ALERTE INFO ! Guinée-Bissau: la dissolution du parlement, un coup de frein à la démocratie et la pacification de l’espace politique. De coup dâEtat en coup dâEtat, la Guinée-Bissau a semblé retrouvé un tantinet de sérénité depuis lâavènement du président Umaro Sissoco Embaló. Mais les derniers évènements notés la semaine dernière ont remis ce petit pays de lâAfrique de lâOuest au devant de la scène internationale avec comme principale conséquence la dissolution du parlement.
Dissolution du parlement en Guinée-Bissau: un coup de frein à la démocratie et la pacification de l’espace politique

Alors que le monde a salué à sa juste valeur la grandeur du président bissau-guinéen lors des dernières législatives, le pays peine à rester dans lâorthodoxie républicaine.
Le 4 juin dernier, Embalo nâa pas contesté les résultats issus du scrutin, largement dominé par ses rivaux.
La coalition PAI-Terra Ranka remportait 54 sièges sur 102 au Parlement, soit plus de la moitié des suffrages des Bissau-guinéens.
La conséquence logique fut, comme déterminé par la Constitution du pays, la nomination dâun Premier ministre issu de la coalition gagnante.

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La nomination de Domingo Simoes Pereira à ce poste et lâacceptation sans réserve des résultats avaient ainsi placé la Guinée-Bissau à un niveau enviable au rang des pays où la loi électorale est observée.
Et depuis six mois, il nây a pas eu un fait qui obstrue à cette entente entre le Président Embalo et son opposition, réunissant en grande majorité dâanciens Chefs dâEtat ou Premiers ministres.
Le désamour entre les protagonistes nâa cependant jamais été un secret, et la méfiance a caractérisé les rapports dans un pays en proie au narcotrafic et où pour un rien, un coup dâEtat peut survenir à tout moment.
Quand un « coup dâEtat » militaire manqué provoque un coup dâétat institutionnel

Les violences qui ont marqué la capitale bissau-guinéenne, fin de semaine dernière, ont été dénoncées par lâinstitution sous-régionale dirigée justement par le président Emballo.
Celui-ci, comme sâil ne rêvait que dâun prétexte pour sortir de la cohabitation politique, nâa pas perdu du temps pour répondre à ce quâil qualifie de tentative de « coup dâEtat ».
Contre les principes de la Cedeao même, notamment son protocole additionnel qui enjoint les régimes à respecter lâEtat de droit, le président actuel de lâinstitution sous-régionale décide de dissoudre le parlement.
En y pensant et en y procédant, Emballo perpètre lui-même ce quâil semble abhorrer: un coup dâEtat.

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Dâailleurs, cette mesure radicale et illégitime risque de davantage chambouler lâordre politique et social du pays.
Cela préoccupe au plus haut point, même si lâinstitution quâest la Cedeao sâest jusque-là limitée à condamner les violences le jour même de leur occurrence.
A la place, câest la voix de lâUnion africaine qui se fait entendre, elle qui note avec inquiétude la dissolution du parlement.
La Cedeao fait la politique de lâAutruche et se complait dans le silence

Alors quâelle a dénoncé le déroulé des évènements de jeudi à vendredi dernier, la Cedeao se garde de commenter la dissolution du parlement bissau-guinéen.
Elle confirme ainsi les accusations de ne rouler que pour les présidents de lâinstitution, au lieu dâêtre la Cedeao des peuples.
Quelle différence y a-t-il entre un changement de régime opéré par la force et la dissolution dâun parlement en dehors de tout cadre légal?

La tentative de « coup dâEtat » est-elle lâÅuvre des parlementaires pour que leurs postes électifs leur soient retirés? Quand bien même la responsabilité de certains serait prouvée, cela justifie-t-il que le pays soit géré par le régime sans un parlement?
Aucune de ces interrogations ne pourrait avoir une réponse qui puisse justifier la dissolution du parlement bissau-guinéen.
Au contraire, cette mesure va exacerber les rivalités et pourrir dâavantage la situation politique dans ce pays qui peine à asseoir une vraie démocratie.













