Peine de mort au Sénégal! La première cause dâexécution dâun condamné à mort fut non pas un meurtre, mais une tentative dâassassinat contre un président de la République en 1967. Depuis, que dâassassinats ignobles contre des citoyens, sans que la peine capitale ne soit appliquée alors que la loi était en vigueur !
Dans les années soixante-dix, le pays fut secoué par un coup de feu fatal au grand chanteur de lâépoque, Mbaye Fall, leader vocal de lâorchestre «Le Sahel», froidement abattu pour avoir frappé un des enfants qui jouaient devant sa fenêtre et lâempêchaient de dormir alors quâil revenait dâune production nocturne.
Le père de lâenfant qui tira à bout portant sur la star, la plongeant ainsi dans un sommeil éternel, nâécopa, semble-t-il, que de cinq ans de prison.

Depuis, la courbe des meurtres horribles nâa fait que grimper de façon vertigineuse, avec lâavènement des agresseurs de rue à la quête dâune pitance ou dâune petite dose de drogue, jusquâaux gangs organisés de la trempe des Alex et Ino qui nâhésitaient pas à enfermer leurs victimes dans des congélateurs.
En 2004, au lieu dâappliquer la loi pour dissuader les criminels et protéger les citoyens, nos autorités ont plutôt pensé à sécuriser le droit à la vie des criminels, en abolissant la peine de mort.
Peine de mort, Quel paradoxe !
Ãtait-ce juste pour intégrer le club des abolitionnistes encouragés par lâOccident ?
Pourtant, cette loi demeure intangible chez le Maitre de lâOccident, la première démocratie au monde, les Usa, dont plus de trente Etats sur cinquante-deux appliquent la peine de mort. Sans compter la Grande Chine, le nouveau maître de lâéconomie mondiale. Que ceux qui estampillent cette loi dâarchaïque revoient donc leur copie ou se regardent dans une glace !
Les abolitionnistes ressemblent à des soldats qui ne réagissent que pour protéger la vie de lâennemi qui aura réussi à ôter la vie dâun concitoyen.
Pour eux donc, lâimportant ce nâest pas la vie du citoyen, mais celle du criminel qui, en aucun cas, ne peut être supprimée.
Finalement, dâaprès la logique absurde de cesdits (jâallais dire faux) défenseurs des droits de lâHomme, il faut avoir tué pour être assuré de ne jamais être tué.
A lire aussi : Peine de mort-Sénégal : Voici ces deux premiers sénégalais exécutés en 1967
Tous ceux qui ne sont pas dans cette catégorie sont exposés à la merci cruelle de ces privilégiés qui ont droit de vie et de mort sur tout le monde.
Câest bien dommage que chez nous, de grands journalistes, de grands juristes et des compatriotes respectables qui ont compris que la peine de mort est lâunique solution, nâosent pas franchir le Rubicon pour défendre ouvertement leurs convictions.
Invités des plateaux de télévision, ils sâenvolent dans leurs discours et évoquent lâémotion populaire, la pauvreté et je ne sais quoi encore pour éluder la question.

Des islamologues de renom, à lâimage de lâancien ministre Bamba Ndiaye et lâimam Kanté de lâUniversité de Dakar, tout comme le sociologue Djiby Diakhaté, tombent dans le piège et défendent que la peine de mort ne peut être appliquée en dehors du contexte global de la charia.
Si jâai bien compris, pour eux câest la loi du Tout ou Rien. Devrait-on alors renoncer à la prière, à la charité, au jeûne et à tout ce qui nous est permis de pratiquer dans le contexte laïc de notre Constitution ?
Notre société est gravement malade. Pour la sauver de son cancer, la peine de mort sâimpose comme sâimpose la chimiothérapie quand il faut éliminer les cellules rebelles.
A lire aussi : Au Nigeria, les victimes de viols peinent à obtenir justice
Le Sénégal peut bien lâappliquer en la limitant aux crimes odieux et flagrants sans entrer dans les travers de certains pays qui y ont inclus dâautres clauses de leurs choix et qui peuvent être subjectives, telles que la tentative de coup dâEtat, le complot, etc. Ce sont ces genres de déviations qui renforcent le scepticisme de certains analystes.
Au vu du rythme accéléré des meurtres ces douze dernières années, câest-à -dire depuis lâabolition de la peine de mort en 2004, le pays est divisé en deux blocs.
Dâun côté, lâinfime minorité dâabolitionnistes constituée de leaders politiques, de juristes, de journalistes prônant la défense des droits de lâHomme et de lâautre, le reste du Peuple qui en a ras-le-bol des agressions quotidiennes et des tueries sauvages.
Figurez-vous, rien que ces deux derniers mois, le pays a dénombré une quinzaine dâassassinats sans compter la série barbare de sacrifices humains lors des élections de 2012 avec des corps déchiquetés par-ci, des femmes, des enfants et des albinos égorgés par-là , le tout enveloppé dans un silence de mort des autorités.
En clair, il y a une infime minorité qui tient en otage tout un Peuple et lui dicte ses lois les plus impopulaires telles la laïcité, la parité et lâabolition de la peine de mort.

