
Dimanche 4 Février 2018. Depuis son lit d’hôpital. Le commissaire Boubacar Sadio interpelle le président Macky Sall sur les promesses non tenues.
«La parole donnée, la parole signée devant le peuple doit être scrupuleusement respectée.» Benoit HAMON. (Homme politique français)
Excellence, tout dâabord la modeste personne que je suis, sâexcuse dâemblée de son impertinence en vous interpellant à travers une lettre ouverte. Cette forme épistolaire me parait la plus indiquée. En effet, je ne mâadresse pas à Macky SALL en tant que personne mais à Monsieur le Président de la République, investi aujourdâhui, par la grâce divine, de la responsabilité de présider aux destinées de 14 millions de Sénégalais.
De même que je mâadresse à vous en ma qualité de citoyen dont vous êtes le mandataire et à qui il vous est fait obligation moralement et constitutionnellement donc juridiquement de rendre compte de tout acte entrepris en son nom.
Je peux mâautoriser à dire que je vous interpelle au nom de tous les citoyens. Et à ce titre, mon adresse revêt un caractère collectif.
Excellence, je puis dire quâà la lecture de la présente lettre, comme des lycaons affamés vos sbires, thuriféraires et autres hommes de corde et de sac, vont se livrer à une concurrence effrénée pour qui répondra le plus vite et de la manière la plus acerbe à ce prétentieux citoyen, de surcroit issu de la flicaille ; avec évidemment pour seul but de se faire remarquer par le boss et espérer ainsi bénéficier dâune grâce supplémentaire.
Ils seront dans leur bon droit, ces proches collaborateurs privilégiés, toujours assis à califourchon sur Sirius et se croyant sorti des cuisses de Jupiter (principale divinité du panthéon romain).
Seulement quâils répondent sur chacun des points soulevés et ne point verser dans des généralités ou user de calembredaines.
Je rappelle seulement que quand lâinsulteur public Assane DIOUF sâest permis de vous agonir dâinjures et de vous faire subir une avanie, aucun de ceux qui vont répondre à ma lettre, nâa osé lever le petit doigt pour vous défendre. Alors vous pouvez douter de leur sincérité.
Excellence, quâon ne convoque point le PSE, le PUDC, le PUMA, Promoville et autres appellations que vos partisans aiment seriner comme des incantations qui en réalité participe de lâart de lâenfumage.
Et ce pour la simple raison quâaux premiers instants de votre élection, vous aviez dit, de retour dâun voyage à Ouagadougou que nous nâétiez pas élu pour faire des routes, faisant allusion malicieusement à votre prédécesseur qui pourtant vous aura tout donné.
En clair vous vous situiez dans de nouveaux paradigmes avec comme slogan ââLa Patrie avant le partiââ ââgestion sobre et vertueuseââ et tutti quanti. En somme vous sembliez privilégier les principes axiologiques portant sur les valeurs dâéthique, sur la moralisation de la praxis politique.
Excellence, le simple citoyen que je suis sâautorisera, avec une témérité assumée mais aussi en toute légitimité, de sâinterroger sur certains aspects du comportement, de lâattitude et de la posture de celui qui préside, par la volonté de 65% de ses compatriotes, à la destinée de ce pays. Il sâagira dâune double interpellation relative à votre idiosyncrasie.
QUID DE CE QUI SERAIT UNE FAIBLESSE ?
Excellence, à Fatick, au cours dâélections nationales, vous avez imposé votre statut officiel et votre force physique pour obliger les membres du bureau de vote à vous laisser voter alors que vous ne disposiez pas dâune pièce dâidentification comme exigée par le code électoral. Cette bravade nâest point de la bravoure, câétait plutôt le signe dâune certaine faiblesse.
En effet devant certains obstacles, certaines adversités, le faible fait toujours preuve dâune certaine témérité pour sâaffirmer.
Lâattitude qui seyait, fût de reconnaitre votre erreur ou votre négligence et éventuellement de solliciter la compréhension des membres du bureau de vote qui certainement devant votre humilité feraient preuve de compréhension.
