Les prix à la pompe de lâessence et du diesel sont au plus haut. La faute, selon les automobilistes, à lâaugmentation des taxes. Mais ce nâest pas la seule raison.
Câest un ras-le-bol qui prend de lâampleur : les automobilistes sont de plus en plus nombreux à faire entendre leur voix et à exprimer leur colère face à lâenvolée des prix des carburants.
à la pompe, le SP95 et le diesel ont respectivement augmenté de 14% et 22% en un an. Les consommateurs pointent du doigt le gouvernement, qui continue dâaugmenter les taxes sur les carburants. Mais la hausse sâexplique aussi, et surtout, par lâenvolée des cours du pétrole depuis trois ans.
Des prix à la pompe au plus haut
La grogne des conducteurs nâest pas quâun sentiment, elle se justifie quand on regarde lâévolution des prix des carburants. Au début de la semaine, le litre de SP95 atteignait 1,56 euro le litre en moyenne en France, pendant que le gazole battait des records à 1,52 euro.
Pour le porte-monnaie, la hausse se fait sentir : +14% en un an et +20% en trois ans pour le SP95 et +22% en un an et +38% en trois ans pour le gazole. Il faut remonter au printemps 2012 pour trouver trace de prix à la pompe plus élevés, quand le SP95 dépassait 1,65 euro le litre.
Les taxes augmententâ¦
Pour les automobilistes, la cible est toute trouvée : le gouvernement. En effet, lâexécutif a acté une nouvelle hausse de la fiscalité dans le projet de loi de finances pour 2019, « une mesure courageuse », sâest justifié le Premier ministre Ãdouard Philippe.
Après une première hausse en 2018, 7,6 centimes pour le diesel et 3,9 centimes pour lâessence, les taxes augmenteront de nouveau, de 6,5 centimes sur le litre de diesel et de 2,9 centimes sur le litre dâessence, au 1er janvier prochain.
Comment est construit le prix des carburants ?
En début de semaine, le litre de SP95 coûtait en moyenne 1,56 euro, selon lâUnion française des industries pétrolières (UFIP). Un prix qui se décompose ainsi : 46 centimes pour le pétrole brut, 14 centimes pour le raffinage et la distribution, 70 centimes pour la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétique) et 26 centimes pour la TVA.
Le découpage est relativement identique pour le litre de gazole, avec une part légèrement plus élevée du pétrole et moindre pour la TICPE. Les taxes représentent donc environ 61% du prix des carburants.
Les 40% restants sont partagés entre le pétrole brut (30%) et les marges de la distribution (9%). Une répartition qui nâa pas bougé ces dernières années.
Lâinitiative de cette hausse de la fiscalité des carburants est pourtant antérieure à lâélection dâEmmanuel Macron. En 2015, le gouvernement Valls avait décidé dâaligner progressivement les taxes du diesel sur celles de lâessence.
Une fiscalité verte, destinée à encourager les automobilistes à fuir le diesel, qui se traduit par des hausses plus importantes pour le gazole que pour le sans plomb.
Devenu président, Emmanuel Macron visait initialement une harmonisation des prix en 2020, date à laquelle le diesel serait devenu plus cher que lâessence.
Mais dans les faits, le rattrapage est déjà quasiment acté : alors quâil y a quatre ans le gazole était environ 20 centimes moins cher que lâessence, lâécart nâest plus que de trois ou quatre centimes en moyenne.
Enfin, des augmentations de quelques centimes sont encore prévues jusquâen 2022. à cette date, le litre de gazole ou de SP95 à 1,65 euro devrait être la norme.
⦠et le cours du pétrole sâenvole
Si le prix des carburants augmente, ce nâest pas uniquement à cause des taxes. Il suffit de regarder le litre de SP95, qui a augmenté de dix centimes depuis le début de lâannée, quand les taxes sur lâessence nâont augmenté que de 3,9 centimes.
En réalité, une bonne partie de la hausse du prix des carburants est imputable à la flambée du baril de pétrole. Le prix baril de Brent (le pétrole de mer du Nord que lâon retrouve à la pompe), a grimpé de 15% depuis janvier. Lâaugmentation atteint même 30% sur un an et 60% sur trois ans ! Concrètement, le pétrole est à son plus haut niveau depuis quatre ans.
Cette hausse continue est due au contexte international. La suroffre de pétrole ayant entraîné une baisse drastique du cours de lâor noir en 2014-2015, les pays producteurs, réunis au sein de lâOPEP, ainsi que la Russie, se sont entendus pour réduire leur production et ainsi faire remonter les prix à partir de 2016. Résultat, le baril est devenu de plus en plus coûteux, avec les conséquences que lâon connaît sur les prix à la pompe.
Et ce nâest pas fini. Les sanctions imposées par les Ãtats-Unis à lâIran après le retrait de lâaccord sur le nucléaire et, plus récemment, les tensions apparues entre lâOccident et lâArabie Saoudite à la suite de lâaffaire Khashoggi devraient continuer à faire grimper le prix du baril.
Seul motif dâespoir, à court terme, pour les consommateurs : après un pic à 85 dollars (75 euros) atteint début octobre, le baril de pétrole Brent est redescendu et sâétablissait jeudi en milieu de journée autour de 76 dollars (67 euros).
Où trouver du carburant moins cher ?
Face à la hausse des prix, comment préserver son pouvoir dâachat tout en continuant de rouler ? Pour résoudre ce dilemme, plusieurs sites Internet recensent les prix des carburants en station, grâce aux informations des automobilistes.
Mais le site le plus fourni est lâÅuvre du gouvernement : sur www.prix-carburants.gouv.fr, vous trouverez une carte détaillée des stations proches de vous avec les prix actualisés au jour le jour.













