Le musée national du Soudan, qui abrite des pièces uniques des très anciennes civilisations égyptienne et nubienne, dont plusieurs dynasties pharaoniques, va faire peau neuve avec l’aide de l’Unesco et des muséographes italiens.

Après des années de laisser-aller et d’abandon le « Musée national du Soudan » va être rénové avec l’aide de l’Unesco et de l’Italie. « A partir du 1er septembre 2020 jusqu’à la fin de 2021, il sera entièrement rénové grâce à un financement italien, sous la supervision de l’Unesco et avec la collaboration des antiquités soudanaises », a déclaré à l’AFP le nouveau directeur des musées et des antiquités du Soudan, Haitem el Nour.

Ecole italienne d’archéologie

L’agence italienne pour la coopération au développement va offrir un million de dollars pour cette rénovation, a précisé M. El Nour : « Cela arrive au bon moment, car le bâtiment a vraiment besoin d’être rénové, ainsi que les présentoirs ».

Sans air conditionné et obscur, les 2 700 objets sont rangés depuis 50 ans dans des vitrines poussiéreuses, avec des légendes en arabe et anglais tapées à la machine.

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« Toutes les pièces sont originales, sauf quelques statues qui sont des copies, car les originales sont au musée de Kerma », ouvert en 2008, sur un des principaux sites antiques du pays, situé dans l’Etat du Nord, a ajouté M. El Nour.

« Avant les travaux, il va falloir sortir et entreposer tous ces trésors dans des dépôts souterrains pour les protéger de la lumière », explique la directrice du musée Ghalia Garelnabi.

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Le musée qui a ouvert en 1970, abrite des collections allant du paléolithique jusqu’à la chrétienne et l’islam, en passant par des pièces uniques des dynasties antiques égyptiennes, de Kerma, Napata, Meroé.

Le musée de Khartoum et l’espoir archéologique 

Ces anciennes bourgades, situées au centre de l’actuel Soudan, représentent l’ancienne limite de l’expansion égyptienne au Sud, comme en témoigne la stèle du pharaon Thoutmosis III (-1400 avant J-C).

Napata devient la capitale de la XXVe dynastie égyptienne qui domina du Nil bleu jusqu’à la méditerranée durant un siècle.

D’où la présence de nombreux restes archéologiques, des temples, des tombeaux, des pyramides, le tout dans un environnement désertique, mais jamais loin du Nil.

Temple du lion d'Apdemak Nubie (site de Méroé au Soudan) . Le 29 décembre 2018.
Temple du lion d’Apdemak Nubie (site de Méroé au Soudan) . Le 29 décembre 2018.

Temple du lion d’Apdemak Nubie (site de Méroé au Soudan) . Le 29 décembre 2018. (ERIC LAFFORGUE / HANS LUCAS)

Pharaons noirs

Ces citées antiques sont sur l’ancienne route commerciale reliant l’Afrique et l’Arabie à la Méditerranée. On y trouvait d’importants gisements d’or et de cuivre qui ont fait la richesse de la Nubie.

Y ont été érigées de nombreuses petites pyramides, vestiges d’une civilisation noire africaine appelée le royaume de Koush, alors connue pour ses pharaons noirs et ses matières précieuses comme l’or, l’ivoire ou l’ébène.

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« A la réouverture du musée prévue pour janvier 2022, des objets inédits seront exposés car depuis une dizaine d’années les travaux sur le terrain ont permis de découvrir beaucoup de pièces nouvelles » affirme M. El Nour qui espère que cette rénovation, favorisera le tourisme au Soudan, pays qui compte un patrimoine archéologique peu connu, loin des foules de Louxor ou de Karnak, dans l’Egypte voisine.

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