Les masques improvisés s’en sortent beaucoup moins bien que les autres. Voici les différents types de masques classés par efficacité.
COVID – à vos masques, prêts, portez?
Alors que les indicateurs repartent depuis plusieurs semaines à la hausse pour les contaminations au coronavirus, en particulier en Ãle-de-France, de nombreuses municipalités ont décidé dâimposer à nouveau le port du masque dans lâespace public, y compris dans les rues.
Cette fois, pas de pénurie, mais au contraire une certaine variété: du masque chirurgical au tissu en passant par le âDo it yourselfâ, les Français déjà habitués à se protéger dans les lieux fermés peuvent faire leur choix.
Mais attention, nâimporte quel morceau de tissu ne fera pas forcément lâaffaire: comme vient de le démontrer une étude menée par des chercheurs de lâuniversité de Duke (Ãtats-Unis), un mauvais choix pourrait même augmenter le risque de transmission du virus (voir la vidéo en tête dâarticle)!
Parue dans la revue Science Advances le 7 août, lâétude compare lâefficacité de 14 masques différents, parmi lesquels, à nâen pas douter, se trouve le ou les vôtres.
Masque N95, masque chirurgical, masque en coton de taille et de forme différentes, mais aussi bandana et tour de cou en fibre polaire, deux accessoires faciles à placer devant sa bouche. Et les résultats jettent un coup de froid sur ces barrières improvisées.
Le N95 champion toutes catégories
Les scientifiques ont retenu deux critères pour mesurer lâefficacité des masques: le nombre de postillons traversant la barrière de tissu, et leur taille, alors quâune phrase est prononcée par un cobaye. La phrase ici est âStay healthy, peopleâ, soit en Français âRestez en bonne santéâ.
Sur ces deux critères, le masque respirateur N95 sâen sort sans surprise avec la médaille dâor. Moins dâun millième des postillons arrivent à passer la barrière du masque, durant toute la durée où la phrase est prononcée.
La deuxième place revient sans discussion aux masques chirurgicaux qui, portés correctement, filtrent 99% des projections. Ensuite, assez loin derrière, arrivent les masques lavables, quâils sâachètent dans le commerce ou soient fabriqués à la maison.
Masques Covid-19 Classés selon leur efficacité
Ces derniers sâéchelonnent dâun confortables 95% de filtration, pour les masques réutilisables comportant trois couches coton-polypropylène-coton, a un plus fragile 66% pour les masques tricotés en laine.
Votre masque réutilisable se trouve vraisemblablement dans cette zone, tous comme les âmasques barrièreâ à faire soi-même recommandés par lâAFNOR.
Ces chiffres démontrent, sâil en était besoin, quâil ne suffit pas dâavoir un masque, mais quâil faut aussi que votre voisin sâen munisse pour le risque de transmission soit au plus bas.
A lire aussi LâONG CRS offre plus de 30 mille masques à Diourbel (Centre)
En bas de lâéchelle, les mauvais élèves sont le célèbre bandana, et le fort utile cache-cou en fibre polaire. Le premier offre un taux de filtration de 50%, avec une barrière particulièrement poreuse en début de phrase, lorsque lâon souffle particulièrement fort contre le tissu en parlant.
Il offre donc une protection limitée, qui en fait une protection acceptable à défaut dâautre chose (notamment lorsque les masques étaient indisponibles), mais à remplacer dès que cela est possible.
Le tour de cou, la catastrophe
Lâusage du tour de cou est quant à lui bien moins défendable, même lorsquâaucune autre option nâest disponible. Si lâaccessoire semble naturellement indiqué, puisquâon le met parfois sur la bouche pour se protéger du froid, il nâen est rien.

Les mesures de lâuniversité de Duke indiquent que le vêtement ne fait pas baisser le nombre des postillons dans lâair…mais augmenter.
Comment est-ce possible?
La fibre synthétique, estiment les chercheurs, divise les particules à défaut de les filtrer. Résultat, là où les masques en tissu laissent passer des postillons de toutes tailles en faible nombre, le tour de cou bloque les âgrosâ…pour laisser un tiers de plus que lorsque lâon parle sans aucune protection.
Des particules fines et très nombreuses, ce nâest vraiment pas une bonne nouvelle, comme nous lâont appris les études dès ces derniers mois sur la transmission de SARS-CoV-2 dans lâair.
Les particules les plus petites sont en effet les plus légères, donc celles qui restent le plus longtemps dans lâair. Or si la question dâune transmission aérosol se pose, la contagion par les gouttelettes est quant à elle avérée.
On gardera donc le tour de cou en fibres polaires pour protéger son cou, ce qui après tout nâa rien dâinsensé.