Excellence, votre griot attitré dont le physique reflète concrètement la laideur et son étroitesse dâesprit a eu un comportement dégoutant qui a suscité chez beaucoup de nos compatriotes, notamment chez les dignes chevaliers du commandement territorial un profond sentiment de désolation, de honte, dâindignation, de révolte et de mépris.
En effet, votre gros, gras et dodu griot, se serait permis, au cours dâune cérémonie funéraire qui exigeait que tout le monde observât un comportement digne et de recueillement, dâinterpeller le Préfet, c’est-à -dire votre représentant, pour lui faire subir des avanies devant un public médusé.
Votre griot attitré, courtisan qui vit à vos dépens, sans retenue et imbu dâune autorité, dâun pouvoir et dâune arrogance que lui confère sa proximité avec vous, a trainé et voué aux gémonies le préfet de KANEL en sa qualité de représentant du Président de la République. Un tel geste, déshonorant et offensant à lâendroit de tout le commandement territorial est resté impuni. Rangé aux oubliettes.
Serait-ce de la faiblesse de votre part ?
Excellence, quelques jours après, votre griot attitré, courtisan vivant à vos dépens, a eu un comportement qui a choqué plus dâun.
En effet, alors que vous étiez assis et confortablement installé à la tribune officielle en votre qualité de Représentant du peuple Sénégalais et dâinvité dâhonneur de la cérémonie commémorative du 52e anniversaire de lâaccession à la République de Gambie à la souveraineté nationale, votre griot attitré sâest dirigé à la tribune officielle, au mépris du protocole, pour venir vous saluer ; et vous vous êtes levé. Une image choquante. Jâavais dit quâil se serait comporté comme ça au Sénégal que les éléments du GIGN lâauraient empaqueté et jeté dans leur fourgon.
Serait-ce de la faiblesse de votre part ?
Excellence, au mois de décembre 2013, à la Présidence de la République, qui nâest point un lieu privé encore moins une demeure privée mais plutôt le siège officiel du mandataire du peuple souverain, votre griot attitré et le sieur Birane FAYE, alors Directeur de lâAgence pour lâemploi des jeunes (ANEJ) ont échangé des coups de poings au cours dâun face à face digne des grands combats de lutte.
Et ce, suite à la provocation manifeste de votre gros, gras et dodu griot. Et cela avait provoqué votre grosse ire. Aucune réaction vigoureuse de votre part.
Serait-ce de la faiblesse de votre part ?
Excellence, votre griot attitré sâest donné en spectacle en provoquant le Ministre Abou Là et ce, devant vous.
Un spectacle désolant qui avait suscité lâindignation dans votre entourage. Bien quâoutré par ce comportement de chiffonner vous nâaviez pas jugé nécessaire de sévir.
Pourquoi votre griot attitré bénéficie-t-il de tant de complaisance ?
Un simple crieur public, un minus habens qui nâa de mérite que de chanter les louanges dâune certaine noblesse et la généalogie souvent usurpée dâun individu, fut-il un roi.
Serait-ce de la faiblesse de votre part ?
Excellence, votre regroupement lâAPR (ce nâest pas encore un parti) est une véritable armée mexicaine composée dâéléments dâune indiscipline caractérisée avec une propension pathologique et effrénée à lâinsulte et à lâinjure. Combien de fois ont-ils eu à enfreindre vos ordres, à outrepasser vos injonctions, à ne pas appliquer encore moins considérer vos instructions.
Combien de fois avez-vous sifflé la fin de la récréation pour ne pas dire de la cacophonie voire de la pagaille. Jamais ils vous ont obéi, jamais non plus vous nâavez pris de sanction, et si par extraordinaire il vous arrive dâen prendre pour aussitôt trouver une compensation.
Serait-ce de la faiblesse de votre part ?
Excellence, un ministre de la République en lâoccurrence Mbagnick NDIAYE pour ne pas le nommer, a, au cours dâune cérémonie de passation de service folklorique, affirmé que câest grâce à votre épouse Marième FAYE, que lui et un de ses collègues avaient été nommés dans le gouvernement. Et à ce titre, il lui manifeste toute sa reconnaissance.