Le pis est que les plus extrémistes parmi eux considèrent ce Peuple avec mépris en qualifiant ses réactions de simplement émotionnelles, ses croyances de fondamentalistes ou relevant des temps ancestraux.
Quâils sachent que le dernier mot reviendra tôt ou tard à ce Peuple et quâils méditent sur lâhistoire récente de la peine de mort aux Usa :
«A partir de 1965, la courbe des homicides et plus encore des viols sâenvole vers des sommets jamais atteints jusque-là . Face à cette reprise de la criminalité grave, en 1976, les juges approuvent les codes pénaux réformés de la Géorgie, du Texas et de la Floride qui limitaient la peine capitale à certains crimes au terme dâun double procès (sur la culpabilité, puis sur la peine). Trente-huit Etats reprennent ensuite ces dispositions et individuellement réintroduisent la peine de mort dans leur législation par le biais de propositions de loi ou de référendum. Les condamnations à mort ont ainsi repris dans les Etats où la peine de mort est légale.
En 1988, la campagne présidentielle opposa George Bush père à Michael Dukakis. Lors dâun des débats télévisés, le présentateur Bernard Shaw demande aux deux candidats quelle serait leur position sur la peine de mort concernant un assassinat éventuel de leur femme. Dukakis réaffirme alors son opposition à la peine de mort, contrastant avec un Bush plus émouvant et en phase avec lâopinion majoritaire. La cote de Dukakis baissa de 49% à 42% à la suite de ce débat. Dukakis ne rattrapa jamais son retard et perdit lâélection.
Lors de la campagne de 1992, Bill Clinton tira les conséquences de la précédente élection et se déclara fermement partisan de la peine capitale.» (Wikipédia)
Ceci est un clin dâÅil aux prochaines élections. Qui après Senghor appliquera la peine de mort au Sénégal ? Mais méditons surtout sur les prescriptions divines contenues dans le Coran.
Certes lâislam encourage le pardon, mais il affirme sans équivoque que le salut de la société se trouve dans la loi du talion qui consiste à infliger à lâagresseur une punition égale au tort quâil a fait.
Sourate 2, versets 178-179 :    «à les croyants ! On vous a prescrit le talion au sujet des tués : homme libre pour homme libre, esclave pour esclave, femme pour femme. Mais celui à qui son frère aura pardonné en quelque façon doit faire face à une requête convenable et doit payer des dommages de bonne grâce. Ceci est un allègement de la part de votre Seigneur et une miséricorde. Donc, quiconque après cela transgresse aura un châtiment douloureux.
Câest dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués dâintelligence, ainsi atteindrez-vous la piété.»
Abolitionnistes, imaginez-vous face à un criminel sans autre alternative que de le tuer ou dâêtre tué. Allez-vous sacrifiez la vie de lâinnocent, la vôtre, au profit de celle du malfaiteur ?
Si vous optez pour rester en vie, vous êtes donc pour la peine de mort quand il sâagit de votre personne et contre, lorsquâil sâagit des autres.
Quand lâImmortel qui donne la vie décrète les lois sacrées qui la préserve, y a-t-il un mot pour qualifier les mortels qui Le contredisent ?
Cheikh Bamba DIOUM
[email protected]













