En Egypte, la pandémie enfonce les travailleurs pauvres dans la précarité

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Les travailleurs pauvres dans la précarité presque dans leur tombe de Covid-19. Des employés d’une association préparent des colis d’aide alimentaire pour les Egyptiens ayant perdu leur travail à cause de l’épidémie de Covid-19, le 5 avril, au Caire.

Accablé, épuisé, Sayed Chaaban, un journalier de 42 ans, fait la queue pour récupérer un colis alimentaire au milieu de dizaines de travailleurs cairotes, tous sans emploi à cause de l’épidémie du nouveau coronavirus.

« Vous voyez que je n’ai qu’un bras valide. Jusqu’ici, je gagnais de l’argent en servant des boissons mais, maintenant, je n’ai même plus une piastre (un centime) qui rentre », explique-t-il à l’AFP devant un centre de distribution alimentaire affilié à l’association caritative Egyptian Food Bank (EFB), au Caire (les travailleurs).

Des journaliers égyptiens font la queue devant un centre de distribution alimentaire, au Caire, le 5 avril 2020
Des journaliers égyptiens font la queue devant un centre de distribution alimentaire, au Caire, le 5 avril 2020

En Egypte, pays le plus peuplé de la Méditerranée et du monde arabe avec ses 100 millions d’habitants, près d’un tiers de la population vit avec moins de 1,5 euro par jour, selon l’agence nationale des statistiques (Capmas).

Les travailleurs / Une Egyptienne passe devant des cartons de l'association d'aide alimentaire EFB, au Caire, le 5 avril 2020
Les travailleurs / Une Egyptienne passe devant des cartons de l’association d’aide alimentaire EFB, au Caire, le 5 avril 2020

D’après les chiffres officiels, le taux (les travailleurs) de chômage atteint près de 10%, et le nombre de travailleurs du secteur informel dépasse les cinq millions de personnes dépourvues de protection sociale, comme M. Chaaban.

Ce dernier, père de deux enfants et habitant du quartier populaire de Salam city, à l’est du Caire, était serveur dans un café jusqu’à ce que la pandémie le prive de son gagne-pain à la fin du mois dernier (les travailleurs).

– « Situation urgente » –(les travailleurs)

L’Egypte a pour l’heure enregistré officiellement 1.450 cas de nouveau coronavirus, dont 94 décès.

Pour lutter contre la propagation du virus, un couvre-feu a été décrété le 25 mars et les cafés ainsi que la plupart des lieux de sociabilité ont été fermés pour plusieurs semaines.

Depuis la mi-mars, l’EFB distribue de l’aide alimentaire pour pallier les effets ravageurs de ces mesures préventives sur les foyers les plus pauvres.

L’association (les travailleurs) prépare 10.000 colis de denrées de base par jour, selon son directeur, Mohsen Sarhan. 

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Constitués de riz, de pâtes, de sucre, d’huile et de conserves de viandes, les colis sont distribués à des centaines de milliers de familles en difficulté.

Via un réseau de 5.000 associations partenaires réparties sur l’ensemble du territoire, l’organisation, basée au Caire, a prévu un premier lot de 500.000 colis dans les 27 gouvernorats d’Egypte.

Des Egyptiens avec des masques de protection font la queue devant un centre d'aide alimentaire, au Caire, le 5 avril 2020
Des Egyptiens avec des masques de protection font la queue devant un centre d’aide alimentaire, au Caire, le 5 avril 2020

Bien que l’EFB ait reçu des millions de livres égyptiennes de dons au cours du mois écoulé, elle croule sous les demandes d’aide (les travailleurs).

« Nous devons nourrir des centaines de milliers de personnes durant plusieurs semaines. C’est une campagne humanitaire (…) et le facteur temps est critique », prévient M. Sarhan.

– « Nourrir nos enfants » –

La crainte principale de Mohamed Said, 36 ans, menuisier et père de trois enfants, est de ne pas réussir à subvenir aux besoins de sa famille.

« On ne sait pas comment nourrir nos enfants (…). Dieu nous en préserve, mais s’il arrive quoi que ce soit à l’un d’eux, je ne pourrai pas payer les frais médicaux », confie à l’AFP M. Said, l’air abattu devant le centre de distribution.

Lundi, le président Abdel Fattah al-Sissi a ordonné l’attribution d’une aide mensuelle de 500 livres égyptiennes (29 euros) durant une période de trois mois aux travailleurs dont l’activité est menacée.

Pour Adam Hanieh, chercheur en sciences politiques à la School of Oriental and African Studies (SOAS) à Londres, le nouveau coronavirus risque de fragiliser une part plus importante encore de la population active égyptienne.

Les travailleurs pauvres dans la précarité

La pandémie pourrait avoir « des conséquences inattendues » comme la « rupture des réseaux de solidarité », la « perturbation de l’approvisionnement alimentaire » ou une « énorme pression » sur le système sanitaire, estime l’expert.

« Cela va certainement engendrer une contestation sociale et, si l’on se fie à l’histoire de l’Egypte, une aggravation de la répression et l’usage accru de mesures autoritaires », ajoute-t-il.

Désemparé de ne plus avoir de source de revenus et inquiet face à l’apparition de nouveaux cas de contamination, M. Said a le sentiment d’être dans une impasse.

« La situation me donne envie de tout plaquer mais je ne peux pas abandonner ma famille », dit-il. « Nous ne mendierons pas mais la vie s’est véritablement arrêtée. » (les travailleurs)

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