Aïda Coly, 16 ans se livre à des confidences étranges sur sa vie sexuelle. « Ma mère me contraignait à coucher avec des hommes pour un bol de riz », a-t-elle larmoyé devant nos radars qui ont suivi les traces de nos confrères de Seneweb(Aïda Coly).
L’adolescente a fait cette confidence dans un secret bien aménagé en toute sécurité. A vos marques, attachez vos ceintures , prenez vos stylos , blocs notes et partons à la découverte ludique …

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Située dans la banlieue dakaroise, plus précisément à Guédiawaye, la Maison rose accueille les jeunes filles et femmes en détresse. Celles qui nâont jamais connu la vie en rose. Des filles de la rue, des fugueuses abusées par la vie. Kafunel.com vous livre ici les témoignages de quatre jeunes filles-mères qui ont vécu lâenfer avant de rejoindre la Maison rose. La voie du salut ! De la renaissance.
Aïda Coly, 16 ans : « Ma mère me contraignait à coucher avec des hommes pour un bol de riz »
« Je mâappelle Aïda Coly. Jâai 19 ans et je suis célibataire et mère dâun garçon de 4 ans. Cela fait plus dâun an que je vis à la Maison rose sise à Guédiawaye (Dakar). Je mây suis réfugiée à cause des problèmes que jâai eus avec ma famille à Ziguinchor.
Tout est parti de la relation quâavaient mes parents. Il sâest trouvé que mes grands-parents maternels étaient contre cette idylle, dâautant plus quâils ne voulaient absolument pas donner la main de leur fille à un chrétien.

Le viol, un couteau à double tranchant
Malheureusement, je suis née de cette relation hors mariage. Mon père a refusé de me reconnaître et nous a abandonnées, ma mère et moi.
Mon grand-père, ne pouvant supporter ce déshonneur, nous faisait subir toutes sortes de maltraitances. Cette dernière se cachait pour mâallaiter. Pour échapper à toutes ces violences, elle sâest rendue en Guinée-Bissau. Ma mère me poussait à la prostitution pour quâon puisse survivre.
Elle me contraignait à coucher avec des hommes pour un bol de riz. Jâétais une jeune fille déboussolée, sans repère. Je fumais même de la cigarette. Je suis tombée enceinte suite à un viol à lââge de 15 ans.
Ma (Aïda Coly) mère a voulu attribuer la paternité de la grossesse à un homme que je nâavais jamais connu. Câétait la seule voie quâelle avait trouvée pour sortir de la misère. Mais, je nâai pas voulu la suivre.
Entre-temps, on nous avait chassées de la maison où nous vivions. On sâest retrouvées dans la rue. Cette situation a complètement affecté ma mère.
Elle sâest jetée dans la prostitution. Elle couchait avec des hommes et me disait quâelle ne peut pas rester une journée sans faire lâamour. Pis, elle me bastonnait alors que jâétais en grossesse avancée(Aïda Coly).
Je lâai quittée parce que je nâétais plus en sécurité auprès dâelle. Si ma mère sâest retrouvée dans cette situation, câest à cause de la lâcheté de mon père qui nâa pas voulu assumer ses responsabilités. A cause de lui, jâai une haine viscérale envers les hommes ».
Fatou Fall, 16 ans : « Je collectionnais des copains par-ci et multipliais les sorties nocturnes par-là »
« Jâai 16 ans. Je suis une mère-célibataire qui a intégré la Maison rose il y a juste un an. Jâhabite aux Parcelles assainies mais câest ma mère qui mâa amenée ici après mon accouchement. Elle voulait mâépargner les commérages du voisinage sur ma grossesse non désirée.
En fait, mes parents sont divorcés. Je vivais avec ma mère et mes grandes sÅurs mais je ne leur vouais aucun respect. Je faisais ce que bon me semblait. Je me considérais comme la plus belle fille du quartier.

