La rétrospective relations internationales de l’année 2022 pour le Sénégal résumé à la Neutralité, plaidoyer, impact sur le conflit russo-ukrainien. Retour sur les événements relations internationales marquants.
Neutralité, plaidoyer, impact – Rétrospective 2022 : le Sénégal et le conflit russo-ukrainien

Le Sénégal, dont lâéconomie extravertie est sensible aux chocs exogènes, a subi, à lâinstar dâautres pays du monde, les conséquences de la guerre en Ukraine, un conflit par rapport auquel ses autorités ont dâabord joué la carte de la neutralité, dans un contexte de résurgence des rivalités est-ouest, tout en faisant entendre la voix de lâAfrique dans le cadre de sa présidence de lâUnion africaine (UA).
Lâinvasion de lâUkraine par la Russie a entrainé le renchérissement des coûts de production et des prix des denrées de consommation courante, accentuant une inflation qui ne cesse de prendre lâascenseur depuis la pandémie de Covid-19.
Le Sénégal a adopté une position de neutralité dans ce conflit en sâabstenant, le 2 mars 2022, de voter une résolution condamnant ââl’agression de la Russie contre l’Ukraineââ. Ce jour-là , au Conseil de sécurité, 12 pays du continent nâavaient pas pris part au vote, tandis que 17 autres, dont le Sénégal, sâétaient abstenus. Cette posture de Dakar avait surpris bon nombre dâobservateurs.
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En Conseil des ministres, le chef de lâEtat, Macky Sall, avait fait part de « sa grave préoccupation face à la situation en Ukraine », après lâinvasion de ce pays par la Russie, tout en réaffirmant lâadhésion du Sénégal aux principes du non-alignement et du règlement pacifique des différends.
Dès le 24 février, Macky Sall, président de lâUA, et Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union réclamaient le âârespect de l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale de l’Ukraineââ, ainsi que ââl’instauration immédiate d’un cessez-le-feu et l’ouverture sans délai de négociations politiques sous l’égide des Nations unies’â.
Le 25 mars 2022, lâAssemblée générale de lâONU regroupant 193 Ãtats a adopté à une écrasante majorité de 140 voix dont celle du Sénégal, une nouvelle résolution non contraignante qui ââexigeââ de la Russie un arrêt ââimmédiatââ de la guerre en Ukraine.
Dans cette résolution sur les conséquences humanitaires de la guerre en Ukraine, lâAssemblée générale exigeait de Moscou un arrêt ââimmédiatââ des hostilités contre son voisin.

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Ayant compris très tôt que ce conflit ne serait pas sans conséquence sur le tissu économique des pays africains, le chef de lâEtat sénégalais profite de sa posture de président de lâUnion africaine (UA) pour appeler les protagonistes à la ââdésescaladeââ. Il sâentretient avec téléphone avec les dirigeants russe et ukrainien.
Le 03 juin 2022, le pésident Macky Sall rencontre même son homologue russe, Vladimir Poutine, à Sotchi, où il plaide en faveur du déblocage des céréales et des engrais stockés dans les ports ukrainiens et dont lâabsence sur le marché international affecte les pays africains.
« Malgré d’énormes pressions, la majorité des pays africains ont évité de condamner la Russie. Il y a une bonne partie de l’humanité qui, en réalité, est très attentive à ce qui se passe. C’est au nom de tous ces espoirs que je suis venu vous voir pour demander de prendre conscience que ces pays, même s’ils sont éloignés du théâtre, sont des victimes de cette crise au plan économique », affirmait Macky Sall devant le président Poutine.
Le Sénégal impacté

