Par la suite, elle enchaîne avec 24 séances de chimiothérapie dâentretien, à raison dâune toutes les trois semaines. « Je me sentais plutôt bien, si ce nâest quelques désagréments comme des maux de tête, saignement de nez, gencives sensibles. »
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Mais le 13 septembre 2017, nouveau coup dur pour la jeune femme : des examens confirment une récidive ganglionnaire.
« Jâétais complètement âà platâ, je nâavais plus de plaquettes, plus de globules ; je nâavais plus dâimmunité et jâai dû être transfusée. Jâai été plusieurs fois hospitalisée mais pour ne pas perturber les enfants, jâai demandé à pouvoir sortir. Je devais respecter certaines recommandations comme ne pas sortir de la maison ou porter un masque en présence des enfants. »
Et comme un malheur nâarrive jamais seul, les médecins lui apprennent quâelle est porteuse dâune mutation du gène BRCA1, qui augmente le risque de développer un cancer du sein avant 40 ans…
« Je vais sans doute devoir subir une mastectomie préventive bi-latérale courant 2018. Mais que lâon me retire les seins me dérange âmoinsâ car on nous les reconstruit. Ce qui mâa le plus marqué, même si jâai la chance de déjà avoir des enfants et que je suis comblée, ce sont tous les autres attributs que lâont mâa retirée, et que lâon ne pourra pas remplacer : les ovaires, lâutérus⦠Pour moi, cela touche vraiment à la féminité. On ne mâa pas fait de prélèvement dâovocytes et on ne mâa dâailleurs pas posé la question, certainement parce que jâai été assez claire en disant que jâavais déjà des enfants et que je voulais que lâon me sauve la vie. Je ne pourrais plus en avoir. Câest dur à accepter, mais pour moi lâessentiel est de rester en vie pour les voir grandir. »
Des guides précieux à travers la maladie
Lâun des grands regrets dâOli : que lâon ne parle pas assez du cancer des ovaires en France. « Câest important dâêtre informé. Moi, je nâavais jamais entendu parler de ce cancer et ce serait bien quâil gagne à être plus connu grâce à la force des médias et réseaux sociaux. »
Heureusement, elle trouve une alliée précieuse en Charlotte Husson, elle aussi atteinte du cancer de lâovaire. Créatrice du blog et des box beauté Mister K Fighting Kit, elle a été un véritable soutien pour la jeune femme.
« Sans Charlotte, je pense que jâaurais mal vécu la maladie car jâaurais été dans lâinconnu. Nous avons souvent été en contact, elle prenait beaucoup de mes nouvelles, demandait comment jâallais, câétait très touchant. Elle mâa vraiment âaccompagnéâ. Câest une fille motivante, qui ne dédramatise pas la maladie, et qui arrive à faire passer des messages avec une telle force ! »
« Belles contre le cancer », un blog pour se « sentir utile »
Soucieuse de faire connaître le cancer des ovaires et de pouvoir elle aussi aider dâautres femmes touchées par la maladie, Oli a elle aussi sauté le pas en créeant son blog, « Belles contre le cancer »*.
« Dans la vie, je note tout dans des calepins. Quand jâétais hospitalisée, mes sÅurs mâen on offert plusieurs. Jây racontais mes journées, notais mes humeurs, les produits de beauté que je testais, des recettes⦠Tout. » Conscients que ce support lâaide dans son parcours de soin, le corps médical lâencourage à faire de même dans un blog. « Il me permet de faire beaucoup pour les autres : jâai pu distribuer des produits de beauté et proposer un atelier pâtisserie de Noël pour les adolescents et jeunes adultes à lâinstitut Gustave Roussy par exemple. Jâai besoin de faire des choses. Ce blog me permet non pas dâavoir un pied dans la vie active, mais de me sentir utile. »
Un long chemin encore à parcourir vers la rémission
Aujourdâhui, Oli se sent « bien » et refait même du sport, « mais plus des sports de combat comme avant. ». Elle marche, « même quand ça ne va pas », prend des cours de yoga, fait de la natation⦠« Bien entendu, quand je fais mes séances de chimio, je suis fatiguée, il y a les nausées et les vomissements, mais après ça va. Je trouve quâil y a pire, jâarrive à me déplacer, à faire encore ce que je veux. »
Elle mise aussi sur l’acupuncture et l’homéopathie, des médecines alternatives quâelle a découvertes au cours de ses hospitalisations et qui lâaident au quotidien. « Sans elles je nâaurais pas eu la même forme et nâaurait pas aussi bien récupéré après les opérations et les cures de chimiothérapies. Câest magique ! »
Elle dit garder le moral grâce à un entourage très présent et protecteur : « Jâéchange des messages avec mes soeurs toute la journée. Avec leur énergie je nâai pas le temps dâêtre morose. Même si, comme tout le monde, jâai quelques coups de blues (rires). Mais jâespère guérir vite et sortir des traitements. »
Début mars 2018, Oli doit revoir son oncologue pour savoir, en fonction de lâévolution de son cancer, si elle devra être ré-opérée pour enlever dâéventuels ganglions. Dans le cas contraire, elle commencera de la radiothérapie.
« Par la suite, je vais devoir prendre un traitement pendant plusieurs années pour bloquer les cellules cancéreuses. Les récidives sont très fréquentes et très rapides. La preuve jâen ai fait une ! Il nây a pas encore assez de recul pour parler de rémission et câest un mot que mon oncologue ne préfère même pas prononcer. »
Optimiste, mais lucide, Oli force le respect. En combat permanent contre la maladie depuis deux ans, celle-ci ne lui a pourtant pas fait perdre deux choses essentielles : son sourire (photos à l’appui !) et lâespoir dâune guérison.












