Black Friday 2019, le retour du débat sur l'obsolescence programmée
Black Friday 2019, le retour du débat sur l'obsolescence programmée

Depuis une semaine, le Black Friday bat son plein. L’occasion pour le gouvernement et les associations de défense des consommateurs de remettre le concept d’obsolescence programmée au centre du débat.

Selon le JDD, quatre internautes français sur cinq comptent participer au Black Friday, dépensant ainsi près de 6 milliards d’euros. Une vague de consumérisme dénoncée ce jeudi sur BFMTV et RMC par Brune Poirson, secrétaire d’État à la transition écologique:

« J’avais dénoncé l’année dernière le Black Friday, qui est une double arnaque. Pour la planète et pour le porte-monnaie. (…) A travers la loi anti-gaspillage, nous luttons contre l’obsolescence programmée. »

L’obsolescence programmée est loin d’être un phénomène récent. Selon 20 Minutes, le terme serait né au début du XXème siècle aux Etats-Unis.

Les ampoules: point de départ de l’obsolescence programmée?

Dans les années 1920, les principaux producteurs d’ampoules américains – rassemblés au sein de ce qu’on appelle le cartel Phoebus – se réunissent pour décider ensemble de baisser la durée de vie de leurs produits de 2500 à 1000 heures.

C’est là que les versions divergent. Certains défendent les industriels qui auraient fait ce choix pour des contraintes techniques. Selon eux, baisser la durée de vie des ampoules permettrait par exemple d’obtenir un éclairage de plus haute qualité. D’autres les accusent cependant d’avoir pris cette décision pour encaisser plus d’argent. En effet, en limitant la durée de vie des ampoules, on oblige ainsi les clients à en acheter toujours plus.

De nombreuses personnes reprennent cet exemple pour illustrer le concept d’obsolescence programmée. La définition de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie correspond en effet à cette vision de l’histoire du cartel Phoebus:

« L’obsolescence programmée est un stratagème par lequel un bien verrait sa durée de fonctionnement moyen sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle économique. »

Imprimante, lave-linge, smartphone… ces produits souvent pointés du doigt

Retrouvez dans l’infographie ci-dessous quelques objets régulièrement ciblés par les associations de défense des consommateurs. Selon elles, leur durée de vie serait volontairement raccourcie par la plupart des constructeurs.

Difficile cependant d’affirmer que votre smartphone va forcément tomber en panne au bout de 3 ans et demi. La durée de vie des appareils électroniques dépend en effet du modèle, du type d’usage, du soin apporté à l’appareil.

Bien qu’elles soient menées très sérieusement, ces estimations ne prétendent pas être exhaustives car elles se basent sur des retours de clients, des tests réalisés uniquement sur quelques objets. Le terme d’obsolescence programmée fait d’ailleurs régulièrement l’objet de débats aussi bien de la part de ses détracteurs que de ses défenseurs.

Obsolescences esthétique et fonctionnelle

Le terme ne prend par exemple pas en compte l’obsolescence esthétique, un modèle incarné aujourd’hui par Apple selon certaines associations de défense des consommateurs. En sortant de nouveaux iPhones chaque année, certaines personnes estiment en effet que la marque à la pomme rend insidieusement obsolète ses anciens modèles.

L’obsolescence fonctionnelle peut également avoir du mal à s’insérer dans la définition de l’ADEME. Pour comprendre ce concept, on peut aussi l’appliquer aux smartphones. Parfois, certains vieux téléphones ont beau être en très bon état, ils sont tout de même impossibles à utiliser car ils ne peuvent plus être mis à jour – empêchant ainsi les utilisateurs de profiter de leurs applications. 

La France pionnière dans la lutte contre l’obsolescence programmée

Pour rappel, la France a été le premier pays au monde a pénaliser l’obsolescence programmée dès 2015. Trois ans plus tard, Samsung et Apple ont tous deux été condamnés en Italie à des amendes de 10 et 5 millions d’euros pour avoir « mis en œuvre des pratiques commerciales malhonnêtes”.

Si le terme n’a pas été utilisé par la justice transalpine, il s’agissait cependant bien de condamner l’obsolescence programmée mise en place par les deux entreprises. Une « décision historique » selon Courrier international.

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