Le Sénégal, comme dâautres pays du continent, a subi la hausse des cours des céréales, due en partie à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui fournissent 60% du blé consommé dans le pays.
En juin, le ministère du Pétrole et des Ãnergies annonce que le prix à la pompe du litre de supercarburant va passer de 775 FCFA à 890 FCFA.
Il explique que ââle gouvernement du Sénégal a décidé de procéder à un réajustement tarifaire du prix à la pompe du supercarburantââ, à cause de ââla persistance des chocs exogènes qui ont occasionné la hausse des cours des produits pétroliers sur le plan internationalââ.
En dépit de cette hausse, ââle gouvernement continue de subventionner le supercarburant dont le prix de revient non subventionné devrait être arrêté à 1182 FCFA le litre à la pompeââ.
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Dans le souci de préserver le pouvoir dâachat de la plus grande majorité des usagers, le gouvernement décide de maintenir les prix des autres produits de consommation courante, notamment le gaz butane, le gasoil, lâessence ordinaire, lâessence pirogue, le pétrole lampant et le diesel oil. Les prix de ces produits sont donc restés inchangés.
En août, les cimentiers craignant de vendre à perte à cause de la hausse des facteurs de production réclament un ajustement des prix. Durement frappée, la cimenterie Dangote Cement Sénégal décide dâenvoyer tout son personnel en ââcongés collectifsââ.
Dans la foulée, le ministre du Commerce, dans une lettre circulaire adressée aux gouverneurs, annonce lâadoption des nouveaux prix du ciment par arrêté no 024750 du 9 septembre 2022.
A Dakar, le prix de la tonne à lâusine est fixé à 67 000 francs CFA et à 73 000 francs chez le distributeur, tandis que le sac de ciment revient à 3650 francs.
Onze mesures pour soulager les ménages

Au mois de novembre, le gouvernement lance les concertations sur la vie chère. Au terme des discussions, le président Macky Sall annonce des mesures de baisse des prix des denrées alimentaires, des loyers et d’autres services.
Il sâagit, selon le chef de lâEtat de ââ11 décisionsââ qui vont ââse traduire en 55 mesures entraînant des baisses immédiates sur les prix des produits et services de consommation courante. Il y aura également 112 mesures dâaccompagnement destinées à renforcer la politique de la souveraineté alimentaireââ.
Par exemple, le kilo de riz brisé indien passe de 350 à 325 FCFA, le litre dâhuile de 1 200 FCFA à 1 100 FCFA. Les loyers inférieurs à 300 000 FCFA sont appelés à baisser de 20 %, ceux compris entre 300 000 et 500 000 FCFA de 10 %, et ceux supérieurs à 500 000 FCFA de 5 %. Les 11 décisions prévoient également une baisse des frais de scolarité des écoles et universités, mais également une réduction des coûts des matériaux de construction.
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Dans la note de présentation du budget 2023, les services du ministère des Finances soulignent que ââle conflit russo-ukrainien a enfin agi comme un évènement aggravant des perturbations des chaines dâapprovisionnement et des tensions inflationnistes, en excluant, de fait, des marchés des matières premières agricoles et énergétiques, deux des plus grands producteurs mondiauxââ.
Conséquence de ce conflit, ââpresque partout, les prix des biens de consommation courante mais aussi des équipements et intrants industriels sont montés en flèche, avec notamment des conséquences très sévères sur le pouvoir dâachat des ménagesââ.
Le Sénégal nâa pas échappé à ce phénomène mondial, qui a obligé lâEtat à réagir avec lâadoption en mai 2022 dâune loi de finances rectificative (LFR).
A la fin du mois de juillet, lâinflation sâélevait à 11% en glissement annuel, en raison notamment de la hausse des prix alimentaires de 17,2% en un an.
Nouvelle dynamique dans le secteur agricole

Lâimpact de la crise ukrainienne a obligé les pouvoirs publics à opérer des ajustements et surtout, à impulser une nouvelle dynamique dans le secteur agricole avec la création dâun ministère de lâAgriculture et de la Souveraineté alimentaire.
Sous l’autoriteÌ du Premier ministre, le ministre de l’Agriculture, de l’Equipement rural et de la SouveraineteÌ alimentaire ââpreÌpare et met en oeuvre la politique deÌfinie par le Chef de l’Etat dans le domaine de l’agriculture, de l’eÌquipement rural et de la souveraineteÌ alimentaireââ.
A ce titre, il est chargeÌ de ââmettre en place un cadre coheÌrent de planification strateÌgique, de pilotage et de suivi eÌvaluation des politiques, strateÌgies et programmes agricolesââ.
En vue d’atteindre l’autosuffisance et d’assurer la seÌcuriteÌ alimentaire, ââil met en place des strateÌgies et programmes visant l’augmentation et la seÌcurisation des productions agricoles et l’ameÌlioration de leur qualiteÌ. Il promeut la diversification agricole, l’identification et le deÌveloppement de filieÌres agricoles porteusesââ.
A ce titre, il ââveille aÌ la disponibiliteÌ d’intrants de qualiteÌ, notamment les semences et les engraisââ et s’assure ââde la mise en place de dispositifs de veille et d’intervention en vue d’une bonne protection des végétaux’â.c













