Le Front Populaire Ivoirien est, comme le Front National français, un front de guerre. En politique, la dénomination partisane de front renvoie à une définition du combat politique comme combat de type militaire. Elle signifie un positionnement et une ligne dâaffrontement contre des ennemis à anéantir, et non pas contre des adversaires-partenaires avec lesquels négocier et passer des compromis.
 Le Front National français est récemment sorti du front, autrement dit de lâopposition frontale qui récuse les compromis, parce quâil aspire à sâinscrire dans la République et exercer le pouvoir dâEtat. Il a compris le message des Français qui lui fut délivré de manière cinglante au 2ème tour de la présidentielle.
Il envisage dâentrer dans le rassemblement, afin de pouvoir sâadresser à tous les Français sans exclusion. On peut néanmoins en douter en raison de sa conception racialiste de la nation et de son refus de lâaltérité.
Le Front Populaire Ivoirien est, quant à lui, resté au front où tente de lây rejoindre la faction identitaire du PDCI, qui tient le langage de lâenrôlement militaire. Cette faction parle dâhommes à disposition et de moyens en sa possession pour prendre le pouvoir.
Le Front Populaire Ivoirien est resté au front parce quâil a choisi de rejeter le vote majoritaire du peuple en décembre 2010. Refusant de remettre en cause sa gouvernance désintégrante et dâassumer sa responsabilité, il a mis sa défaite sur le compte dâun complot international. Il est donc demeuré au front et dans lâopposition frontale qui récuse les compromis. Il continue dâenvisager la politique comme un combat contre des ennemis à détruire.
Il conçoit la politique comme une guerre d’extermination et d’anéantissement. Il se la représente comme un combat frontal engagé pour conquérir un Ãtat et un territoire, en vue dâen expulser les occupants définis comme envahisseurs, étrangers et indésirables.
Cette logique du Front, et cette conception de lâEtat comme pouvoir de massification, engendrèrent la dictature qui désintégra la Côte dâIvoire pendant dix ans et sâacheva logiquement par la guerre civile.
Défait dans cette bataille militaire quâil avait déclenchée du fait de sa conception de la politique et de son idéologie dâexclusion, le Front Populaire ivoirien sâest engagé dans une bataille de guérilla multiforme en attendant que sonne lâheure de la revanche.
Les factions du PDCI qui envisagent une alliance avec le Front Populaire Ivoirien sont donc prêtes à rejoindre le FPI au front pour sâengager à ses côtés, dans ses tranchées, en vue de mener une guerre politique contre des ennemis.
Dans certains journaux de ce matin, ils tiennent, à cette fin, le langage de lâenrôlement militaire. Ils parlent en termes de moyens et dâhommes à leur disposition.
Ils sâengagent en tant que supplétifs et miliciens dans les troupes de combat du FPI.
Maître du jeu, câest le Front Populaire ivoirien qui  dirige ce combat. Fidèle à sa conception de la politique comme guerre, à sa vision des alliés comme chair à canon, il nâhésitera pas à exécuter les traitres qui abandonneront ses tranchées.
Le destin des identitaires du PDCI qui sâillusionnent dans ce combat perdu dâavance est donc connu dâavance pour deux raisons qui tiennent à la nature hégémonique du FPI et à la position du peuple majoritaire ivoirien.
Du fait de cette nature autocratique face à un pouvoir dont le FPI sâestime dépositaire, il ne sera pas permis à ses supplétifs dâexercer le pouvoir, à moins de se contenter de miettes. La seconde raison est la plus décisive et la plus déterminante.
Assagi par lâexpérience et par le bilan calamiteux du FPI en matière de gouvernance, le peuple majoritaire nâest pas prêt à sâengager dans cette aventure irresponsable.
Représentant de lâHouphouëtisme, de son idéologie humaniste, sa vision programmatique et sociétale, la majorité des dirigeants du PDCI récuse cet aventurisme qui met en péril lâunité et la stabilité politique de la Côte dâIvoire.Â
Aile authentiquement démocratique et républicaine du PDCI, la ligne Adjoumani-Dunkan nâest pas séduite par la posture souverainiste et démocratique du Front Populaire Ivoirienne, qui nâest que lâanalogue du Front National français. Par principes et par conviction, cette ligne houphouëtiste du PDCI récuse le FPI.
Appelant faussement au rassemblement des Ivoiriens sous sa bannière, pour sauver selon lui une Côte dâIvoire en péril, le Front Populaire Ivoirien reproduit la démagogie du Front National français qui ne peut en aucun cas rassembler en raison de sa conception racialiste de la société, de son refus de lâaltérité et de sa vision communautaire de la nation. Appelant au rassemblement des Ivoiriens, le Front populaire ivoirien  se tient néanmoins butté dans sa position dâopposition frontale symbolisée par le boycott indéfini.
Cette contradiction signifie lâimposture de ce parti qui partage avec le Front National Français lâADN politique du nationalisme identitaire xénophobe et du populisme.
Il en est le clone ivoirien. Lâirrésistible attraction du PDCI identitaire pour cet archétype du communautarisme différentialiste et du national-populisme en Côte dâIvoire sâexplique par cette parenté idéologique. « Tout ce qui se ressemble sâassemble dit lâadage ».
Cette sentence du sens commun légitime lâalliance démocratique, en contrepoint critique, des Houphouëtistes du RDR et  du PDCI majoritaire.













