Au Burkina Faso, depuis la période coloniale jusqu’à nos jours, le droit moderne ou droit positif et les droits coutumiers cohabitent en matière foncière.

Au plan légal, les textes juridiques internationaux, régionaux et nationaux existants, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, ratifiée par le Burkina Faso en 1987, le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relative aux droits de la femme en Afrique, la Constitution du 2 juin 1991 et la Réforme agraire et foncière (RAF), préconisent l’égalité d’accès à la terre pour toutes les catégories sociales sans discrimination.

Il a été observé cependant que l’accès à la terre par les femmes en milieu rural est contrarié par une multitude de facteurs.

Dans l’ensemble, on note que ceux-ci diffèrent sensiblement selon qu’il s’agisse des terres en zones de terroirs ou de terres aménagées.

En zone de terroirs, l’accès à la terre se fait selon les règles coutumières, dans une relation sociale inégale, de dépendance, négociée et précaire pour la femme.

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Selon une étude de la FAO portant sur « Les femmes rurales et l’accès à l’information et aux institutions pour la sécurisation des droits fonciers. Etude de cas au Burkina Faso », réalisée par Maître Françoise Ki Zerbo en 2004, l’exclusion des femmes du contrôle de la gestion des terres constitue l’une des caractéristiques majeures des droits coutumiers.

La cause principale serait le fait que la femme est originaire d’un autre lignage qui détient des terres dans son village d’origine.

Ainsi, en général, les femmes n’ont pas de droit d’appropriation mais seulement une « autorisation », une tolérance aux fins d’exploitation des terres, sans plus.

Au niveau des périmètres aménagés par l’Etat, les cahiers de charge ne prennent pas toujours en compte les spécificités des femmes.

Les parcelles attribuées aux groupements villageois féminins (GVF) sont souvent situées dans les parties mal planées et les superficies octroyées ne tiennent pas compte du nombre de membres du GVF.

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