Lâépicerie fine africaine acquiert ses lettres de noblesse. GASTRONOMIE. Les produits africains sont désormais en bonne place sur les étagères européennes. Quelles sont les recettes de ce succès ? Tour dâhorizon.
Ãpicerie fine africaine acquiert ses lettres de noblesse
Crème gingembre, piment, safou, saka saka ou encore niébé : les savants mélanges de Joe & Avrels se déclinent sur des photographies colorées, présentées sur le site Internet de la marque.
Le style est épuré, lâimage soignée. Les crèmes, réalisées à partir de fruits et légumes dâAfrique centrale, visent le haut de gamme.
Comme « un pied de nez aux clichés qui collent à la nourriture africaine », assure Nathalie Schermann, leur cofondatrice.
« En France, on trouve toutes les cuisines du monde, mais la gastronomie du continent a encore du mal à sâimposer, à cause des idées reçues, regrette-t-elle.
Avec mes produits, je veux que les gens fassent une véritable découverte, celle dâune cuisine originale et raffinée. »

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Câest cette volonté qui a poussé cet ancien mannequin originaire du Congo à monter sa société en 2016.
Recettes dans les salons dédiés à la gastronomie
à lâépoque, lâancienne candidate de MasterChef et ses associées ne font pas dâétudes de marché, et se lancent directement en présentant leurs recettes dans les salons dédiés à la gastronomie.
Le succès est immédiat, et les retours très positifs. La petite équipe installe alors son laboratoire à Puteaux, en région parisienne, crée une boutique en ligne, et distribue les crèmes et boissons Joe & Avrels dans les épiceries fines parisiennes, suisses et belges.
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Saveurs haut de gamme
Sur leurs étagères, les créations de Nathalie Schermann côtoient des produits concurrents, qui, avec les années, sont de plus en plus nombreux. à lâinstar des jus de fruits de la marque Panamako, créée par Oumar Cissé.
Né à Abidjan, le jeune homme quitte la Côte dâIvoire après le lycée pour poursuivre ses études dans une école dâingénieur à Rouen, en Normandie.
Il y fait alors un « triste constat » : « Jâavais du mal à trouver des produits africains, ou alors seulement dans les épiceries de quartiers. Mais nulle part ailleurs », raconte-t-il.

En 2018, il teste alors des recettes de jus de fruits dans les salons gastronomiques, et quelques concept stores.
Ses mélanges pommes/hibiscus, pommes/hibiscus/menthe et pommes/hibiscus/cannelle séduisent les papilles.
Et bientôt les épiceries Fauchon, lâhôtel Barrière de Deauville et les restaurants parisiens, dont le branché Mama Shelter.
Ce qui les a convaincus, dâaprès Oumar Cissé ? « Lâéquilibre entre goût et design. » Pour séduire les palais, le créateur de Panamako a remplacé le bissap, « trop sucré pour les Européens », par de la pomme.
« Lâhibiscus vient en petite touche, mais ne prend pas toute la place, ce qui rend la boisson plus subtile », assure-t-il.
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« Je cherche à comprendre lâAfrique à travers la cuisine »
Un packaging revisité
Côté design, lâentrepreneur a tenu à un packaging soigné, adapté à chaque recette. Câest une agence de communication qui a dessiné les bouteilles Panamako, avec tissus wax et couleurs vives.

« Pour changer le regard des gens sur notre gastronomie, jâai voulu un produit africain classe. »
Un packaging soigné que lâon retrouve également chez Le Chocolatier ivoirien, fondé par Axel Emmanuel. Chaque tablette est en effet emballée dans un papier imprimé qui rappelle les différents tissus du continent.
Mais la marque mise aussi sur la qualité, en promettant un chocolat de très grande valeur. Surtout, Axel Emmanuel vend, avec ses carrés de chocolat « made in Côte dâIvoire », un cacao plus juste.
Respecter les normes internationales en matière de développement durable
Le chocolatier ivoirien promet ainsi « une meilleure répartition des revenus issus de lâexploitation du cacao », et « un chocolat sâattachant à respecter les normes internationales en matière de développement durable ».
Une véritable « Cocoa Revolution », pour changer lâimage de lâindustrie chocolatière.
La qualité est également le porte-drapeau de la marque Misao, un poivre uniquement récolté dans le Kivu, en République démocratique du Congo.

Chez Joe & Avrels, « la qualité du produit est aussi importante que son aspect », affirme Nathalie Schermann, qui a, elle aussi, beaucoup misé sur le design. « Câétait primordial, affirme-t-elle.
Au restaurant, quand lâassiette nâest pas belle, ça ne donne pas envie. Les produits dâépicerie fine, câest pareil. On nourrit dâabord lâÅil avant le ventre. »
Un pari que se sont lancé ces dernières années de nombreux entrepreneurs, comme la fondatrice de Zabbaan Aïssata Diakité, ou Fousseyni Djikine, créateur de BMK.
Conséquence, « la concurrence est plus rude aujourdâhui », avoue Nathalie Schermann. « Mais câest bon signe. La cuisine africaine a de lâavenir. »
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