Centrafrique: le gouvernement dénonce une tentative de coup d’Ãtat de François Bozizé. Malgré la situation sécuritaire tendue, la nouvelle alliance de lâopposition entre Anicet-Georges Dologuélé et le parti de François Bozize a fait campagne dans les rues de Bangui vendredi 18 décembre.
Le ministre de la Communication centrafricain et porte-parole du gouvernement sâest exprimé, ce samedi 19 décembre, dans un communiqué officiel alors qu’une offensive des groupes armés dans l’Ouest vendredi a contraint l’ONU à déployer ces casques bleus.
Il y dénonce une tentative de coup dâÃtat de la part de l’ancien président François Bozizé, exclu de la présidentielle du 27 décembre prochain.
Dans ce communiqué officiel, les autorités dénoncent « les intentions manifestes de marcher sur Bangui » des groupes armés et évoquent des velléités de coup dâÃtat.
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Si jusquâà présent son nom nâétait que cité à demi-mot derrière lâorganisation des derniers événements, le porte-parole du gouvernement Ange-Maxime Kazagui affirme ce samedi matin que François Bozizé est à l’origine encore de « cette tentative de déstabilisation ».
Il assure que l’ancien chef d’Ãtat sâest attaché les services de mercenaires étrangers en échange de la possibilité pour ceux-ci de piller Bangui pendant 72 heures.
François Bozizé soupçonné d’une tentative de coup d’Ãtat …
A lâheure où je vous parle, monsieur François Bozizé Yangouvounda a quitté la ville de Bossangoa où il sâétait retranché et se trouve actuellement aux abords de la ville de Bossembélé avec lâintention manifeste de marcher avec ses hommes sur Bangui.
Il sâagit manifestement dâune tentative de coup dâEtat que le gouvernement tient à dénoncer en cette période électorale où le gouvernement cherche à consolider les acquis démocratiques à travers les prochaines consultations.
Ange-Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication
Ce communiqué intervient alors que depuis vendredi des mouvements dâhommes armés sont signalés dans le nord-ouest du pays. Une avancée notamment sur les villes de Bozoum, Bossemptélé, Yaloke ou encore Bossembélé, détaille notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset.
Le tenue du scrutin menacée ?
La Minusca et les forces de lâordre centrafricaines sont intervenues vendredi pour dissuader ces éléments armés identifiés par la force onusienne comme appartenant aux groupes 3R, MPC et anti-Balaka.
Le gouvernement déplore la mort de trois gendarmes durant ces opérations. Dans un communiqué conjoint, ces groupes armés menaçaient il y a quelques jours dâuser de « tous les moyens » contre le pouvoir sâil poursuivait l’organisation d’un scrutin qu’ils considèrent manipulé.
Alors que la question de la possibilité de la tenue des élections dimanche prochain 27 décembre commence à se poser, certains candidats continuent à battre campagne malgré le contexte sécuritaire compliqué.
Pour la première fois la nouvelle alliance de lâopposition entre Anicet-Georges Dologuélé et le parti de François Bozizé (dont la candidature a été invalidée) a battu campagne main dans la main à Bangui vendredi après-midi.
On a fait le tour de certains quartiers de Bangui pour que les populations se rendent bien compte quâon est ensemble, quâon fait campagne ensemble.
Le parti d’Anicet-Georges Dologuélé et celui de François Bozizé main dans la main à Bangui
Dans la capitale, la situation est calme ce samedi. Les habitants vaquent à leurs occupations. Les patrouilles de la Minusca se poursuivent de manière importante dâautant quâun grand meeting du président Touadéra a eu lieu au stade des 20 000 places.
Signe que les activités se déroulent normalement dans la capitale, la distribution des cartes dâélecteurs a débuté comme prévu ce samedi matin, rapporte notre envoyée spéciale Florence Morice.
La Minusca mobilisée à Bangui et en province
De son côté, la Minusca affirme avoir pris des dispositions aux abords de Bangui pour protéger la capitale. En province, la situation restait aussi relativement calme mais toujours volatile.
La Minusca affirme être présente dans les villes de Bossemptele et Bossembele où les groupes armés avaient fait irruptions hier.
Cependant plusieurs sources confirment avoir vu des éléments sur lâaxe sud au niveau de Boali à environ 80 kilomètres de la capitale. Des mouvements dâhommes armés ont aussi été signalés sur dâautres axes qui convergent vers Bangui.
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Si la situation semble ce matin suspendue à un calme précaire, c’est quâen coulisse, un bras de fer semble se jouer entre, dâun côté, des groupes armés opposés aux élections dans les conditions actuelles et des acteurs politiques qui poussent pour une transition, et de lâautre côté, les autorités et la communauté internationale pour qui ce nâest pas une option.
Le secrétaire général de lâONU a dâailleurs condamné cette escalade de la violence et appelle toutes les parties à « régler leur différend de manière pacifique, et ce, avant les élections du 27 décembre à la date prévue ».













