Le 1er décembre 2017 était la journée mondiale de lutte contre le Sida. C’est l’occasion de faire le point sur les dernières avancées médicales sur la recherche d’un vaccin. En juillet 2017, comme nous le rapportions, des résultats encourageants ont été publiés par le laboratoire Janssen. Dans une étude à un stade encore préliminaire, 100 % des participants ont développé une réponse immunitaire avec un prototype de vaccin. Une note d’optimisme alors que la mise au point d’un vaccin efficace contre le VIH peine à aboutir depuis des années.

VIH : un vaccin expérimental contre le Sida montre des signes encourageants
VIH : un vaccin expérimental contre le Sida montre des signes encourageants

Testé chez 393 volontaires dans cinq pays (Afrique du Sud, Ouganda, États-Unis, Rwanda et Thaïlande), un prototype de vaccin contre le VIH, développé par le laboratoire Janssen (groupe Johnson and Johnson), a entraîné une réponse immunitaire (la production d’anticorps) chez 100 % des participants, selon l’étude présentée le 24 juillet 2017 lors de la conférence internationale de recherche sur le sida, à Paris.

« Ces données prometteuses, combinées aux avancées d’autres chercheurs dans ce domaine, autorisent à être de nouveau optimiste quant à la possibilité de développer un vaccin contre le VIH », a estimé le Pr Dan Barouch, membre de l’équipe de recherche, au cours d’une conférence de presse.

Selon les experts, un vaccin resterait le meilleur moyen de mettre fin à une épidémie qui a contaminé 76 millions de personnes et provoqué 35 millions de décès depuis son apparition, au début des années 1980. Malgré les moyens de prévention disponibles, 1,8 million de nouvelles infections ont encore eu lieu en 2016, selon l’Onusida.

Et « à ce jour, seuls quatre projets de vaccin ont atteint le stade du test de leur efficacité clinique », a rappelé Dan Barouch, les autres ayant été abandonnés en phase préliminaire en raison de leur manque d’efficacité.

Selon les experts, un vaccin resterait le meilleur moyen de mettre fin à une épidémie qui a contaminé 76 millions de personnes et provoqué 35 millions de décès depuis son apparition, au début des années 1980. © Remains, istock.com
Selon les experts, un vaccin resterait le meilleur moyen de mettre fin à une épidémie qui a contaminé 76 millions de personnes et provoqué 35 millions de décès depuis son apparition, au début des années 1980. © Remains, istock.com

La phase suivante des tests du vaccin contre le VIH débuterait fin 2017

Ce nouveau vaccin expérimental, « à double détente », consiste tout d’abord à mettre en éveil le système immunitaire avec un banal virus de rhume, avant de le doper avec une protéine se trouvant sur l’enveloppe du VIH, déclenchant une réaction plus vigoureuse de l’organisme.

Dans une phase précédente sur des singes, dont les résultats ont été publiés il y a deux ans, cette stratégie avait permis d’empêcher l’infection chez les deux tiers des primates, a rappelé Dan Barouch, virologue et professeur à la faculté de médecine de l’université de Harvard. « Bien sûr, on ne sait pas encore si ce vaccin protègera les humains. Mais ces données justifient de mener une étude d’efficacité à plus grande échelle », a-t-il estimé.

Après une nouvelle évaluation, la phase suivante des tests, sur des participants présentant un risque élevé de contamination par le VIH, pourrait débuter « fin 2017 ou début 2018 », dans des pays du sud de l’Afrique, a indiqué dans un communiqué le laboratoire Janssen.

Mettre au point un vaccin sera « très difficile », mais un succès « bouleverserait le paysage », a expliqué à l’AFP Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), un organisme public de recherche américain. « Même si on obtient une efficacité de 50 à 60 %, […] cela aurait un impact majeur sur la pandémie », a-t-il ajouté.

Un autre vaccin expérimental, baptisé HVTN 702, fait actuellement l’objet d’un essai clinique à grande échelle en Afrique du Sud.

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