La crise sanitaire liée à la Covid-19 nâépargne pas les artisans sénégalais, surtout les cordonniers de la Médina qui disent avoir perdu tout espoir de voir des clients étrangers venir passer des commandes comme auparavant, pendant cette période de préparatifs de la fête de la Tabaski.
Ces artisans professionnels du cuir se plaignent de la morosité de cette période marquée par un déficit de commandes des clients maliens, guinéens, congolais et autres ressortissants de la sous-région, à la suite de la fermeture des frontières décidée en raison de la pandémie du COVID-19.
Pas dâengouement des clients. Des boutiques vides, contrairement à lâannée dernière. Ici, dans la commune de la Médina où certaines rues se confondent à ce corps de métier, la morosité est ambiante. Pour autant, chacun reste dans son coin, travaillant et se plaignant à la fois de la situation actuelle.
Ces artisans qui avaient plusieurs centaines de commandes à cette même période, dans les années précédentes, soulignent en avoir en moyenne quâune ou deux par jour.
Certains parmi eux, ne sachant plus à quel saint se vouer, tirent la sonnette dâalarme et appellent les autorités compétentes à leur porter secours.
Câest le cas de Abdou Khoudoss Thiam, un cordonnier comptabilisant quelques années dâexpérience dans le métier, qui sollicite le secours des autorités publiques.
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Ce jeune père de famille invite les autorités compétentes à porter secours aux artisans car ââlâheure est graveââ.
ââNous sommes des responsables, des pères de familles, donc si lâEtat ne nous prête pas main forte durant cette période, cela sera difficile pour nousââ, se plaint-il.
Selon lui, cette pandémie du Coronavirus leur rend la vie ââtrès difficileââ du fait de la rareté de la clientèle étrangère.
ââCe sont les étrangers qui nous aident en achetant beaucoup de nos articles pour aller les vendre chez eux, mais actuellement pas un seul dâentre eux nâest venu passer la commandeââ, ajoute-t-il.
Ndiaga Wathie, la cinquantaine révolue, peint le même tableau sombre que son prédécesseur.
Pour lui, le secteur a connu de grosses pertes à cause de la fermeture des frontières.

Par rapport à lâannée dernière, fait-t-il savoir, cette période reste lâune des plus difficiles quâil nâa jamais connue depuis son arrivée dans le secteur.
ââNous avons des clients maliens, gambiens, congolais et autres qui viennent acheter à partir de 100 jusquâà 1000 paires de chaussures, mais actuellement, on nâen trouve pas car le COVID a tout stoppéââ, ajoute-t-il.
Toutefois, artisans espèrent une embellie dâici la fin de lâannée avec lâouverture des frontières et la maitrise de cette crise sanitaire.
Artisans de la Médina rongés par désespoir pour Tabaski
ââMalgré la fête de Tabaski qui sâannonce, les commandes ne se passent pas comme il se doit à cause du Coronavirusââ, lâche quant à lui, Baye Mbaye.
Comme les autres, il soutient que la fermeture des frontières est la cause de cette morosité qui frappe actuellement le secteur de la cordonnerie.
ââA cause de la fermeture des frontières, regrette-t-il, nos clients maliens ou guinéens qui abondaient dans ce lieu en cette même période des années précédentes, ne sont pas venus. On se contente de vendre une à deux paires à nos clients locauxââ.
Il garde malgré tout espoir pour les jours qui restent, soulignant quâavec la réouverture des frontières, leurs clients viendront même à la dernière minute pour passer la commande.
Cette situation désolante se lit dans les yeux de tous ces artisans. Mame Cheikh Bâ, un responsable dâune boutique de sandales pour homme est dans ce lot.
Il regrette lui aussi les années passées où les cordonniers refusaient certaines commandes durant la période de Tabaski, car nâétant pas en mesure de les honorer en raison dâune surcharge de travail.
ââNous (artisans ) refusions parfois certaines commandes, car nous nâétions pas en mesure de satisfaire nos clients parce quâà cette période, nous étions toujours débordés par le travail. Mais, présentement, pas un client étranger nâest passé chez nousââ, regrette-t-il.
Dâailleurs, il soutient que leurs chiffres dâaffaires ont chuté depuis lâavènement du COVID-19 dans le pays.
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ââNous avons beaucoup de manque à gagner, car les sénégalais nâont pas assez dâargent pour passer la commande malgré la fête de Tabaskiââ, indique-t-il.
ââActuellement nous travaillons seulement parce que nous ne voulons pas tourner le pouce, mais nous nâavons pas de la clientèleââ, martèle, pour sa part, Modou Wathie.
Pour lui, cette période reste ââdiamétralement opposée à lâannée dernièreââ à cause du Coronavirus et de la fermeture des frontières.
ââNous (artisans ) avons baissé la production par rapport aux années passées au regard de la situation actuelleââ, fait-il valoir, précisant que le secteur a connu 50% de pertes.
Selon M. Wathie, les cordonniers essayent de se débrouiller en dépit de tout pour pouvoir sâen sortir, sans trop nourrir dâespoir face à cette situation.
ââDepuis lâouverture des frontières nous nâavons vu aucun client étranger venir passer sa commande, cela nous désespère vraimentââ, dit-il, déplorant le fait que ââles sénégalais ne consomment pas les produits locauxââ.













