à la Une de la Revue de presse internationale du 28 décembre 2023 Kafunel : lâUnion européenne est orpheline. « Le père de lâEurope » est mort, écrit Le Soir : Jacques Delors sâest éteint mercredi 27 décembre, chez lui à Paris, à lââge de 98 ans. Et ce jeudi matin, tous les journaux européens rendent hommage à celui qui est, pour certains, « lâarchitecte » de lâEurope, pour dâautres son « bâtisseur » â dans tous les cas, celui qui a construit de ses idées le projet européen.
Revue de presse internationale du 28 décembre 2023 Kafunel

Un homme discret, pour qui « le glamour nâa jamais été important » se souvient la Sueddeutsche Zeitung. Un homme qui se distinguait par son « élan » autant que sa « modestie » estime Le Soir, « sans chichis » ajoute encore El Pais.
Quelques pages plus loin, le journal espagnol affirme sans ambages quâ« aucune personnalité nâest autant associée que la sienne à la présidence de la Commission » quâil a emmenée pendant dix ans.
Un héritage imposant

En fait, sans « âââââââce petit homme presque discret, lâeuro nâexisterait pas aujourdâhui », assène le Sueddeutsche Zeitung, « et peut-être même pas le marché intérieur ».
Car malgré sa modestie, Jacques Delors était animé, « désireux de changer le cours des choses », croit savoir Le Temps.
De tout son parcours â employé de la Banque de France, député européen, ministre de lâÃconomie et des Finances â, c’est bien son « âââââââlong mandat » auprès de la Commission européenne qui marque le plus les esprits.
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Une décennie parmi « les plus fertiles de lâEurope » salue Le Soir, ponctuée par « âââââââle temps du marché unique, du traité de Maastricht, de lâUnion économique et monétaire, de la charte sociale, du programme Erasmus ».
Et comme si cela ne suffisait pas, câest aussi, ajoute le journal belge, « âââââââle temps de lâélargissement » (Portugal, Espagne, Autriche, Finlande, Suède).
Et puis, « âââââââle temps de la réunification allemande » ; le temps, enfin, « âââââââdes prémices de lâeuro ».
Un personnage ne faisant pas lâunanimité

Et particulièrement pas en Grande-Bretagne où, se souvient le Guardian, « âââââââDelors sâest régulièrement pris le bec avec la Première ministre dâalors, Margaret Thatcher ».
Au point de devenir « âââââââle croquemitaine en chef des eurosceptiques britanniques », jusquâà ce coup dâéclat du Sun, dont se souvient le journal britannique : « Ce sont ces relations qui ont conduit le tabloïd à titrer en Une, en 1990, « Delors, va te faire voir ». »
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Rétrospectivement, estime le Guardian, câétait « âââââââun avant-goût de ce qui se produirait 25 ans plus tard durant la campagne pour le Brexit ».
En France non plus, Jacques Delors ne faisait pas lâunanimité : « Vous nâêtes pas assez à gauche pour le Parti socialiste », lui aurait dit lâancien président François Mitterrand, rappelle ainsi Libération.
Jacques Delors a, en effet, « perdu de nombreux amis à gauche » avec ses politiques dâaustérité au début des années 1980. Mais tout est affaire de points de vue, puisque Le Figaro considère au contraire que Delors était un « âââââââgéant de la gauche française ».
En France, lâhistoire dâune succession de loupés

Dâabord, Jacques Delors nâa jamais été Premier ministre. Il y a eu aussi ces bras de fer fréquents avec son propre camp, lui qui, selon Le Temps, « âââââââincarne sans états dââme la rigueur ».
Et surtout, il y a ce que le journal suisse, mais aussi Le Soir, qualifient de « ââââââârendez-vous manqué » : son renoncement à la présidentielle de 1995. à lâépoque, se souvient Libé, il rentre en France, « âââââââauréolé de son bilan à Bruxelles » et « âââââââest vu comme le seul, à gauche, à avoir une stature dâhomme dâÃtat ».
En ce 11 décembre 1994, raconte Le Soir, « âââââââle pays entier est suspendu à la télévision », dans lâattente de lâévidence : lâofficialisation de la candidature de Jacques Delors. Et pourtant : « âââââââCâest la douche froide. Le candidat pressenti renonce. Et câest irrévocable. »
Car en réalité, croit savoir le journal belge, « âââââââde [la] gauche, il sait pertinemment quâil nâest que le candidat par défaut, lui dont le programme nâest pas alors franchement celui défendu par les socialistes ».

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Car Jacques Delors voulait apurer les finances publiques, brutalement sâil le fallait. Et puis, peut-être, interprète Le Temps, Jacques Delors était-il « lâhomme qui craignait de se salir les mains ».
Câest à partir de ce moment-là que, à lâaube de ses 70 ans, il se retire peu à peu dans lâombre, collabore avec lâUnesco, crée son think tank. Avec le temps, reconnaît le Sueddeutsche Zeitung, « son influence a diminué ». Cela nâinterdit pas au journal allemand de rendre ce dernier hommage : « âââââââMerci, monsieur Euro. »
Par : La Rédaction Kafunel













