à Ndande, non loin de Louga, là où la gare désaffectée ne regarde plus passer les trains, le puits de Kalom Fall reste aujourdâhui une curiosité pour le voyageur.
Ce grand trou vertical de 34 mètres de profondeur et 11 mètres de diamètre date du XIIIe ou XIVe siècle et nâa pas encore dévoilé tous ses mystères.
Puits de Kalom Fall, 34 mètres de profondeur et 11 mètres de diamètre, date du XIIIe ou XIVe siècle
Le puits de Kalom Fall à Ndande est doté de pouvoirs mystiques assez mystérieux dâaprès les légendes, et des cérémonies autour de ce grand trou sont encore organisées aujourdâhui.
Le puits se trouve à une centaine de mètres de la gare. Il nâest plus en eau depuis bien longtemps mais conserve des dimensions impressionnantes : une quarantaine de mètres de profondeur et une douzaine de mètres de diamètre.
De nombreuses légendes courent à son sujet, concernant en particulier un serpent qui est aperçu périodiquement et quâil faut amadouer par des offrandesâ¦
La grille qui lâentoure a été installée dans les années 1970 par la Direction du patrimoine national, mais il est raconté que jamais un animal ou un humain nâétait tombé dedans.
Puits de Kalom Fall

DES ORIGINES CONTROVERSÃES
On ne sait ni quand ni par qui il a été creusé. La tradition orale fait remonter son forage soit à Ndiadian Ndiaye (XIIIe siècle) soit à Kankan Moussa (XIVe siècle) dans lâEmpire du Mali.
Ce seraient les Sossé, individus de haute taille « dont la voix sâétendait à dix kilomètres ».
Selon une autre source, ce sont les Sérères qui auraient creusé ce puits lors de leur migration vers lâintérieur du pays en provenance du Fouta.
Tout ce quâon sait, câest quâun descendant des Sossé de Palème et de Kelle, lâaïeul à la septième génération de lâactuel lamane de NDande et, dit-on, de tous les Damels du Cayor, le nommé Niokh Fall, releva un beau matin tout autour de sa case les traces dâun serpent mouillé. Il alerta ses voisins et tous ensemble se mirent à suivre les traces.
Ils aboutirent à une plate-forme de branchages recouverte de terre. Sous cette trappe apparut le puits plein dâune eau blanchâtre, que Niokh Fall fit remettre en état pour y abreuver ses troupeaux.
Le serpent fut honoré et respecté ; si ce nâest lui-même, comme dâaucuns le croient, son descendant habite toujours le puits, dans une caverne latérale.
Il est noir, gros comme le bras et inoffensif « comme sâil était réellement apparenté à la famille du lamane. Personne ne sait comment il se nourrit.
On raconte aussi que ce puit fut lâobjet dâun combat épique pour son contrôle entre le Damel Lat Dior Ngoné Latir Diop et Madiodio.
Puits de Kalom Fall

UNE TRADITION QUI PERDURE
Les habitants de NDande récurent le puits tous les ans, au moment des semailles, pour se concilier les puissances surnaturelles en faveur dâune belle récolte, et parfois aussi en plein hivernage quand une sécheresse sévit et menace les cultures, pour la faire cesser.
Alors, au jour visé, le plus ancien diaraf du lamane passe dans toutes les cases du village avec une calebasse de lait caillé, et chaque ménagère y jette une poignée de mil pilé.
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Arrivé à lâemplacement du puits, il fait, au Nord, au Sud, à lâEst et à lâOuest de lâouverture, un petit tas de couscous au lait, en lance un peu au fond du puits et en frotte un peu sur les arbres alentour.
Il arrive alors quâune chèvre soit sacrifiée sur le bord, quâensuite ceux qui ont assuré le récurage se partagent et mangent.
Cérémonies autour du puits

Ce sont toujours les membres de la famille du lamane qui descendent au fond du puits. Sâils rencontrent le serpent, qui nâest souvent quâà 50 cm dâeux, ils lui offrent une part de nourriture et continuent à piocher en toute sécurité.
Un tam-tam est enfin ordonné ; les griots jouent et chantent, on bat des mains, on danse et on remercie par des cadeaux les griots, comme de coutume, et le lamane-prêtre et maître de la terre.
Quant à lâeau miraculeuse, la famille du lamane et les gens du village ne sont pas les seuls à en boire ou à sâen servir pour leurs ablutions. De nombreux étrangers vont ou envoient en chercher dans des bouteilles et des bidons.
VISITE DU PUITS DE KALOM, PATRIMOINE CULTUREL DE LA RÃGION DE LOUGA





Source : dâaprès Kafunel avec APS et Kha Bamba Diagne













