L’Intelligent d’Abidjan consacre son numéro du jour au maître du coupé-décalé. « Que faire, que dire, lorsque tout semble déjà avoir été dit sur Didier Ange Houon ? », se demande le journal ivoirien. La rédaction a donc décidé de célébrer le chiffre 33, l’âge du chanteur, raconté en 33 actes, témoignages et instantanés.

Parmi les hommages, celui de l’international ivoirien Gervinho qui parle de leur amitié sans se soucier des propos de l’artiste sur la sélection nationale.

« On a passé de superbes moments, des moments que je n’oublierai jamais ». L’artiste Bebi Phillip le décrit comme un romantique : « Il jouait les durs sur les réseaux sociaux mais en vérité c’était quelqu’un de très doux », raconte-t-il. De nombreux artistes ont fait le déplacement de l’étranger pour assister aux obsèques : le site congolais linterview.cd confirme qu’une délégation congolaise a fait le déplacement : Koffi Olomide, Fally Ipupa, et Didier Kalonji alias Bill Clinton, « l’idole vivante de DJ Arafat ». Et puis dans l’Intelligent d’Abidjan, l’artiste Josey qui avait collaboré avec lui résume le sentiment général : « Quelle perte ! Un artiste ne meurt jamais, son art reste immortel. Ce n’est qu’un au revoir Didier, Adieu DJ Arafat, nous ne t’oublierons jamais. »

La jeunesse ivoirienne n’a pas attendu l’immense cérémonie de ce vendredi au stade Houphouët-Boigny pour rendre hommage à leur idole…

« Dans les maquis d’Abidjan, la fête a déjà commencé », raconte l’infodrome. À Adjamé par exemple, des jeunes fans du Yôrôbô ont repeint le quartier aux couleurs de DJ Arafat dont la musique « se fait entendre partout ».

Certains ont prévu de se rendre au stade mais de nombreuses communes ont prévu leurs propres cérémonies pour que chacun puisse « vivre le deuil ». « Surtout, explique l’infodrome, pour éviter d’énormes soucis de sécurité et de fluidité à Abidjan ». Ce culte dont bénéficie DJ Arafat, il le doit à son talent d’artiste mais aussi à son sens de la communication numérique, estime Fraternité Matin. Le chanteur était un spécialiste « des clashs, des polémiques vaines, des tempêtes dans un verre d’eau » qui n’avaient pour seul objectif que de faire parler de lui. « Il avait compris qu’on pouvait lui pardonner beaucoup de dérapages, il restera longtemps encore comme une étoile dans une ‘République chinoise’ qu’il avait inventer pour exister et être enfin reconnu. »

Hommage vu avec moins d’enthousiasme depuis le Burkina Faso voisin…

Le quotidien burkinabé Aujourd’hui titre « paillettes, récup’ politique et mythification ». « L’Etat ivoirien n’a pas lésiné sur les moyens », note le journal. « Alassane Ouattara a raqué 150 millions de francs CFA pour ces obsèques ».

A 14 mois des élections, Aujourd’hui y voit un moyen de caresser dans le sens du poil les nombreux « Chinois », les Chinois c’est bien sûr le nom donné aux fans de DJ Arafat. « Mais a-t-on pensé aux ayants-droits de DJ Arafat ? A-t-on fait des comptes bloqués par exemple pour ses enfants ? Car c’est bien tout ce tapage, mais, ses héritiers doivent continuer à vivre. »

À lire aussi dans la presse africaine, la mobilisation contre la déforestation…

Alors que le monde entier a le regard tourné vers l’Amazonie, « il ne faut pas oublier que les feux de forêt dans le Bassin du Congo, notamment en Angola, République démocratique du Congo, Zambie, au Congo et en Tanzanie, sont plus denses et plus nombreux encore », peut-on lire dans Les dépêches du bassin du Congo. Le journal rappelle ce chiffre publié par l’Agence spatiale européenne : 70 % des terres brûlées chaque année sur la planète se trouvent en Afrique subsaharienne.

« Un mal chronique » lié à la culture sur brûlis, « méthode agricole ancestrale qui consiste à mettre le feu à du bois coupé et à laisser reposer les cendres pour rendre le sol plus fertile ». Des feux souvent hors de contrôle. Il est donc urgent estime le quotidien congolais de s’intéresser au développement agricole de la région, de permettre aux paysans locaux de passer à un système moins nocif pour la forêt. Dans ce contexte, Le Courrier de Kinshasa se fait l’écho d’un premier atelier international à Abidjan consacré à la réduction des émissions dues à la déforestation et la dégradation des forêts en Afrique. Une des pistes évoquées, raconte le journal, c’est « la création d’une valeur financière pour le carbone stocké dans les forêts ».

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