Les hauteurs Sud de la ville de Fès, lâune des quatre cités impériales du Royaume du Maroc, donnent une vue presque panoramique du quartier de La Médina. En contre-bas, 12 siècles dâhistoire, un patrimoine historique de lâUnesco, une véritable ville dans la ville, au milieu de remparts aux huit portes.
Situé au Nord-est du Maroc, la cité de Fès est présentée comme la capitale culturelle et spirituelle du Royaume dont le cÅur est cette Médina, véritable labyrinthe de commerces, dâactivités artisanales, de lieux spirituels, entre les 10 000 ruelles de lâendroit érigé sur une surface de 21 Kilomètres carrés, selon le guide touristique Abdel Khadir.
Dans ce bloc compact en apparence, les maisons souvent accolées les unes aux autres ne paient pas de mine. Sous des apparences trompeuses, les demeures appelées également Riad (maisons dâhôtes) cachent, en réalité, des trésors à lâimage du Riad Karawan et sa suite africaine.
La vieille ville offre plusieurs joyaux aux visiteurs pour une remontée dans le temps à travers les ruelles pavées quâon ne parcourt quâà pied. Sous lâÅil vigilant de la police touristique, Abdel Khadir peut désigner ââun endroit important pour la villeââ, un four à pain.
ââCâest un four public. Câest ici que les familles paient pour faire cuire leur pain. Chaque famille amène sa farine et elle est cuite ici. Le pain est un aliment très important pour les famillesââ, explique lâhomme de 71 ans, avant de poursuivre cette randonnée en empruntant un escalier menant à une boutique qui surplombe les tanneries de la Médina.
De cette hauteur, on peut admirer cette tannerie qui se compose de nombreuses fosses remplies de couleurs variées où sont traitées les peaux pour la production artisanale de cuir de mouton, bÅuf ou de chèvre. ââCe sont les tanneries marocaines connues du monde entier. On y travaille de père en filsââ, selon Abdel Khadir.
Ce cuir servira à fabriquer des selles, des babouches, des sacs, etc. Même de la fiente de pigeon intervient dans le traitement des peaux, ce qui fait dire à un responsable dâune boutique de produits en cuir, Ahmed, sous le ton de lâhumour, ââce nâest pas coco chanel, mais caca chanel !ââ.
Au cÅur de cette Médina, le savoir-faire artisanal ancestral est perpétué par les spécialistes du tissage, les artisans du cuivre, les potiers, les forgerons, les fabricants de babouches, les vendeurs dâépices, de fruits, etc.
La Médina abrite aussi de nombreux lieux spirituels dont le Mausolée Moulay Idriss II, le fondateur de la ville de Fès qui vécut de 807 à 828. Construit au Xe siècle, puis rénové plusieurs fois, ce mausolée qui sâétend sur 2548 mètres carrés, est communément appelé ââla zaouïa Moulay Idrissââ.
FES : Au cÅur de la Média, haut lieu de culture, dâhistoire et de spiritualité
Autre endroit qui respire la spiritualité de Fès, la Mosquée El Qaraouiyin, fondée en 857 par Fatima El Fihiri, une pieuse originaire de la ville de Kairawan (Quairouan) en Tunisie. Elle peut rassembler jusquâà 20 000 fidèles.
Lâuniversité El Qaraouiyin considérée comme lâune des plus anciennes au monde, créé avant celles de Bologne (Italie), dâOxford (Grande Bretagne) et de La Sorbonne (France).

Non loin de la grande Mosquée El Qaraouiyin se trouve la zaouïa Cheikh Ahmed Tijani, fondateur de la confrérie tijanya, né à Aïn Madhi (Algérie) en 1150 de lâHégire.
Lâédifice restauré plusieurs fois notamment en 1302, 1307 et 1316 de lâHégire, demeure discrète dans son apparence extérieure. Les récents travaux de restauration ont eu lieu entre 1999 et 2006.
Equipés de latrines et de bassins pour les ablutions, la zaouïa a un plafond constitué de près de 30 coupoles en bois ciselé, des murs en zellige, le sol recouvert de tapis.
Voie soufie, la tidjanya repose sur les enseignements du Coran et de la tradition prophétique, la Sunna. Elle préconise lâinvocation continuelle de Dieu, la bénédiction de son prophète, la récitation du Coran, lâaccomplissement des prières en groupe.
Les disciples de la tidianya viennent de nombreux pays dâAfrique de lâouest dont le Sénégal. Ce jeudi, 17 décembre 2020, une centaine de pèlerins sénégalais hommes et femmes effectuent leur ziara au mausolée Cheikh Ahmed Tidjani grâce à une autorisation exceptionnelle accordée par les autorités du Royaume chérifien.
Ce voyage des pèlerins est le fruit dâun partenariat entre lâOffice national marocain du tourisme (OMNT) à travers son représentant au Sénégal et dans toute lâAfrique, Mehdi Benrhanem, la Royale Air Maroc et un regroupement de voyagistes dénommé ââConsortium ziara Fèsââ.
Après lâaccomplissement des rites, la délégation de voyagistes a rencontré le Wali de la région Fés-Méknès, Saïd Zniber, entouré des responsables du Conseil régional du tourisme (CRT).
Le président délégué du CRT de Fès-Méknès, Mhamed Yassir Jawar, qui sâest réjoui de ce pèlerinage, fruit de la coopération entre les agences de voyage sénégalaises et leurs homologues marocaines ââpour inviter le maximum dâadeptes de la tariqa tidianyaââ à venir dans la ââcité millénaireââ de Fès.
A lire aussi Le Festival des enfants du Baol reporté à avril 2021 (Promoteur)
La Médina a été réhabilitée par le Roi Mohamed VI, a souligné le président délégué du CRT, relevant aussi lâinstauration dâun ââlabel welcome safyââ dans les hôtels et lieux dâhébergement dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19.
Pour la promotion du tourisme religieux, le CRT a également initié, selon lui, le label ââziyarates Fèsââ, un concept qui permet aux pèlerins de loger chez lâhabitant. Dans ce cadre, 30 maisons labellisés peuvent accueillir des pèlerins qui vont habiter non loin de la zaouïa durant leur séjour.
La ville de Fès est aussi connue pour une série dâactivités culturelles dont le festival de la culture soufie, le festival des musiques sacrées du monde.
Le parcours de visites proposé par le Conseil régional du tourisme symbolise une ville qui garde les trésors hérités de son histoire, mais aussi résolument ancrée dans la modernité et tournée vers lâavenir.













