Dysfonctionnement dans le paiement des bourses des étudiants : LâIge enquête, depuis jeudi, à lâEnseignement supérieur, aux Finances et à Ecobank. Le Président de la République, Macky Sall, nâa pas attendu pour mettre en Åuvre la mesure quâil avait annoncée, lors de la dernière réunion du Conseil des ministres. Depuis jeudi dernier, lâInspection générale dâEtat (Ige) a débuté son enquête pour faire la lumière sur les dysfonctionnements ayant entraîné le retard du paiement des bourses des étudiants, à lâorigine des heurts entre ces derniers et les forces de lâordre à lâUniversité Gaston Berger de Saint-Louis avec, malheureusement, le décès de lâétudiant Mouhamadou Fallou Sène.
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Le 15 mai dernier, outrés par le retard accusé dans le paiement de leurs bourses du mois dâavril, les étudiants de lâUniversité Gaston Berger de Saint-Louis, dans les affrontements avec les forces de lâordre ont perdu un des leurs, Mouhamadou Fallou Sène. Une mort qui a fortement ému les Sénégalais.
Le lendemain, en réunion du Conseil des ministres, le Président de la République, manifestement atteint par ces événements tragiques, exigeait que toute la lumière soit faite sur les causes des dysfonctionnements ayant entraîné ce retard aux conséquences tragiques.
En effet, il était dit dans le communiqué qui a sanctionné la réunion dudit Conseil que Macky Sall, « entamant sa communication sur les événements regrettables survenus mardi 15 mai 2017 à lâUniversité Gaston Berger de Saint-Louis, [â¦] a fait observer une minute de silence à la mémoire de Monsieur Mouhamadou Fallou Sène, étudiant en deuxième année de Lettres modernes qui a perdu la vie au cours des manifestations.
En cette douloureuse circonstance, le Président de la République présente, au nom de la Nation, ses condoléances émues à la famille éplorée, à la communauté universitaire et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.
Le Chef de lâEtat engage le Gouvernement à faire, dans les meilleurs délais, toute la lumière sur les causes du retard des paiements, à lâorigine des manifestations qui ont occasionné cette mort inacceptable afin de situer toutes les responsabilités. A cet effet, le Président de la République a fait diligenter une mission de lâInspection générale dâEtat (Ige) afin de faire le point sur le système et les procédures de paiement des bourses dâétudes.
Enfin, le Chef de lâEtat rappelle au Gouvernement, lâimpératif de prendre toutes les dispositions requises pour faciliter le paiement effectif des bourses dâétudes allouées aux étudiants Sénégalais à bonne date, au regard de la priorité sociale absolue quâelles constituent. »
Au regard des informations parvenues au « Soleil », tout porte à croire que la résolution du Président de la République était déjà ferme le jour même de la survenue du drame. En effet, on apprend que le jeudi 17 mai 2018, moins de vingt-quatre heures après la réunion du Conseil des ministres, les Vérificateurs de lâIge étaient à lâÅuvre.
Déjà , toujours selon nos interlocuteurs, ils ont été en contact avec les trois entités au cÅur du processus de paiement des bourses à quelque cent dix-sept mille (117.000) étudiants : le ministère de lâEnseignement supérieur, la banque Ecobank et le ministère de lâEconomie, des Finances et du Plan.
Il nous revient que lâéquipe désignée du réputé corps de contrôle de lâEtat, sans désemparer, passe à la loupe tous les documents fournis par les entités précitées aux fins de savoir à quel niveau les pratiques dâusage nâont pas été respectées, avant de rendre compte au Président de la République.
En somme, essentiellement, il devrait sâagir pour lâéquipe du Vérificateur général, Jean François Collin, de trouver réponses aux questions suivantes : Primo, quand est-ce que le Bon dâEngagement pour lesdites bourses a été émis ?
Secundo, quand est-ce que le Bon dâEngagement a été saisi et validé dans le Système intégré de gestion des finances publiques (Sigfip) ?
Tertio, est-ce que, comme lâexige lâinstruction interministérielle, le Bon dâEngagement était accompagné des Etats de Paiement des ayants droit qui, seuls, permettent leur identification et leur paiement ?
Selon nos interlocuteurs, les réponses à ses trois questions pourraient permettre de situer lâorigine du dysfonctionnement.













