Le reportage d’aujourd’hui dans les méandres de lâenfer des employés des restaurants et fast-food à Dakar , capitale sénégalaise. Devenues une tendance, les entreprises de restauration ou de fast food à grande échelle pullulent un peu partout dans Dakar. Si ces derniers font le bonheur des populations, les employés qui y travaillent sont loin dâêtre heureux. Entre conditions de travail intenables, de longues heures de travail et un système de rémunérations dérisoires, ces employés vivent le calvaire au quotidien.
Enfer des employés des restaurants et fast-food (Reportage)
![Dans lâenfer des employés des restaurants et fast-food à Dakar [Reportage] 1 Les habitudes de vie des jeunes les exposent au surpoids et à lâobésité](https://i0.wp.com/www.kafunel.com/wp-content/uploads/2020/04/fast-food.jpg?resize=696%2C696&ssl=1)
Dakar, il est 9 heures passées en ce jour de début de semaine de novembre. Lâannée 2022 est vieillissante. Dans les grandes rues de la capitale Sénégalaise, lâambiance est faite de bruits de klaxons et de voix confuses.
Le trottoir grouillant de marchands ambulants, de mendiants et de passants. Des vrombissements de moteurs dâautos provenant de lâarrêt-cars empêchent toute quiétude.
Câest lâheure du marché pour certains et pour dâautres, le moment de prendre le petit déjeuner dans un fast food ou âGargotâ pour les moins nantis, comme ceux qui y travaillent pour le compte des propriétaires.
«On nous exploite. Pour un stage dâun an, celui qui travaille à la caisse est sommé de rembourser jusquâau dernier centime, sâil y a un gap. Et cela quel que soit le montant.
Même si ce manque peut résulter de la défaillance de la machine. A cela sâajoutent les ponctions de salaire pour des motifs bidons. Au terme du stage, on informe lâemployé par lettre que la collaboration est terminée sans préavis.
Et ce sera le même mode opératoire pour le prochain stagiaire. Câest un cercle infernal que les employés subissent dans ce restaurant appartenant à des Sénégalais», confie A. Thiam, employée dans un grand restaurant Sénégalais.
Transport, congés et fêtes, véritable casse-tête des employés
![Dans lâenfer des employés des restaurants et fast-food à Dakar [Reportage] 2 Une analyse a montré que les personnes qui font du petit déjeuner le repas le plus important sont plus susceptibles d'avoir un indice de masse corporelle plus faible.](https://i0.wp.com/www.kafunel.com/wp-content/uploads/2021/01/Une-analyse-a-montre-que-les-personnes-qui-font-du-petit-dejeuner-le-repas-le-plus-important-sont-plus-susceptibles-davoir-un-indice-de-masse-corporelle-plus-faible..jpg?resize=696%2C392&ssl=1)
Selon la caissière de restaurant, la majeure partie des travailleurs de cette boîte habitent dans la banlieue notamment Keur Massar, Diamaguène, Malika, Rufisque.
«Il nây a ni frais, ni véhicules de transports pour des travailleurs qui doivent rentrer, parfois, vers 2h00 du matin», ajoute-elle, tout en mentionnant les nombreuses agressions qui en résultent. Et même dans ce cas, renseigne-t-elle, un repos médical est exigé pour éviter que les jours non travaillés soient défalqués sur le salaire.
Parlant dâagression, la journaliste en presse écrite, Nd. A Dieng, qui quitte son bureau à 22h00 a été récemment victime dâagression.
![Dans lâenfer des employés des restaurants et fast-food à Dakar [Reportage] 3 Mono repas (un seul repas à un repas = digestion idéale)](https://i0.wp.com/www.kafunel.com/wp-content/uploads/2021/05/Mono-repas-un-seul-repas-a-un-repas-digestion-ideale.jpg?resize=696%2C844&ssl=1)
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«Quatre gaillards à bord de deux motos mâont traînée sur une longue distance avant dâemporter mon téléphone. Jâen suis sortie avec des égratignure sur le corps. Jâai fait une demande dâaménagement horaire mais lâadministration a refusé», déclare-t-elle avec la peur au ventre.
«Pendant les événements religieux ou traditionnels (Tabaski, Korité), les demandes dâabsences sont souvent refusées à des employées qui nâont pas vu leurs familles pendant presque un an. Les responsables de ces boîtes font aussi dans le parti pris.
Ils font la promotion des délateurs et se permettent de faire exclure certains en inventant des motifs», révèle Aïssatou Thiam.
Conditions de travail exécrable
![Dans lâenfer des employés des restaurants et fast-food à Dakar [Reportage] 4 fruits-fin_de_repas-](https://i0.wp.com/www.kafunel.com/wp-content/uploads/2020/05/fruits-fin_de_repas-.jpg?resize=696%2C397&ssl=1)
Câest le cas des longues heures de travail. «On peut rester 8 tours dâhorloge sans même avoir de pause. Même pour un petit moment (10 mn), ce nâest pas permis.
Si on vous trouve en train de manger ou boire, on te réprimande. Parfois avec des menaces de poursuites judiciaires sous prétexte que vous mangez les produits du restaurant», fait savoir F. Diop, une autre employée dâun restaurant très prisé.
En cas dâaccident de travail, ajoute cette dernière, câest lâemployé qui se prend en charge lui-même. On laisse lâemployé se débrouiller avec ses maigres moyens en dépit de la rentabilité de lâentreprise. «De 16h00 à 00h00, on peut verser plus dâun million».
![Dans lâenfer des employés des restaurants et fast-food à Dakar [Reportage] 5 repas fetes minceur](https://i0.wp.com/www.kafunel.com/wp-content/uploads/2017/12/repas-fetes-minceur.jpg?resize=696%2C464&ssl=1)
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Une maltraitance quâune ancienne employée de la même boîte, A. Kane confirme en ces termes : «Un travailleur en restauration à qui on interdit formellement de consommer les produits de lâentreprise est aberrant. Et pire les récalcitrants sont sévèrement punis».
Lâinspection du travail interpelés
![Dans lâenfer des employés des restaurants et fast-food à Dakar [Reportage] 6 Enfer des employés des restaurants et fast-food (Reportage)](https://i0.wp.com/www.kafunel.com/wp-content/uploads/2022/11/Enfer-des-employes-des-restaurants-et-fast-food-Reportage.jpg?resize=696%2C392&ssl=1)
Les inspecteurs du travail sont jugés en âconnivenceâ avec les gérants ou patron dâentreprises de restauration.
«Les inspecteurs du travail préfèrent aller voir le directeur ou le gérant pour négocier ou recevoir des pots de vin. De ce fait, si on part porter plainte au tribunal, lâemployeur gagne toujours le procès. Le mal est très profond», se désole A. Kane.
«Câest vraiment désolant de réduire les jeunes de ton propre pays en esclaves. Les conditions fixées dans les contrats de stage ne sont pas respectées. Au lieu de 46 h par semaine, lâemployé peut faire jusquâà 54h.
Câest grave. Même un petit retard est considéré et ponctionné sur le salaire à la fin du mois. Au vu et au su de lâinspection du travail», regrette la dame, dâun ton désespéré.













