Convoquons les faits pour comparer la gouvernance actuelle RHDP à la gouvernance précédente FPI sur le registre de la responsabilité politique de l’État envers la société

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Rappelons que l’Etat démocratique qui se définit comme service public, est par-dessus tout caractérisé par sa capacité à assumer cette responsabilité politique, à refléter la société, à être à l’écoute de ses besoins et à répondre à ses demandes.

Notons que dans les dictatures et les despotismes, l’État est une puissance de tutelle et de répression de la société. Il impose son arbitraire à la société et oppose une fin de non recevoir aux demandes de cette dernière.

Dans les démocraties républicaines au contraire, l’État est dans une relation d’interaction  symbiotique avec la société. En sa forme plénière, il se réalise comme État-providence.

Relativement à l’histoire de l’Afrique, la problématique politique majeure  est d’abroger, l’arbitraire, la brutalité et l’irresponsabilité de l’État qui caractérisa les dictatures et les despotismes post-coloniaux.

Il s’agit désormais de construire dans nos corps politiques, un État de droit qui soit en interaction de responsabilité et d’écoute réciproque avec la société. Il s’agit de construire un Etat qui répond pleinement de la société et qui ne se défausse pas sur des tiers.

Cette exigence continentale, définit un critère d’évaluation à partir duquel la gouvernance du RHDP et celle du FPI peuvent être comparativement appréciées dans des situations historiques concrètes.

 Placés devant les situations sociopolitiques qui forment la substance de toutes les démocraties pluralistes, le RHDP et le FPI ont eu des réactions antithétiques relativement au critère de responsabilité politique.

Face aux mouvements sociaux, à la contestation, à l’interpellation du gouvernement, aux mouvements de revendication des droits et des intérêts corporatifs, le gouvernement RHDP a répondu par la négociation et le compromis selon le Droit comme,  comme l’exige une démocratie républicaine pluraliste. Au contraire, conformément à sa vision autocratique du pouvoir,  le gouvernement FPI a répondu quant à lui, par la répression militaire et le refus du compromis selon le principe de violence et d’arbitraire.

Le RHDP a donc assumé sa responsabilité politique. Il a considéré les mouvements sociaux selon leur nature.  Il les a pris pour qu’ils sont: des revendications légitimes de droits et d’intérêts corporatifs. Il leur a proposé une réponse politique institutionnelle. Le gouvernement FPI a au contraire considéré ces mouvements sociaux comme des mouvements de contestation politique du régime et leur a opposé une réponse anti-politique.

Insoucieux de sa responsabilité politique envers la société, le gouvernement FPI mobilisa régulièrement la répression et la brutalité pour rejeter les contestations de la société. Celles-ci furent traitées sur le registre militaire et sécuritaire comme des actions de sédition et de contestation du régime.

Le principe de responsabilité politique est, au contraire une constance de la gouvernance du RHDP qui l’assume dans des situations historiques concrètes. Il a récemment répondu aux interpellations de la société civile relativement à la problématique des déguerpis de la SICOGI. Il s’est impliqué selon son périmètre légal  en appelant à une résolution de cette question selon le droit. Il en a appelé à un traitement judiciaire équitable qui respecte les intérêts de toutes les parties de ce contentieux.

Le régime FPI avait, en son temps, déguerpi sans ménagement, dans une brutalité paroxystique, les quartiers précaires arbitrairement définis comme repaires des rebelles. Il avait affiché son indifférence au sort des catégories fragiles de la société qui furent accusés d’être les complices de la rébellion.

Face à la récente révolte de certaines factions de l’armée réclamant un paiement d’arriérés de solde, le gouvernement RHDP, assumant sa responsabilité politique concernant  l’intégrité des populations et la stabilité du pays,  préféra la négociation et le compromis à la confrontation militaire et au déploiement de la violence absolue.

En 2002 face à la rébellion d’une certaine partie de l’armée pour cause de discrimination ethnique, selon les dires des auteurs, le gouvernement FPI qui s’est toujours situé dans la belligérancerefusa de négocier et de dialoguer. Il donna la priorité à la répression en mobilisant le complotisme et engagea la guerre qui fit des milliers de mort dans le pays.

Au contraire, refusant de mettre l’intégrité de la population et des infrastructures du pays en péril, le gouvernement RHDP a toujours opposé depuis 2011, une réponse judiciaire dans le droit aux provocationspolitiques, aux menées subversives et insurrectionnelles.

A cette position de responsabilité politique de la gouvernance de la gouvernance RHD s’oppose emblématiquement l’irresponsabilité politique absolue de la gouvernance FPI. Le gouvernement FPI ordonna à ses troupes de détruire et de raser les infrastructures et les équipements publics et privés du pays quand il fut convaincu en 2011 d’avoir perdu le pouvoir.

Cette indifférence envers les besoins de la société, fut ensuite  illustrée par la proclamation de l’inutilité des ponts et des routes (Cf. «  Exhibition d’infrastructures ; on ne mange pas les ponts et les routes : des éléments de langage du national-populisme en Côte d’Ivoire » cedea.net, Mai 2018) à laquelle se joignirent certaines figures emblématique du PDCI identitaire, après la guerre civile.

Cette récusation des infrastructures et des équipements publics, fut une récusation des devoirs des devoirs régaliens de l’État qui permettent d’assurer aux populations une dignité minimale des conditions d’existence. Elle fut aussi un rejet de la politique de modernisation qui permet de promouvoir l’égalité et la liberté des individus et des collectivités, de donner une réalité tangible à ces droits des populations.

Le refus des membres du gouvernement FPI d’assumer la responsabilité politique de l’État après la guerre civile fut, au final, l’expression emblématique de l’arbitraire qui caractérisa la gouvernance FPI entre 2000 et 2010.

La fétichisation du pouvoir et l’indifférence subséquente du FPI et de ses satellites relativement à la problématique de l’assurance de l’intégrité des acquis économiques, sociaux et politiques du pays dans l’alternance du pouvoir, trahit cette culture d’irresponsabilité.

Situant, au contraire, la garantie politique de cette intégrité des acquis au dessus de ses principes personnels, le chef du gouvernement RHDP prouve, de manière emblématique, que la gouvernance de cette majorité est soumise au principe de responsabilité politique. Ce principe  en constitue l’impératif catégorique. (A relire la première partie)

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