliens et Palestiniens qui a commencé en octobre dernier.
Cette mesure est une réponse au boycott palestinien des veaux venant dâIsraël.
Les Israéliens fournissaient aux Palestiniens 140 000 têtes de bétail par an, soit un revenu estimé à plus de 250 millions dâeuros.
Le boycott des fruits, des légumes et de boissons israéliennes, lui, date de la semaine dernière.

Le bureau du ministre de la Défense israélien l’a précisé : cela fait partie des sanctions qu’Israël impose aux Palestiniens après cette limitation dâimportation décidée par l’Autorité palestinienne, il y a 5 mois.
Selon le Cogat, lâorgane israélien chargé des opérations civiles dans les Territoires palestiniens, ce boycott aurait « gravement nui » aux éleveurs de bétail.
« Les sanctions sont échelonnées et renforcées », continue-t-il, « tant que le boycott et la crise ne seront pas résolus ».
Mais Saeb Bamya préfère ne pas parler de guerre commerciale. « Ce nâest pas politique cette fois. Nous nâavons pas commencé de guerre. Où sont les principes du commerce international ? La concurrence loyale ? »
Et ce sont aux gouvernements de prendre leurs dispositions, ajoute-t-il, pour éviter que chacun des deux côtés ne soit perdant.













