La filière mangue en danger ! Le président du comité national de lutte contre les mouches des fruits au Sénégal, Cheikh Ngane, souligne lâimportance dâune meilleure prise en charge des problèmes générés par ses insectes qui détruisent « 50 à 80%ââ des productions fruitières annuelles en Afrique de lâOuest.
Les mouches des fruits « ont provoqué en 2006, les interceptions aux frontières de lâUnion européenne de lots de mangues, entraînant des pertes énormes pour les exportateurs ainsi que pour les économies de nos pays respectifs », a-t-il noté.Â
Lâimpact négatif de ces insectes ravageurs sur les performances physiques, économiques commerciales et financières des filières « est très important », a indiqué M. Ngane, lundi, au cours dâun atelier régional de capitalisation des acquis et de clôture du projet de soutien au plan régional de lutte contre les mouches des fruits en Afrique de lâOuest.
« En 2017, la zone de lâAfrique de lâOuest a connu un record dâinterceptions de mangue pour nos entreprises entrainant plusieurs milliers de tonnes de mangues chiffrées à des milliards de francs CFAââ, a-t-il déploré.
Selon Cheikh Ngane, le Sénégal « a été moins touché » comparé aux autres pays mais les pertes étaient tout aussi importantes.
Filière Mangue
Les exportations sénégalaises de mangues ont démarré en 1999 avec seulement 350 tonnes, mais depuis 2014, signale-t-il, la mangue est devenue le premier produit horticole exporté par le Sénégal avec un total de 22 000 tonnes commercialisées à lâétranger en 2018.
Aussi, compte tenu de lâimportance grandissante de cette filière, la Communauté économique des Etats de lâAfrique de lâOuest (CEDEAO) a mis en place en 2015, un projet de soutien dont les réalisations ont impacté la filière mangue dans les pays bénéficiaires, a-t-il indiqué.Â
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« Parmi ces acquis, on peut noter la réduction à 57% des interceptions des mangues aux frontières de lâEurope et lâaugmentation de 40% des exportations de mangues de lâespace CEDEAO vers lâEurope », a renseigné Cheikh Ngane.
Il fait observer que la mangue est produite dans la plupart des Etats de lâAfrique de lâOuest, dans un périmètre de « 540 000 kilomètres carrés qui sâétend du Sénégal jusquâà lâest du Nigéria pour une production dâenviron 1, 5 millions de tonnes, soit 4% de la production mondiale avec des pertes post-récoltes atteignant presque 50% ».
« Chaque année, a-t-il poursuivi, 100 mille tonnes de mangues fraiches sont destinées à lâexportation, là où 50 mille sont transformées ».
« La mangue représente depuis plusieurs années, une chaine de valeur porteuse et fait ainsi lâobjet dâun intérêt particulier de la part des gouvernements et partenaires ayant initié plusieurs programmes en ce sens », a-t-il relevé.
A cet égard, la CEDEAO sâest inscrite selon lui dans une perspective de gestion globale de la protection des végétaux contre les ravageurs tels que les mouches des fruits avec comme objectif de réduire les interceptions à lâexportation mais aussi améliorer les revenus des producteurs, entre autres objectifs.