Fatou (« Toufah ») Jallow, photographiée avec le président gambien Yahya Jammeh à Banjul le 24 décembre 2014,
Jâadorais me faire belle pour me promener dans le quartie,r dans lâunique but dâattirer le regard des garçons. Je croquais la vie à pleines dents. Je collectionnais des copains par-ci et multipliais les sorties nocturnes par-là (Aïda Coly).
Malheureusement, les choses se sont très mal passées au final. Je suis tombée enceinte. Une triste nouvelle pour ma famille et surtout, pour ma mère(Aïda Coly).
Elle était certes déçue car jâétais sa fille cadette, mais elle a décidé de me soutenir dans ces durs moments. Ce qui nâa pas été le cas de mon père, alors que je ne vivais même pas sous son toit.
Quand il a appris la nouvelle, il a attaqué ma mère en rejetant toute la faute sur elle. Selon lui, la responsabilité incombe à ma mère qui nâa pas su me donner une bonne éducation. Jâétais outrée par sa réaction.
Quant à mon copain, il a accepté la paternité de lâenfant. Dâailleurs, on a un projet de mariage. Il vient me rendre visite tous les week-end. Jâai beaucoup appris dans cette maison. Grâce à la Maison rose, jâai appris la couture.
Je vais pouvoir monnayer mes talents à lâextérieur afin de gagner ma vie décemment, sans dépendre de qui que ce soit ».(Aïda Coly)
Astou Ndiaye, 21 ans : « Mon beau-père mâa violée et a tenté de mâégorger »
« Mon nom est Astou Ndiaye et jâai 21 ans. Je suis venue à la Maison rose parce que jâavais des problèmes avec mon père et certains membres de sa famille. Il faut dire que mes parents ont divorcé depuis très longtemps.
Quand ma mère sâest remariée, on a déménagé à Kébémer chez mon beau-père. Ce dernier mâa violée alors que je nâavais que 16 ans et a tenté de mâégorger.
Jâai toujours les cicatrices sur la gorge. Un an plus tard, je suis tombée enceinte dâun autre individu.
Câest sur ces entrefaites que mon père a demandé à ce quâon mâamène chez lui à Keur Massar. Là encore, je devais faire face à des difficultés à cause de sa femme. Mon pater ne mâadressait plus la parole (Aïda Coly).

Le viol, un couteau à double tranchant
Trois jours après mon accouchement, il mâa expulsée de la maison. Je me suis rendue par la suite chez ma tante à Louga. Jây ai fait la connaissance dâun homme. Je lui ai expliqué mon passé. On filait le parfait amour et on se faisait confiance.
Malheureusement, je suis tombée enceinte à nouveau. Ne pouvant me confier à ma tante, jâai choisi de rentrer à Dakar (Parcelles assainies) chez mon oncle, en gardant le secret. Jâattachais mon ventre pour cacher la grossesse.
Le secret a été découvert au septième mois. Mon copain a reconnu la paternité du bébé et il avait promis de demander ma main le jour du baptême, avant de revenir sur sa promesse. Il nâa plus donné signe de vie(Aïda Coly).
Mon oncle nâa pas supporté ce revers et mâa chassée de sa maison. Me retrouvant ainsi toute seule, mineure, avec deux enfants et sans toit, jâai été orientée vers la Maison rose.
Depuis lors, jây vis avec mes deux enfants. Je fais une formation en restauration. Aujourdâhui, je peux dire que jâai appris de mes erreurs ».
Mariama Diagne, 18 ans : « Jâétais lâobjet sexuel de mon grand-père paternel »
«Je mâappelle Mariama Diagne*. Jâai 18 ans. Je vivais avec ma grand-mère paternelle suite au divorce de mes parents. Je ne respectais pas ma tutrice. Je ne me fiais quâà mon instinct. Elle mâinterdisait les boites de nuit mais je faisais fi de ses interdictions.
Jâattendais quâelle soit au lit pour escalader le mur de la maison et aller en boîte pour ne rentrer quâà lâaube. Jâai arrêté mes études en classe de quatrième, avant de devenir masseuse.
Jâexerçais dans un cabinet qui se trouve à Ngor. Jâavais menti sur mon âge pour y être recrutée. Je leur avais dit que jâavais 18 ans alors que je nâen avais que 16. Je nâavais fourni aucune pièce justificative.

Le viol, un couteau à double tranchant
On me payait mensuellement 70 000 FCFA et je rentrais chez moi que deux fois dans le mois. Cependant, je ne faisais pas de massage, câest-à -dire des rapports sexuels après le massage.
On nous lâinterdisait. Mais, en dehors du cabinet, je couchais avec tout homme qui me plaisait. Jâétais accro au sexe. Jâai perdu ma virginité très tôt à cause de mon grand-père paternel. Jâétais son objet sexuel. Il me faisait des attouchements.
Une de mes tantes lâa même surpris sur moi un jour, mais elle a rejeté tout le tort sur moi. Jâétais considérée comme une jeune fille provocatrice.
Quand je suis tombée enceinte, je vivais lâenfer chez ma grand-mère. Je ne pouvais plus supporter les maltraitances quotidiennes quâon me faisait subir. Jâai alors décidé de quitter la demeure. Jâai été recommandée à la Maison rose.
Jâétais à 7 mois de grossesse. Jâai accouché dâun garçon qui, aujourdâhui, a 8 mois. Avec le recul, je regrette vraiment mon passé. Jâétais une jeune fille insouciante mais avec la Maison rose, jâai appris quâon ne doit pas vivre aveuglément ».(Aïda Coly)
*Les prénoms et noms utilisés sont fictifs












