La mission « sur l’amélioration de l’information sur le médicament » dénonce le manque d’anticipation dans la crise du Levothyrox, et propose des mesures pour plus de transparence.

Les Français ne sont pas suffisamment informés sur leurs médicaments. C’est le constat sans appel que dresse la « mission sur l’amélioration de l’information sur le médicament », mise sur pieds il y a six mois et qui doit remettre lundi son rapport à Agnès Buzyn, ministre de la Santé.

Selon Le Parisien qui a pu consulter le document, la « mission », coprésidée par le médiatique docteur Gérald Kierzek et Magali Leo, de l’association de patients Renaloo, se montre particulièrement sévère avec les autorités sanitaires au sujet de la crise du Levothyrox.

« Absence d’anticipation et de réaction ».

La nouvelle formule de ce médicament pour soigner des troubles de la thyroïde n’en finit plus de faire polémique.

Des milliers de patients assurent que cette nouvelle formule a entraîné chez eux de nombreux effets secondaires, déplorant que personne ne les ait informés d’un quelconque changement dans la composition du médicament.

La « mission » dénonce ainsi une « absence d’anticipation » des autorités sanitaires, ainsi que « l’absence de réaction aux nombreux signaux facilement repérables sur la Toile » au début de la crise.

Aussi, et surtout, le rapport dénonce « la minimisation du ressenti des malades et de la légitimité de leurs signalements ».

« L’effet nocebo a très vite été évoqué pour expliquer des effets secondaires […] Même un tel effet ne saurait disqualifier la réalité des plaintes exprimées par les milliers de patients », critique les auteurs.

Des propositions pour éviter une nouvelle crise.

Pour améliorer l’information transmise aux patients, la mission propose « la création d’une plateforme ‘Médicament Info Service’, composée d’un site Internet grand public et d’une ligne téléphonique pour les professionnels de santé ».

« Elle permettrait de centraliser des contenus ‘labellisés’ et ‘authentifiés' », explique Le Parisien.

Le rapport préconise aussi la nomination d’un(e) « Madame/Monsieur médicament », pour diriger une structure dédiée à « l’anticipation » des problèmes.

Le document incite encore « à introduire le sujet dans les programmes scolaires, dès l’école primaire puis au collège. Il prône un meilleur financement public des associations de patients. […]

Plus original, il propose une diffusion des messages urgents sur les vitrines numériques des pharmacies ou d’envoyer un SMS aux patients lors d’un changement important », détaille le journal.

La ministre Agnès Buzyn, qui reçoit le rapport lundi, va devoir trancher pour savoir quelle mesure elle retient.

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