Au Cameroun, câest jour de rentrée des classes. Une rentrée qui s’annonce toutefois compliquée dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Selon lâONU, des centaines de milliers d’enfants y sont déscolarisés depuis maintenant trois ans, conséquence du conflit armé en cours.
Les régions anglophones du Cameroun connaissent depuis près de quatre ans des troubles qui se sont mués en luttes indépendantistes. Près de 600 000 enfants sont privés de scolarité disait l’Unicef il y a un an et près de 4 500 écoles fermées.
En ce jour de rentrée, si certains leaders séparatistes appellent, cette année, à lever le boycott des écoles d’autres n’y sont absolument pas favorables. En effet, il nây a pas dâunanimité au sein des autres groupes, comme nous l’explique Ilaria Allegrozzi, chercheuse pour Human Rights Watch.
« Il y a surtout un désaccord entre les leaders et différents groupes séparatistes. Certains ont déclaré que la stratégie du boycott ne marche plus, qu’elle nâest plus une arme de combat pour lâindépendance, quâelle doit être abandonnée et que les combattants sur le terrain devraient permettre lâéducation des enfants.
Mais dâautres ont pris des positions plus radicales, en disant par exemple, que les écoles ne devraient reprendre quâaprès la conclusion dâun accord de texte et en tout cas pas avant des négociations.
Cameroun incertain de sa rentrée scolaire en zone anglophone
Mais il y a aussi dâautres, qui soutiennent plutôt lâinterdiction des écoles étatiques, des écoles publiques, et la reprise de celles dites communautaires, où lâétude – par exemple, de la langue française, lâhistoire du Cameroun -, serait interdite, ainsi que le chant de lâhymne national du pays », estime Ilaria Allegrozzi
De son côté, l’armée affirme avoir fait reculer les combattants indépendantistes. Une situation qui nâest pas forcément aussi clairement établie pour la chercheuse Ilaria Allegrozzi.
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« Le gouvernement a déclaré que, suite à de multiples opérations menées les dernières semaines, dans les deux régions anglophones, lâarmée a libéré plus de cent écoles de séparatistes. Le problème est que les opérations militaires peuvent, justement, déloger les combattants séparatistes des écoles.
Mais la question est de savoir si les forces de sécurité sont en mesure de garder ces écoles – entre guillemets – libérées, sécurisées, protégéesâ¦
Et surtout, si les forces de sécurité sont capables de maintenir une présence dissuasive autour de ces écoles, pour éviter que les séparatistes ne reviennent et sans remettre en cause le caractère neutre de lâécole », interroge Ilaria Allegrozzi.