Câest une déclaration dont lâauteur emballé, et grisé par lâambiance euphorique, nâa pas réalisé la gravité Un autre Président lâaurait immédiatement débarqué de lâétalage gouvernemental ; ne serait-ce que pour préserver sa crédibilité et montrer aux populations que câest lui qui tient le gouvernail.
Il paraitrait, jâen doute, que vous aviez voulu agir dans ce sens, mais que de bonnes volontés vous en auraient dissuadé.
Serait-ce de la faiblesse de votre part ?
Excellence, et que dire de lâattitude de Souleymane Jules DIOP qui a tenu des propos désobligeants à lâencontre de son ministre Mankeur NDIAYE quâil a défié publiquement allant jusquâà faire des allusions irrévérencieuses sur les penchants vicieux de son supérieur hiérarchique. Et pour trancher ce débat qui commençait à polluer lâespace public, vous avez promu lâimpertinent à une station supérieure.
Serait-ce de la faiblesse de votre part ?
Excellence, concernant le même Souleymane Jules DIOP, pendant des années alors que de courageux Sénégalais, bravant toutes sortes de difficultés, faisaient moult sacrifices physiques et financières pour défendre le candidat Macky SALL, le sieur Souleymane Jules DIOP nâa eu de cesse de vous présenter sous un mauvais jour, en vous décrivant comme un homme faible (encore cette faiblesse), sans consistance, sans épaisseur politique ni intellectuelle, incompétent et incapable de diriger une quelconque institution, même pas un GIE , à fortiori, la Présidence de la République.
Nâavait-il pas déclaré que voter Macky SALL, câest élire Marième FAYE ? Aussi nâarrive-je pas à comprendre la logique qui vous a poussé à lâappeler à vos côtés et en faire un proche collaborateur.
Serait-ce de la faiblesse de votre part ?
Excellence, votre ministre Moustapha DIOP que vous semblez chouchouter, a été irrespectueux et irrévérencieux, impoli envers dâhonorables magistrats de la cour des comptes venus simplement à son service pour sâenquérir de la gestion du fonds national de la promotion de lâentreprenariat féminin.
Rien que pour cela, il les a traités de ââpetits magistratsââ de rien du tout qui viennent régler des comptes. Il les a éconduits avec mépris et désinvolture. Plus révoltant, le ministre Moustapha DIOP nâa aucunement daigné présenter ses excuses.
Câest malheureusement vous, en votre qualité de Président de la République, qui êtes venu à résipiscence pour le compte et au nom de ce petit ministre.
Serait-ce de la faiblesse de votre part ?
Excellence, voilà énumérées, de bonnes raisons qui peuvent amener le citoyen à croire que vous seriez un Président faible. Et la faiblesse est la pire des tares pour un chef dâétat ? Plutôt que de la faiblesse cela pourrait être une gentillesse pathologique.
QUID DE LA PAROLE DONNEE ?
Reprenant Benoit Hamon candidat socialiste malheureux aux dernières élections présidentielles françaises, je dirais que la parole donnée, la parole signée devant le peuple doit être scrupuleusement respectée. Ici lâadverbe a tout son sens et toute sa signification.
Nous sommes héritiers de sociétés traditionnelles marquées par lâoralité où la parole régit les relations interpersonnelles où les engagements, les serments et les contrats sont définis sur la base de la simple parole. Simple parole certes, mais dâune grande valeur éthique et morale. Surtout la parole dâune autorité, dâun chef.
Qui plus est, dans nos sociétés dâaujourdâhui, la grande masse des populations, considèrent que lâautorité est dâessence divine. Ne dit-on pas que ââBuur Yala Moko Falââ. Je reconnais tout de même que câest un déterminisme social très commode. Tout ceci pour dire que la parole dâun Président de la République a une valeur sacrale, une sacralité qui lâoblige à toujours faire ce quâil dit et dire ce quâil fait.
Excellence, avec tout le respect que je vous dois et toute la considération quâimpose votre statut, je suis au regret de constater malheureusement et pour le déplorer tristement que vous avez accumulé durant votre magistère beaucoup de renoncements, trop de reniements et moult abjurations.
