Africains morts en Ukraine sont-ils des « tirailleurs » ou « mercenaires » ? Moscou et Kiev se livrent à une bataille de communication sur le nombre et le statut de ressortissants du continent décédés sur le front de lâEst européen.
Africains morts en Ukraine : « tirailleurs » ou « mercenaires » ?

Qui manipule cette Afrique que dâaucuns voudraient présenter comme naïve face aux soubresauts actuels de lâordre mondial ?
Pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui sâadressait, lundi, à lâUnion africaine, lâAfrique serait « lâotage » influençable dâune Russie qui tente dâagiter le spectre dâune famine quâelle contribue à créer par le blocus des exportations de céréales de lâUkraine.
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Pour le régime de Vladimir Poutine, à lâinverse, certains Africains seraient devenus les marionnettes subsahariennes de la marionnette ukrainienne des Occidentaux.
Lâarmée russe en veut pour preuve les combattants africains quâelle déclare avoir neutralisés en Ukraine, à la suite des appels à rallier lâarmée ukrainienne diffusés via les réseaux sociaux des ambassades ukrainiennes en Afrique, quelques jours à peine après le lancement de lâinvasion de lâarmée russe.
Matière à propagande des deux côtés

Si lâengagement individuel de ressortissants africains ne changera pas la face du conflit â les Polonais domineraient la « brigade internationale » â, tout est matière à propagande pour les deux parties du conflit.
Et le Kremlin joue les funambules sur cette étroite ligne de crête : à la fois la Russie tient à souligner la mort dâAfricains au combat â pour dissuader ses « amis » du continent à sâenrôler davantage â, à la fois elle minimise la quantité dâengagés dont il est question.
Si Kiev revendique 20 000 ralliements internationaux, toutes origines géographiques confondues, Moscou nâen reconnaît que 7 000 et affirme que ses forces armées auraient tué près de 2 000 engagés.
En ce qui concerne lâAfrique, les statistiques russes soutiennent quâune quinzaine de Sénégalais seraient partis en Ukraine et que quatre de ces combattants seraient morts au combat.
Quelque 85 Nigérians auraient rejoint ce front et près de la moitié y aurait laissé la vie.

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Au-delà des comptes dâapothicaire difficiles à vérifier dans lâocéan des fake news, les belligérants choisissent les qualificatifs qui les arrangent.
Pour lâUkraine agressée, les « brigadiers internationaux » sont des combattants de la liberté et citoyens du monde, des sortes de nouveaux tirailleurs mus par un idéal politique. La Russie, à dessein, parle plutôt de « mercenaires ».
Primo, le terme évoque davantage lâappât du gain que lâadhésion idéologique à la cause ukrainienne. Secundo, lorsquâil est capturé, un mercenaire ne bénéficie pas du statut de prisonnier de guerre.
Câest ainsi que les séparatistes russes de la zone ukrainienne de Donetsk ont récemment condamné à mort deux Britanniques et un Marocain engagés aux côtés des forces de Kiev. De quoi dissuader de nouvelles vocations africaines ?