Excellence, la période préélectorale de 2012 a été émaillée par beaucoup dâincidents et de manifestations avec mort dâhommes, au total 12. Tout cela pour sâopposer aux forfaitures de votre prédécesseur. Et tous les responsables politiques de lâopposition avaient individuellement et collectivement fait le serment de rester unis à Dakar pour affronter les forces de lâordre.
Les images sont là montrant pratiquement les grands chefs de lâopposition inhalant du gaz lacrymogène. Câest triste de le dire, mais vous êtes délié de cet engagement pour aller battre campagne solitaire pendant que vos collègues luttaient avec une bravoure et une ténacité à saluer. Comment qualifier votre attitude ? De toutes les façons vous nâavez pas respecté votre engagement.
Excellence, vous nâaviez promis au cas où vous serez élu, de former un gouvernement qui ne dépasserait pas 25 membres. Votre premier gouvernement a largement dépassé la trentaine. Aujourdâhui votre gouvernement compte une quarantaine de membres, compte évidement non tenu de la cinquante de ministres dâEtat, ministres conseillers qui gravitent autour de la galaxie présidentielle. Beaucoup de nos compatriotes sont déçus par cette promesse non tenue. Comment qualifier votre attitude ? De toutes les façons vous nâavez pas respecté votre engagement.
Excellence, votre promesse qui vous avait voulu la sympathie voire lâadhésion de beaucoup de Sénégalais à votre programme, câest dâavoir juré une fois élu, de réduire le mandat du président de 7 à 5 ans en commençant par le premier mandat que vous exercez.
Une telle déclaration a été perçue comme celle dâun homme détaché du pouvoir et qui nâavait comme seule ambition de servir son peuple. Non seulement câétait une promesse du candidat que vous étiez mais câétait surtout ce qui donnait beaucoup plus de solennité à vos propos, lâengagement dâun Président de la République.
Cet engagement a été déclaré urbi et orbi, devant les plus grandes personnalités politiques du monde, au sein des plus grandes instances et au cours des circonstances les plus solennelles.
Hélas ! Avec la bienveillance suspecte du Conseil constitutionnel vous vous êtes agrippé sur un avis, un simple avis pour ne pas abréger votre mandat en cours.
En réalité, votre rhétorique captieuse sur la réduction de votre mandat qui avait séduit, fasciné et émerveillé beaucoup de Sénégalais, sâest révélée un véritable vaudeville qui aura provoqué la déception et la frustration de tous ceux qui y avaient cru.
Votre engagement avait suscité chez vos compatriotes une réelle fierté et les avait amenés à se vanter de lâexception Sénégalaise.
Comment qualifier votre attitude ?
De toutes les façons vous nâavez pas respecté votre engagement.
Excellence, vous avez séduit beaucoup de nos compatriotes avec de belles formules et des slogans accrocheurs. Ainsi aviez dit que votre gouvernance sera exercée sous le sceau de la vertu et de la sobriété.
Beaucoup de Sénégalais, sâétaient dit quâenfin nous avons un Président qui va moraliser la vie politique, lâespace public et préserver nos maigres deniers publics et que certainement il sâastreindra à voyager le moins possible contrairement à son prédécesseur et ce, pour être à lâécoute et à proximité de son peuple.
Malheureusement câest tout le contraire qui se constate. Vous voyagez beaucoup et restez rarement au pays. Le coût total cumulé de vos voyages se chiffre à des milliards de nos francs grevant ainsi le trésor public. Nombreuses sont vos dépenses somptueuses et somptuaires dâaucune utilité pour les populations.
Vos libéralités apparentes ou sous-jacentes ont excessives. Les dessous de tables profitent à des gens qui nâont aucune légitimité ni mérite pour en jouir sans compter lâindécence de la pratique.
Comment qualifier votre attitude ?
Excellence, on peut situer dans la même veine, votre slogan ââLa patrie avant la partiââ. Une belle formule, dâune ingéniosité qui a séduit plus dâun. Malheureusement la pratique a montré tout le contraire. Vos actes et paroles ont totalement pris le contrepied de ce beau slogan qui a été altéré pour devenir ââLa fratrie avant le parti et le parti avant la patrieââ.
Le clanisme et le népotisme sont érigés en principe de gestion des affaires publiques et dâascension sociale. La famille a envahi lâespace public et impose une véritable sphère dâinfluence.
Le mérite nâest plus une culture de réussite et de progression dans la carrière, seule la détention de la carte du parti offre au citoyen en général et à lâagent public en particulier une possibilité dâavancement. Comment qualifier votre attitude ?
Excellence, vous avez eu à déclarer publiquement, en prenant à témoin lâopinion publique nationale et internationale que jamais il ne vous viendra à lâesprit de prendre un décret pour nommer votre jeune frère Aliou SALL à un quelconque poste de responsabilité publique.
Cet engagement entrait en droite ligne de votre combat contre le népotisme et de votre volonté affichée et maintes réaffirmée de rompre dâavec les mauvaises pratiques de lâancien régime. Malheureusement et câest vraiment triste de le constater, vous avez failli à cette promesse.
Vous vous êtes dédit en passant outre ce serment pour nommer votre jeune frère Aliou SALL à la tête de la caisse de dépôt et de consignation. Une structure qui gère près de 200 milliards. Comment qualifier votre attitude ?
Excellence, vous aviez dit que la CREI était réservée aux gestionnaires de lâancien régime et que lâOFNAC était destiné aux gestionnaires de lâactuel régime.
Concernant la CREI, tout le monde sâest rendu compte quâen réalité sa résurgence nâavait quâun seul et unique objectif, celui dâéliminer Karim WADE, et faire dâune pierre deux coups. Mettre hors circuit un adversaire politique dangereux et assouvir un sentiment, un désir de vengeance.
Quant à lâOFNAC, jusquâau moment où jâécris les lignes, aucun responsable, aucun gestionnaire nâa été traduit devant les tribunaux, alors que des dizaines ont été épinglés par des rapports accablants. Et malheureusement, vous avez eu personnellement à avouer que vous avez mis le coude sur certains dossiers.
Je peux affirmer quâaucun des fautifs ne sera traduit en justice.
Et ce pour la bonne et simple raison quâils font partie des 5 chevaliers de lâApocalypse sur qui vous comptez pour gagner les élections au 1er tour. Il sâagit de Cheikh KANTE du Port, de Ciré DIA de la Poste, de Cheikhouna ANNE du COUD, de Moustapha DIOP et de dâAmadou BA.
Les frasques des 4 premiers nommés sont largement connus du grand public, quant à Amadou BA une prochaine contribution permettra aux Sénégalais de découvrir le personnage sous une nouvelle facette pour avoir été chef de service, directeur, directeur général et Ministre. Et partout où il est passé, il est fort aisé de lui reprocher des actes peu orthodoxes. Prenant lâopinion nationale et internationale à témoin je puis affirmer de manière péremptoire quâaucun des directeurs généraux épinglés par les différents corps de contrôle, ne sera traduit en justice.
Et pourtant vous devez savoir que « lââme, lâesprit et le sens de lâEtat repose dans le droit et la justice. » (Marcus CICERON)
Excellence, venons-en à cette pratique malsaine et abjecte que vous aviez tant décriée dans le passé. Il sâagit de la fameuse transhumance que vous-même aviez qualifiée de cancer de la vie politique.
Câest effarant quâaujourdâhui vous lâencouragiez et que vous en êtes le chantre et le héraut. Et publiquement et sans pudeur vous encouragez et incitez les hommes politiques notamment vos adversaires politiques à sây adonner.
Les transhumants sont des êtres détestables et honnis pour qui je nâai que mépris et dégout. Quant à ceux qui les accueillent ils nâont quâune dignité égale à celle des renégats quâils reçoivent.
Tous des vermines de la pire espèce qui ne font quâexprimer leur animalité donc leur incapacité et leur illégitimité à diriger des hommes. Les transhumants comme la plupart des hommes politiques sont uniquement guidés et mus par leurs intérêts égoïstes.
« Les vertus se perdent dans les intérêts comme les fleurs dans les mers » (La Rochefoucauld). Comment interpréter votre attitude sinon un revirement spectaculaire.
Excellence, vous aviez promis, une fois élu, de faire de la Présidence de la République un lieu solennel où la vulgarité et le prosaïsme seront bannis.
Aujourdâhui, il est malheureux et triste de le constater pour évidement le déplorer avec véhémence et indignation, le Palais de la République est non seulement privatisé mais est devenu le lieu de rencontre et le siège infesté dâune horde dâécornifleurs, dâune bande de copains et de coquins incultes et ignares, dâune meute de profitards sans vergogne, dâun groupe dâarrivistes ploutocrates, dâun réseau de maquignons et de soudards de tous acabits et dâune masse pourrie de transhumants politiques qui ont vendu leur âme au diable et bradé leur dignité.La présence de toute cette faune humaine, immorale et amorale a créé une atmosphère kafkaïenne dans ce haut lieu censé être le siège de la volonté du peuple.
Excellence, lors de la campagne électorale de 2012, pour marquer la différence entre vous et les autres candidats et pour davantage emporter lâadhésion de vos compatriotes, vous aviez dit que vous ne faites pas des promesses mais que vous formulez des engagements ; une manière de faire comprendre que vos propos seront actés et concrétisés et que ce ne sont pas des paroles en lâair.
Malheureusement, à lâépreuve, les Sénégalais, hors mis vos affidés, se sont rendu compte que les actes que vous posez et les actions que vous menez sont aux antipodes de vos engagements dâantan.
Sachez une bonne fois pour toute que le vaillant peuple Sénégalais préfère au verbe haut, facile et creux, lâaction forte, utile et productive.
Excellence, je nâai fait quâévoquer des faits précis, relater des situations réelles et citer des paroles avérées. Toutes choses qui, à mon humble avis, semblent démontrer que vous seriez un homme faible de caractère peu enclin à respecter sa parole.
Hélas ! La conjonction de ces deux tares chez une même personne le disqualifie pour assumer un quelconque leadership, exercer certaines fonctions et se voir confier certaines responsabilités.
Et me vient à lâesprit le portrait quâavait dressé Souleymane Jules DIOP sur votre personne. Ce que je puis dire, est que le propre et la caractéristique dâun homme faible, câest de manquer de courage.
Et ce manque de courage lâamène et le conduit toujours à refuser lâadversité frontale. Aussi utilise-t-il souvent des expédients pour contourner les obstacles. Honni soit qui pense aux déboires actuels de vos potentiels adversaires à lâélection présidentielle.
Excellence, vous aviez parfaitement raison de dire que vous nâavez pas été élu pour construire des infrastructures, notamment des routes.
Câest pourquoi je me permettrais de vous dire ceci «Les inscriptions gravées sur du marbre à lâoccasion de vos nombreuses inaugurations, le temps implacable les effacera ; les autoroutes, les forages, les châteaux dâeau, les ponts et les échangeurs que vous construisez sâeffriteront ; les mosquées et les résidences que vous bâtissez dans les cités religieuses tomberont en poussière. Alors que faire ? Il vous faut valoriser vos concitoyens dont les âmes, parce quâétant des hommes, sont immortelles en leur inculquant de bons principes moraux, dâéthique, de justice, dâéquité, dâégalité, de vérité, de droiture, dâhonnêteté, de dignité et de la juste peur de Dieu ainsi que lâamour de son prochain. Câest seulement ainsi que votre Åuvre pourrait illuminer votre peuple jusquâà la fin des temps.»
Excellence, vous êtes un croyant et de surcroit un musulman. A ce titre je vous fais part des propos de George Bernard SHAW, prix Nobel de littérature en 1925 qui parlant du prophète Mohamed (PSL) disait «il faisait toujours montre dâun égard scrupuleux envers ses engagements.»Puisse Allah le Tout-Puissant incontesté et incontestable de nos destinées dâêtres insignifiants et ignorants, vous inspire à suivre lâexemple du prophète (PSL).
Excellence, au verbe haut le peuple préfère lâaction forte.
Je vous prie dâagréer Excellence, lâexpression de mes sentiments les plus distingués.
Dakar, le 02 Février 2018 Boubacar SADIO Commissaire de Police divisionnaire de Classe Exceptionnelle à la Retraite Ancien Directeur Général Adjoint de la Police Nationale [email protected]Â












